CHAPITRE II
De l'étude à raide du microscope des parties constituantes des plantes.
j^nT. I. — EXAMEN DES PARTIES CONSTITUANTES DES PLANTES QUI n'ont pas DE FORME PROPRE.
888 Parmi les parties constituantes élémentaires des plantes, il en est qui sont dépourvus de configuration déterminée ou du moins de forme qui leur soit propre. Il faut signaler : 1» la substance de lacuticule et des couches culiculaires de l'épiderrae végétal ; 2» la substance intercellulaire, dite aussi unissante ou intermédiaire ; \a substance gélatiniforme des tissus de beaucoup d'Algues, telles que les Tremelles et de divers Champignons, dont il faut peut-être séparer celle qui existe entre les faisceaux de thèques de diverses espèces de ces plantes.
Ces dernières se voient sur les coupes' de Tremelles, etc., entre les cellules des touffes ou plaques formées par diverses Palmellées, entre les paraphyses de diverses algues, etc., sous l'aspect d'une substance hyaline, grenue ou non, tenant à la fois séparés et réunis les éléments figurés qu elles accompagnent.
La matière intercellulaire des plantes ligneuses se voit bien sur la coupe du bois des conifères ; traitée par l'acide nitrique et chauffée quelques instants, elle jaunit comme la cuticule dont elle a les réaclions. Comme celle-ci, elle résiste à l'action de l'acide sulfurique concentré, qui, en dissolvant la cellulose des cellules, permet de faire disparaître ces dernières et de laisser la substance cellulaire seule ou à peu près. (Voy. aussi p. 454.)
889. De la cuticule. L'épiderme des plantes est recouvert d'une pellicule d'une minceur extrême qui s'élend comme un vernis sans discontinuité, de la surface libre d'une cellule à celle de l'autre ; elle recouvre également les poils et les autres dépendances de l'épiderme. On l'appelle aussi cuticule vraie.
On l'observe facilement sur les coupes des feuilles coriace, sur celle des branches des plantes à écorces lissçs, etc.
L'origine delà cuticule se lie intimement à l'épaississementdes cellules. C'est le côté externe libre des cellules superficielles qui produit cette cuticule. La membrane qui constitue la paroi externe de ce côté est simple dans le principe, homogène, et bleuit même quelqucfoissous l'influence de l'iode et de l'acide sulfurique. Un peu plus lard, cette membrane se dédoublecn deux couches parallèles, d'égale
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épaisseur, et préscnlaiil le mùme aspect. L'extérieure est la cuticule; elle jaunit ou brunit par l'iode et l'acide sulfurique dans la plupart des cas (car M. Trécul d'abord, et d'autres anatoraistes ensuite, en ont indiqué' qui deviennent du plus beau bleu), tandis que l'autre sous-jacente devient ordinairement bleue. Chaque cellule superficielle donne ainsi naissance à une cuticule partielle, et, comme ces cellules sont solidement unies les unes aux autres à cette époque, les cuticules partielles qui s'en séparent sont de même intimement liées, de manière à former une membrane continue autour du végétal.
Si l'on agit sur des organes dans lesquels la paroi externe des cellules épidcrmiques n'a guère plus d'épaisseur que leurs parois latérales, et chez lesquels l'iode et l'acide sulfurique ou nitrique ne montrent qu'une cuticule très-mince (épiderme des feuilles d'Iris fimbriata, de la tige à'Epiphyllum truncalum, du pétiole des Miisa, etc.), l'action même de la potasse est nulle. Il reste une lamelle mince et colorée en jaune sur le côté externe des cellules qui ont bleui elles-mêmes.
890. Couches cuticulaires. Hugo Mohl a donné le nom de couches cuticulaires aux parties des cellules épidermiques, de celles du liber, etc., qui se colorent en jaune sous l'action des acides sulfurique ou nitrique et de l'iode, mais bleuissent à l'aide de ce métalloïde et du traitement préalable par la potasse concentrée. Elles renferment donc de la cellulose, tandis que l'absence absolue de ce principe caractérise la vraie cuticule.
On trouve les couches cuticulaires sur la coupe des feuilles considérées comme ayant une cuticule épaisse {Aloë obliqua) . On doit laisser la préparation pendant vingt-quatre à quarante-huit heures dans une solution dépotasse très-concentrée, à la température ordinaire. La couche cuticulaire se gonfle et se montre, comme la membrane des cellules épaisses traitées par l'acide sulfurique, composée de nombreuses lamelles superposées. Ces lamelles ne s'étendent pas sans interruption d'une cellule à l'autre, et ne forment pas une membrane uniformément étalée à la surface "de l'épiderme, ni qu'on puisse distinguer, séparer d'avec lui; au contraire, elles finissent sur la limite de deux cellules épidermiques, adjacentes et constituent une portion de leurs parois. Le plus souvent, dans cette expérience, les cellules d'épiderme se sont élargies et les portions de couches cuticulaires qui correspondent à ces ceL Iules se sont séparées l'une de l'autre d'une manière plus ou moins
PRÈl'xVRATION DES CELLULES VÉGÉTALES, 835
complète. Si l'on met sur la préparation quelques gouttes de teinture d'iode saturée et qu'après avoir laissé sécher on ajoute de l'eau, la couche cuticulairc se colore en bleu d'une manière aussi nette que les parois des cellules de l'épiderme et du parenchyme sous-jacent {Aloë obliqua et Margaritifera ; Iloya carnosa; Hackea pachyphylla et gibbosa, etc., Ilex, Visciim, PJwrmium, Cycas, etc.). Elle peut être dissoute par la potasse. Pendant que se produit l'action de la potasse sur les couches cuticulaires des cellules épidermiques, on voit une membranule très-déliée se détacher de leur face externe. Cette membrane déliée est la vraie cuticule, qui se colore par l'iode, non pas en bleu, mais en jaune.
AUT. n. — EMPLOI DU 51ICR0SC0PE DANS l'ÉTUDE DES CELLULES VÉGÉTALES