‹ Traité du microscopeChapitre 476 sur 578 · I RÉPARATION DES ORGANES FEMELLES DES I^FUS01RES · texte numérisé non relu

I RÉPARATION DES ORGANES FEMELLES DES I^FUS01RES

Les Trichomonas sont des infusoires caractérisés par leur corps ovoïde ou globuleux susceptible de s'agglutiner au porte-objet, de manière à s'étirer en une sorte de prolongement caudal. Us sont munis d'un flagellum plus long qui a le corps dirige en avant pendant la marche, accompagné prés de sa base d'un gi'oupc de courts cils vibratiles. Leur corps se creuse de vacuoles comme celui de divers autres infusoires. Le Trichomonas vaginale, Donné (voy. p. 585, lafig. J59, d'après une photographie de l'Atlas du Cours de rnicroscopie, Paris, 1845, in-folio, fig. 35), a le corps globuleux, mamelonné ou inégal, épais deO""",01 avec un flagellum long de 0""",025 à 0""",055. Il se trouve dans le mucus de certaines formes de vaginites. Ces infusoires sont souvent réunis en groupes au nombre de cinq à six individus, et se liquéfient dès que le mucus est refroidi.

ART. IV. — REPRODUCTION DES IiNFUSOIRES.

876. ReproducLion sexuelle. Lorsqu'on étudie les infusoires durant certaines périodes de leur existence, on peut les trouver en voie de reproduction sexuelle ou autre. Alors on cherchera s'ils offrent les particularités et les organes de génération indiqués ciaprès, qui, en général, exigent pour être vus l'emploi de grossissements de 500 diamètres et au delà.

\° Ovaire, organe femelle, nucléus ou embrijocjène . L'ovaire est celui des deux organes essentiels de la reproduction qui se retrouve avec le plus de fixité. Il peut dans certains cas, à la suite d'une division fissipare, ou d'une ponte, être fort petit, mais il grandit bientôt, et apparaît avec sa forme normale, lorsqu'une nouvelle multiplication doit avoir lieu.

Cet organe est ovale-arrondi, condensé dans les Paramécies, les Glaucomes, les Nassules et quelques Bursaires. Il est des infusoires dans lesquels il prend la forme d'un ruban allongé plus ou moins contourné dans l'intérieur du corps et placé en dehors de 1 axe de ce dernier, comme dans les Yorticella, les EpisUjlis, les Carchesium, les Euplotes, quelques Bursariens et Trachéliens Enfin ' dans d'autres cas il peut être multiple, comme dans les Stylonchia, les Oxytricha, les Uroslyla, les Kerona, les Stentor et les Spirostemon. Certains auteurs regardent chacune des portions de cet ovaire multiple comme des noyaux libres; mais M. Balbiani le^ décrit, au contraire, comn.e des fractions d'un scuUt même ap-

lîonm. — Microscope, ^s,

'818 l'UÈPAlUTIUN DliS OUGANIIS MM.ES UliS liSFUSOlUIiS.

pareil réunis sous une enveloppe commune qui sert à établir la conlinuilé entre tous ces éléments isolés.

Pour M. Balbiani, cet ovaire, qu'il soit simple, rubanné ou mouililorme, se compose d'une enveloppe et d'un contenu ; l'enveloppe qui parfois est assez difficile à apercevoir, est la nienibrane vitelline • le contenu granuleux est le vitellus au milieu duquel on aperçoit une vésicule qui est l'analogue de la vésicule germmalive des ovules des animaux supérieurs.

• 00 Testicule, organe mâle, ditnucléole et capmle séminale.

Moins apparent que l'organe femelle, le testicule est un petit corps qui, dans sa composition et sa forme, aune grande analogie avec celui-là. Il disparaît souvent en dehors des époques de reproduction et comme l'ovaire. Ces deux organes se présentent en général avec des caractères identiques dans une même espèce, c'eslà-dire que l'organe indivis est ordinairement accompagné d'un testicule indivis lui-même, et l'ovaire fragmenté s'accompagne d'un testicule composé aussi d'éléments distincts dont chacun correspond à un des éléments du premier organe. (Balbiam.)

Les rapports des deux organes de la génération sont variables; tantôt assez éloignés, ils sont accolés dans certains cas et dans d'autres si pressés l'un contre l'autre, que le nucléus (ovaire) pre- ■ sente comme une logette, une dépression pour le recevoir, parfois même le nucléole (testicule) y est complètement engage. Dans tous les cas, les deux organes conservent leurs membranes propres. D'un autre côté, leur position par rapport l'un à l'autre varie avec les espèces. Le nucléole n'est pas, la plupart du temps apparent avant l'âge où l'infusoire peut se reproduire. Il se développe a peu près comme l'ovaire. C'est encore une petite sphère présentant une membrane enveloppante et un contenu granuleux. 3» Ouverture et canal sexuels.

Cette ouverture est limitée par une sorte d anneau contractile , de cet anneau partent, pour se diriger vers l'intérieur du corps, d s p i qui limitent un canal. Autour de l'anneau est unecou^ ro ne de'cils inlléchis. Cet orifice regardé comme la bouche de l'animal par presque tous les naturalistes, est 1 «PP--! biani regarde comme l'appareil excréteur des œufs, lia pu con.la ^r^sln cas d'accouplement de Tra,.ellus o^^^^ deux animaux se faire par cet orifice ainsi que Aurélia et surtout le Stentor cœruleus, qui a sur le l^-^^^de. t 1 a ttage'de lasser parfaitement voir l'orificedu canal scuel. M. Bal-

PRÉPARATION DES OVULliS DES INFUSOIRES. 819 biani est porté à regarder la présence de cet appareil comme un caractère général de la classe des iiifusoires, par le fait de son existence dans des types appartenant aux formes des plus variées, telles quejes Paraméciens, les Trachéliens, les Oxytricliines, les Bursariens, etc.

La comparaison entre eux de ces caractèi'cs sexuels porte M. Balbiani à diviser les iiifusoires en trois groupes.

A. Espèces à ovaire ayant la forme d'un petit' utricule arrondi en ovoïde, renfermant une masse vitelline indivise. — Testicule (lorsqu'il existe) offrant une apparence semblable. — On y trouve tous les vrais Paraméciens (Colpodes, Glaucomes, Paramécies, Cychdies, Pleuromèmes) ; des Trachéliens (i\assules, Chilodons' .Holophres, Enchelys) ; des Porodons; des Bursariens (Plagiotoma, Balantidium, Leucophrys, Frontonia, Ophryoglena) , etc

B. Espèces à ovaire allongé, cylindrique et tubuleux, diversement recourbé ou flexueux, renfermant une masse vitelline non fragmentée. - Testicule comme dans les espèces précédentes • On trouve, dans ce groupe, tous les Euplotiens , les Aspidisciens, la plupart des Vorticelliens et quelques types d'autres familles.

C. Espèces à ovaire allongé, droit ou flexueux, renfermant une masse vitellme divisée, en deux ou un plus grand nombre de fraraenls, distmcts (ovaire bi ou mulliloculaire). - Testicule composé dun nombre ordinairement égal d'éléments accompagnant les fragments vitellins. Plus rarement un seul élément tesliculaire Dans les Oxytrichines (Oxytricha, Stylonichya, Keronaei Urostvla) ~ dans les Trachéliens {Amphileptus, Loxophyllum).

Les infusoires ciliés sont les seuls qui soient munis d'organes sexuels ; le Nucléus représente l'ovaire et donne les ovules ; le Nucléole donne de petits corps qui sont les spermatozoïdes ; il n'y a pas d organes de copulation ; il y a néanmoins fécondation croisé! entre les deux infusoires accouplés. (Balbiani.)

877. Accouplement, ovules et spermatozoïdes. L'accouplement que Ion a pns longtemps pour une flssiparité incomplète, consiste dans laccolement ou conjugaison de deux infusoires. 11 ne faut pas confondre ce phénomène avec la Zygose qui consiste dans la fu- ■on de deux êtres qui d'abord isolés et distincts perdent par leur reunion celte indépendance et ne la recouvrent jamais

l)ans fous les cas, la mise en liberté des œufs ou ovules s'opère pendant 1 accouplement, et c'est encore à ce moment-là que es œl

820 l'RÈPARATlON DES SPEIlMATOZOÏDES LES INFUSOIRES.

commencent à cnlrer en maturation. Chaque ovule est composé, comme l'ovaire ou nuclcus (qui les formepar divisions successives), d'une membrane enveloppante et d'un contenu ; la membrace enveloppante est la membrane vilellinc, le contenu est le v.tellus muni d'une vésicule (germinative). Ordinairement les œufs n arrivent à maturation complète qu'après la séparation des deux infusoires à la fin de l'accouplement. Leur diamètre est de 1 a 2 centièmes de millimètre d'une espèce à l'autre. Il a atteint 0-™,04 dans les Pa-

ramécies. , i .

Vers le troisième ou le quatrième jour de 1 accouplement,^ les

spermatozoïdes sont développés par segmentation du testicule. A ce inoment, un globule de chacun des êtres accouplés descend vers la dépression buccale à la hauteur de la bouche et en regard, quel-, quefois même au contact de la capsule correspondante de 1 ammal adjacent. L'accouplement terminé, on trouve les capsules spermatiques affaissées, diminuées de volume. Alors, les œufs n existent • 5nc re qu'à l'êlat de simples ovules. Il y a donc tout heu de croire mê les spermatozoïdes qui ont été transmis àl'animal par son congère el^^ emmagasinés dans quelque organe annexe de ses voi^ sexuelles femelles jusqu'à ce que les œufs aient pris a maturité nécessaire pour subir efficacement l'influence de fécondation

Les spermatozoïdes des infusoires sont (diformes, teimi es pai des exSmités effilées, imperceptibles ils constitueiU^^^^^^^^^^^^ des faisceaux droits et n'affectent pas la forme de bâtonnets en fin dansl'eau ambiante, ils se dissolvent et ^^^^P^^'^^^^;' ; ^^^.^^^^^^^^^ ères font qu'on ne confond pas ces zoospermes avec les bâtonnets d mi , Ueberldihn, Claparède etLachmann, l^.^tonnets q^u^^^ sont que des vibrions parasites de quelques infusoires. (Balbian

Arrivés à maturité, ies œufs après la fécondation, sont successivem^ir évacués au dehors P-bablement par l'or^ice dés^^^^^^^^ comme étant l'ouverture génitale externe; il a ele mipo b e LsZ- ci de surprendre ces animaux au moment ou i s emettei eu œifs Chez certaines espèces, telles que les Oxytrichines et lerSteros,cetteémissioneste^

ou le nrtr èmejourquisuit l'accouplement. D'autres infusoires !nrdenri eurs œufs pendant un temps plus long tels sont, par exemes Sam^cies!où, plus de huit jours après la conjugaison, M i bi!n a encor pu en observer quelques-uns dans 1 intérieur

de S Dans iL espèces où ^'ouverture ^^^^^ prolonge plus ou moins manifestement en un conduit qui penetie

MICROGRAPHIE ATMOSPHÉRIQUE. 821

dans l'intérieur du corps, c'est probablement par l'intermédiaire de ce canal que les œufs atteignent l'extérieur. (Balbiani.)

Des prétendus germes atmosphériques des infnsoires.

878. Tous les faits précédents doivent être bien spécifiés, car on ne connaît pas d'autres germes des infusoires que ceux-ci, sauf le cas de gemmiparité. Or dans les expériences à'aéroscopie ou micrographie atmosphérique (A. Pouchot) on a trouvé réellement parfois, mais non dans toutes les poussières, des infusoires entiers (voy. p. 52 9) tel que des Protococcus pluvialis, Kùlziug, quelques rares infusoires desséchés, déformés, enkystés ou non ; dans certaines conditions aussi des globules de pus, des Bacillaires et des Bactéries. (F. A. Pouchet, 1839, et Expériences sur la génération spontanée, \ in -S"; Lenwire.j D'après ce que nous venons de voir (page 820), il n'est pas impossible qu'il s'y rencbntre quelquefois aussi des ovules d'infusoires. Mais leur présence n'y a jamais été démontrée, non plus que celle des germes de quelque auti'e sorte des- infusoires, puisqu'on n'en connaît pas d'autres que les ovules ; aussi rien n'autorise à les admettre partout.

Déplus, contrairement à ce que pensent plusieurs auteurs (Voyez Pasieur, Sur les corpuscules' organisés de Vair. Annales des se. nat., Paris 1861 , Zoologie; t. XVJ, p. 26, etc.) on peut aisément distinguer dans les poussières sous le microscope ce qui est œuf de ce qui est spore. Toute spore résiste à l'action de l'ammoniaque caustique, et même à celle de l'acide sulfuriqûe monohydraté^ Tout ovule (ou œuf) d'infusoire dont il vient d'être parlé se dissout rapidement au contraire dans l'ammoniaque et dans l'acide sulfuriqûe, aussi bien que le corps entier de l'animal. (Yoy. p. 508.) Il n'y a d'exceptionque pour la coque cassante des Phacus, des Cryptoglena, etc., qui a des caractères si nets qu'il est aisé de la reconnaître en tous cas. Souvent même il est possible d'affirmer qu'on a sous les yeux une spore de telle ou telle espèce déterminée (Voy. p. 532). Du'reste que ce soit la poussière recueillie dans l'air en mouvement ou déposée lentement, les spores ^ non plus que les filaments de mycélium, ne forment toujours que le plus petit nombre des corpuscules de celle-là, surtout à côté des fins granules, grisâtres, tels que ceux dits Micrococcus (voy. p. 559). des grains de fécule, de silice, etc. Les corpus.

* Voy. Ch. Robin. Hist. nat. des végét. parasites. Paris, 1855, in-8°, p. 263 - Ch. Robin. Ibid., 1855, p. 2G1.

822 MICROGIUPIIIH ATMOSl'IlÈllIQUIi.

culcs non minéraux que dissolvent l'ammoniaque, etc., y sont moins nombreux encore. Comme, d'autre part, il n'y en a pas parmi ces derniers qui soient semblables aux ovules dont il vient d'être question, et qui sont les seuls germes connus dans les microzoaires infusoires, c'est par une supposition purement gratuite qu'on en admet d'autres qui n'ont jamais été -vus. Comme, sauf le cas où on dessèche ces ovules sur le porte-objet du microscope on ne les connaît qu'à l'état frais sans les avoir encore jamais vu revenir de l'état sec à l'état frais (p. 775) dans la poussière atmosphérique, rien scientifiquement n'autorise à déclarer que les corpuscules de celle-ci, dissous par l'acide sulfurique ressemblent de tout point aux germes des organismes les plus inférieurs et qu'ils appartiennent, sans conteste à des espèces fort nombreuses. Gela n'est certainement pas pour les Microzoaires.

Quant aux Microphytes dont souvent , en effet le microsoope, montre quelques spores, diverses de volume et de structure, rien n'est plus facile, que de les distinguer, soit des ovaires ou des ovules des infusoires, soit de ces derniers même, enkystés ou non; rien n'est plus facile que de voir que les espèces de cryptogames auxquelles elles appartiennent ne dépassent pas une dizaine environ dans chaque expérience et qu'on n'en compte pas une centaine d'espèces, en comparant toutes les expériences faites.

Reproduction fissipare des infusoires.

879. Dans la fissiparité transversale, on voit l'animalcule présenter , d'abord vers le milieu de sa longueur , un étranglement qui devient de plus en plus profond; bientôt, entre les deux portions, le tissu étiré ressemble à une tige qui devient de plus en plus étroite et l'ensemble rappelle assez la forme d'un boulet ramé. Si l'animal observé est une Paramécie ou un Trichode, o'est-à-dire un infusoire muni de cils autour de la bouche, on voit ceux-ci se montrer sur la partie antérieure du tronçon postérieur; la bouche elle-même se dessine là. Plus tard, la tige de réunion se rompt, et l'on a ainsi deux moitiés qui se mettent à se mouvoir librement ; d'abord arrondies, elles deviennent peu à peu ovales, allongées, et finissent par ressembler à l'animal qui l#ur a donné naissance. Quelques heures suffisent pour qu'un grand individu en forme deux complètement séparés.

Les Oxytriques, pendant l'acte du sectionnement transverse, courent très-vite dans différentes directions et agitent leur poils avec une grande rapidité. Chacun des individus ainsi constitues no

Page 1