‹ Traité du microscopeChapitre 499 sur 578 · RTUDE DE LA GÉNÉHATION DES CELLULES VÉGÉTALES · texte numérisé non relu

RTUDE DE LA GÉNÉHATION DES CELLULES VÉGÉTALES

vasculaire, les bourgeons, les racines adventices ou autres, ainsi que nous l'avons vu (pages 808 h 869).

La genèse des cellules dans les plantes en voie de croissance a lieu d'une manière analogue à la précédente dans les circonstances que voici: « Au milieu d'une substance mucilagineuse, dit M. Trécul, que l'on a appelée Cambhcm, ou entre les cellules préexistantes dans le liquide mucilagineux qui les sépare quelquefois et qui a été nommé, pour celte raison, matière inter cellulaire, se développent dans certains cas des utricules tout à fait indépendantes les unes des autres, ou de celles qui les environnent. ;» (Trécul, Origine et développement des fibres ligneuses. Annales des se. nat. Paris, 1855, in-8, t. XIX, p. 68.)

811. La genèse ou formation libre des cellules est facile à suivre, ainsi que le montre Schacht dans le développement des premières cellules qui doivent constituer l'albumen dans le sac embryonnaire des ovules fécondés; par exemple chez les Onagrariées, Borraginées, Liliacées, ou encore dans les Conifères dans la première année de fructification, longtemps avant la fécondation. On doit pour cela isoler le sac embryonnaire, ce qui se fait facilement, sous le microscope simple, à l'aide de l'aiguille, quand toutefois on s'est procuré, au moyen de deux coupes, une lamelle longitudinale de l'ovule suffisamment épaisse. Une coupe longitudinale, modérément épaisse, à travers le sac embryonnaire, conduit même parfaitement au but quand la paroi protoplasmique de ce sac est formée par un liquide sirupeux. Dans cette paroi protoplasmique qui coule souvent au dehors, avec le jus des cellules, par la blessure faite au sac embryonnaire, on remarque alors des noyaux libres et des corpuscules brillants ressemblant aux corpuscules des noyaux cellulaires. On voit'en outre des' noyaux complètement entourés de protoplasma, et d'autres, qui sont logés ensemble dans un utricule transparent montrant seulement sur ses bords du protoplasma granuleux. Par l'emploi de l'eau sucrée, dans quelques cas, le contour de cet utricule plein de suc cellulaire se resserre tout ensemble; dans d'autres cas, au contraire, la membrane formant ce contour reste en place, le contenu granuleux seul se retire. Dans d'autres cas encore, la membrane est si mince, qu'elle se résout elle-même en quelques instants dans l'eau du porte-objet; alors il est très-bon de se servir comme véhicule du suc cellulaire du sac embryonnaire même. Cette méthode sera praticable avec les gros ovules de quelques Liliacées [Frilillaires, Ornilhogales, Lis) parce que l'eau ou tout

ÉTUDE DU LA GÉNÉRATION DES CELLULES VÉGÉTALES. 88/ aulre liquide altérerait des productions si délicates. Cela explique pourquoi la formation libre (genèse) des cellules a été moms sûrement et moins complètement étudiée jusqu'ici que la division des

cellules dans les Algues. . . , , j. i ,

Dans la formation des cellules, le principal est d observer les changements successifs de la paroi cellulaire aux dépens du protoplasma et les modifications chimiques qui s'y rattachent. Ainsi on trouve d'abord une membrane encore peu diflérente des dernières couches, soluble dans l'eau. Celle qui suit, possède une plus grande consistance et se comporte autrement vis-a-vis des réactifs chimiques, et ainsi de suite. Soluble au début dans l'acide acétique, plus tard elle ne l'est plus. D'abord elle ne se colorait pas en bleu par la dissolution iodée du chlorure de zinc, plus tard elle ne prend plus que cette couleur ; elle passe par le rouge et le violet au bleu de la cellulose. (Schacht, p. 106.)

La genèse de cellulesdans d'autres cellules peut encore avoir lieu' dans les conditions suivantes, observables sur des coupes de différentes parties des plantes en voie de croissance. Quand le nucléus sert à la multiplication des cellules, c'est sa membrane vésicvÀaire propre qui devient la membrane cellulaire, en sorte que le nucléus vésiculaire n'est point un centre d'attraction pour le plasma. Ainsi dans l'albumen du Sparganium ramosum en voie de développement, on observe toutes les phases de l'évolution des nucléus, depuis l'état de nucléole homogène jusqu'à celui de cellules parfaites. Il existe entre les cellules internes de cet albumen, un liquide tenant des granules en suspension, et parmi ces granules de très-petites cellules munies d'un nucléus, qui a lui-même un nucléole. Ces cellules sont d'abord si petites qu'elles ressenblent aux nucléus des cellules plus grandes. Parmi ces jeunes cellules, on en voit qui montrent dans leur intérieur deux, trois, quatre petites cellules d'inégale grandeur (les plus petites ressemblant aux nucléus des plus âgées). M. Trècula compté, dans le même utricule, jusqu'à cinq générations, et il a trouvé des cellules mères on voie de résorption et n'entourant plus qu'fen partie leur postérité nucléaire ou les jeunes cellules.

• Il est une autre sorte de vésicules qui jouent un rôle non moins important que le nucléus dans l'organisation végétale. M. Trécul les appelle vésicules fausses vacuoles, parce que longtemps elles furent confondues par la plupart des anatomistes avec les vacuoles qui se forment souvent dans le contenu des cellules. Leur existence n'est

888 EXAMEN DE I,A RliPRODUCTION DES CELLULES.

ordinaircmonl que temporaire, mais fréquemment aussi partie seulement de vésicules sont résorbées; celles qui restent concourent à la génération ulriciilairo, et seules ou presque seules l'accomplissent dans certains cas. M.Trécul dit presque seules, parce que souvent le môme tissu cellulaire est engendré à la fois par deux modes différents de génération des ulricules, ce qui était tout à fait inconnu avant ses observa'lions. Ce mode de production des cellules par les vésicules fausses vacuoles s un'il, en effet, dans divers albumens et dans certains embryons, à celui qui a lieu par les vési" cules nucléaires, et de plus ce dernier mode se combine quelquefois dans les mêmes cellules à celui qui résulte de la division ou segmentation des cellules.

A côté de la génération des cellules par les vésicules fausses vacuoles se place un autre mode, qui est dû à la production de vacuoles véritables. Le voici. Pendant l'extension des jeunes cellules, le contenu demi-liquide (dit protoplasma ) qui les remplit, ne pouvant suivre cette extension, reste en partie adhérent au pourtour de la cellule, et se retire sur un ou plusieurs points de celle-ci. 11 en résulte souvent deux ou plusieurs - vacuoles qui s'étendent à mesure que la cellule grandit ; elles sont séparées par des amas ou des cloisons de protoplasma plus ou moins épaisses, qui produisent les membranes qui doivent diviser la cellule primitive. Si la co.uche de ce plasma partageant la cellule en deux parties est mince, une seule membrane transversale est formée. Celte membrane se dédouble plus tard. Si la couche transversale de protoplasma est très-épaisse, une membrane est produite à chaque face de cette couche protoplasmicpie. Ce qui de ce dernier liquide reste entre ces deux membranes de cellulose est peu à peu résorbé avec les parties correspondantes des membranes latérales de la cellule mère, laissant ainsi en liberté les nouvelles cellules. Ces faits sont observables dans le Joliffia africana, etc. (Voy. Trécul, Sur les formations vésiculaires dans les cellules végétales, in Ann. des Sciences nat. 1858'.)

912. La reproduction des cellules une fois nées, amenant leur multiplication par scission ou segmentation, a lieu de la manière suivante. On voit peu à peu dans le contenu de telle ou telle cellule apparaître deux, ou rarement quatre noyaux, sous forme d'une petite masse granuleuse ou au contraire transparente, à contours généralement limités d'une manière nette, quoiqu'ils soient souvent très-pàles, ou quelquefois masqués par les granulations voisines. Un peu après l'apparition de chaque noyau, autour de chacun

Page 1