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RECIIEUCIIR DES INFUSOIRES DES MACÉRATIONS

Pour les iiifusoiros (ju'on n'a pu oblenir ainsi on raclant la paroi du flacon ou la surface des végétaux submergés, il faut les pêcher au hasard, soit en prenant une goutte d'eau en un point quelconque du vase, soit en transportant sur la plaque de verre un petit paquet de conferves qu'on y presse pour faire tomber l'eau interposée, et qu'on enlève ensuite, afin de chercher dans la mince couche d'eau abandonnée, ce qui peut s'y trouver. Les eaux colorées en vert ou en rouge doivent toujours leur teinte plus ou moins prononcée à une infinité d'infusoires de cette couleur, qu'on n'aura pas de peine à se procurer, car chaque gouttelette d'eau en contient un trèsffrand nombre ; ils se meuvent ordinairement d'abord avec une vivacité trop grande pour qu'on puisse bien distinguer le filament, ou les filaments flagelliformes qui leur servent d'organes locomoteurs, et qu'on peut signaler comme les objets les plus difficiles à voir nettement au microscope. Mais souvent, peu à peu, quand l'eau se concentre par évaporation ou en lui ajoutant des traces d'eau iodée, etc. , on parvient à les mieux observer.

L'eau qui baigne les Oscillaires formant une couche glutineuse à la surface de la terre humide, au bord des mares et des fossés, ou simplement l'eau qu'on aura conservée sur les plaques d'Oscillaires, enlevées de la surface du sol humide et ombragé, ou au pied des murs humides, sera rempU d'infusoires avec des Anguillules. Le dépôt brunâtre luisant qu'on voit quelquefois au fond de l'eau dans les ornières ou les fossés, devra être recueilli pour l'observation ; ordinairement c'est un amas de Bacillariées, mais quelquefois aussi ce dépôt est composé d'infusoires ou en renferme.

867. C'est parce que les premières observations sur les Infusoircs ont eu pour objet ceux qui se produisent dans des infusions (ou mieux dans des macérations, car elles sont faites à froid) qu'on leur a donné ce nom. Il conviendra donc d'étudier les animaux des infusions , quoiqu'ils ne soient que la moindre partie de ceux que nous offrent les eaux stagnantes, et quoique d'autre part, il n'y ait pas un des animaux observés dans les infusions, qui ne se trouxe aussi dans l'eau des marais et des fossés, qui est déjà une véritable infusion, et qui le devient de plus en plus, quand on la conserve dans un vase avec les herbes aquatiques.

Les animaux observés dans les infusions arlificielles sont souvent en quantité considérable ; mais ils appartiennent seulement à quarante ou cinquante espèces comprises dans les genres Amibe, Monade, Amphimonas, Cercomonas, llexamite, Enchelys, Trichode,

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Kolpode, Trachelius, Loxode, Plesconie, Paramécie, Glaucome, Kérone, Oxylriqiie et Vorlicelle. (I)iijardin.)

On a varié de mille manières la nature et les circonstances des infusions, sans obtenir d'autres modifications dans le résultat qu'une rapidité plus ou moins grande dans l'apparition et dans le développement de ces petits êtres, et la coexistence d'un nombre plus ou moins considérable d'entre eux.

Les infusions, pour donner un résultat convenable, doivent être préservées de la fermentation putride et pour cela il faut éviter que la proportion de la substance mise en infusion, ne soit trop considérable, surtout en été, quand la température activerait la putréfaction. 11 vaudra mieux, dans tous les cas, mettre l'eau en excès. On devra également favoriser l'accès de l'air et de la lumière sur cette infusion, sinon, il s'y développerait des moissures et non des infusoires ; mais, il faut aussi éviter la chaleur des rayons solaires en été. (Dujardin.)

On avait jadis vanté beaucoup l'infusion de poivre ; et, en effet, cette infusion, quand l'eau est en quantité suffisante, est fort riche en animalcules; mais tout autre graine broyée de même, lechenevis, par exemple, peut donner un résultat semblable. L'infusion de foin donnera presque toujours de très-bons résultats, parce qu'elle ne se pourrit pas facilement ; elle pourra bien, d'ailleurs, comme celles des autres substances végétales sur lesquelles des œufs ont été déposés, présenter quelques Rotifères et même d'autres an-maux de classes différentes. 11 faut bien aussi faire attention que certains Diptères, dont les larves sont aquatiques, pourraient être venues déposer leurs œufs à la surface même de l'infusion qui serait ensuite peuplée depetites larves, dont la production serait totalement différente de celle des vrais infusoires.

Une infusion végétale, qu'on a souvent l'occasion d'observer, c'est l'eau des vases de fleurs quand la putréfaction n'est pas encore survenue; il n'est pas rare alors d'y voir des Paramécies en telle quantité que ces infusoires blancs, longs de un quart de millimètre, et consèquemment visibles à l'œil nu, forment des nuages à la surface et se répandent visiblement dans tout le liquide, si on vient à agiter le vase. L'eau des bassins ou des tonneaux d'arrosage dans les jardins deviendra souvent une infusion toute semblable, s'il y est tombé par hasard une certaine quantité de feuilles et de fleurs.

Les Paramécies dont nous venons de parler, sont, avec les Vorticelles, ceux des infusoires qui ue prêtent le mieux aux expériences

7rO COLORATION ARTIFICIELLE DES INFUSOIRES.

de coloration artificielle pour la démonstration de leur système digestifs et de leurs cils vibratiles. A cet effet, on n'a qu'à délayer, avec une petite goutte d'eau, un peu de carmin en tablette, et à réunir cette goutte de liquide rouge avec la goutte d'eau contenant les Paramécies ou les Vorticelles. Le carmin, composé de particules de 0""",002 environ, se répand dans tout le liquide, puis entraîné par les tourbillons excités dans l'eau par les cils de ces animaux, il met parfaitement en évidence la présence et le mouvement des cils vibratiles ; ensuite, successivement poussé par le tourbillon avec le liquide, au fond de la cavité buccale de l'infusoire, il s'y accumule jusqu'à l'instant où le fond de la cavité se trouve isolé par le. rapprochement des parois ; le carmin ainsi renfermé dans une cavité stomacale globuleuse, se trouve peu à peu transporté, vers le contour externe du corps. (Dujardin 1845.) Les aliments des infusoires peuvent les colorer ainsi.

De l'étude particulière des espèces d' Infusoires.

868. Il ne sera pas inutile d'indiquer ici quelques-unes des espèces appartenant aux principales familles des infusoires, dont la connaissance peut servir de point de repère' dans les déterminations de celles qui se rencontrent dans les recherches anatomiques et aulres, faites à l'aide du microscope.

Les Yorticelliens (fig. 220) sont contractiles, et ont aulour de la bouche des cils disposés circulairement, qui produisent un tourbillon dans l'eau. Suivant Ehrenberg, l'apparence du mouvement rotatoire est due à la disposition des cils; ceux des Yorticelliens sont supportés chacun par un bulbe qu'ils peuvent mouvoir en tous sens au moyen de fibres musculaires, de manière que chaque cil décrit un trajet en forme de cône, dont le bulbe forme le sommet. Si l'on regarde ces cils disposés circulairement, leur mouvement produit l'apparence d'une roue qui tourne (fig. 221 , 2).

Les infusoires de cette famille sont divisés en plusieurs genres renfermant des espèces nombreuses.

On les trouve dans l'eau limpide, dans l'eau de mer, sur les lentilles d'eau à la fin de l'été, principalement sur les feuilles, sur les coquillages aquatiques, les amas d'œufs, les larves des insectes (surtout la Vorticella convallaria) . Plusieurs macérations végétales en été, les eaux stagnantes, les conferves et les dépouilles des msectes. les infusions dans l'eau de mer, les feuilles déplantes aqua-

PRÉPARATION DES VORTICELLES.] 797

tiques en portent souvent. Il est des espèces qui forment des touffes grisâtres apercevables à l'œil nu, à la surface de divers corps plongés dans l'eau dos bassins, des aquariums, etc. Les Scyphidia sont des vorticellines sessilcs dont la partie pos-

térieure est muuie d'une ventouse fixant l'animal aux objets étrangers (fig. 222, 2). On les trouve surtout sur la peau et sur les coquilles des mollusques d'eau douce.

Les Cothurnia sont des vorticellines cuirassées, possédant une

708 l'UIiPAItATlON DES KÉRONIËNS.

coque fixée sur les objets étiangers par sa parlic postérieure. On les voit sur les crustacés cl les plantes d'eaux douces et marines.

La C. compressa s'observe 2 dans l'eau de mer, sur les j ^/pj^^ij^ algues , sur les bryozoai-

res, etc. (fig. 222, 1).

Los Oxijtrichiens ont une cavité digeslive qui est pj„ . grande et pourvue parfois

d'un anus. Beaucoup d'espèces de celte famille se rencontrent dans les préparations micro-

Fig. 222 ".

scopiques exigeant l'observation directe des objets longtemps plongés dans l'eau.

Les Oxytricha ont des cirrhes marginaux et d'autres ambulatoires en séries, la partie antérieure du corps non prolongée en rosire hérissé de soies. L'O. Gibha (fig. 223, 2) se rencontre souvent parmi les plantes et autres corps plongés dans l'eau douce. Elle peut atteindre une longueur d'un dixième de millimètre et plus, accompagnée ou non de YOxijtricha cauclata (fig. 225, 1) et autres.

Les Stylonychia Ehr. ou Kerona Mûller, ont des cirrhes marginaux et des pieds en crochets non distribués en séries régulières. On

• Infusoires de la famille des VorUcelliens. - i. Trichodina H„7»a. Siebold. vue de côté S Le niême, vu par son eMréiuité (parasites des planaires, des branchies de poissons, etc.). Voy. p. '/OO la siguificalion des lettres.

" 1. Colhurnia compressa. - ?. Scyphidia physarum. Lacluu.

l'HÉl'ARAÏlON DES OXYTIUCIIIENS. 799

trouve souvent dans les eaux douces, parmi les oscillariôes, etc., lo

Fig. 2-25. — Inl'usoiies de la famille des Osjtricliiens. — 1. Oxyii wl^a tandald, Lhr. 2. Oxytricha gibba, Elir. Clar- et Lacli. — 5. Slylonychia niytihis, El.r.

Fig. 221. - Famille des Oxytricliiens. - \. Euploles Charon. Elir. - 2. \Mndii,ca iurnla. Ch et L. ex Elir., vu de face. - 5. Le même, vu de profil. - i. Asvidisca cwada. Cl. et L., vu de l'ace. - 5. Le même, vu de dos. - G. Le même, de profil

800 PRÉI'AIIATION DES TOTINNUS.

St. OU K. mytilus 0. Millier qui s'y meut en pirouettant, et atteint jusqu'à 2 dixièmes, de millimètre de long (fig. 223, 3).

Les Euplolesnonlpaa do cirrhes marginaux, mais ont des cirrlies frontaux, des pieds crochets ventraux et point sur le dos. L'E. Charon Ehr. (fig. 224, 1) a une carapace sillonnée de côtes granulées, 10 pieds crochets, 5 pieds rameurs et 4 soies non ramifiées. Il est très-commun parmi les corps plongés dans les eaux douces et même dans l'eau de mer.

Les ispt'ftoca se distinguent par la présence de cirrhes marginaux et de cirrhes frontaux avec des pieds crochets seulement. L'A. turrita ou Euplotes turritiis, Ehr., est remarquable (fig. 224, 2 et 3) par sa carapace sans côtes, mais surmontée d'une épine longue et

Fig. 225. — 1. l'inliniius [Yaginicola] inquilinus. Ehr. d'eau de mer. — 10. Tinlinnus lagenula, Cl. el L. d'eau de mer. Famille des.tinUnnoïdes, 6- famille des infusoires ciliés.

recourbée en arrière. Il se meut vivement sur les débris végétaux venant des eaux pures.

L'A. cicada (fig. 224, 4, 5 et 6) a une carapace sans épine, à 6 ou 8 côtes longitudinales ; elle est assez commune dans les eaux douces stagnantes, très-agile et très-petite.

Les Tintinnm ou Vacjinicola ont un fourreau chitineux incolore comme les Cothurnies (page 798), au fond duquel l'animal est attaché par un pédicule grêle, homogène, contractile, dans lequel ne pénètre pas la cavité du 'corps. La plupart vivent dans l'eau douce, où ils nagent avec impétuosité, et ils traversent comme une flèche le champ du microscope assez souvent pendant qu'on observe des œufs, des larves ou autres corps venant de la mer. Le Tintinnus inquilinus Ehr, ou Yaginicola imjuilina Dujardin (fig. 225, 1) est commun; son fourreau est cylindrique, homogène, atténué et tronqué en arrière. Le fourreau est au contraire ventru dans le T

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