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PRÉFACE

Les progrès de l'art du constructeur de microscopes et les applications nouvelles de ces précieux instruments aux recherches scientifiques, à l'histologie particulièrement, se sont remarquablement accrus depuis une vingtaine d'années ; aussi l'essai que j'ai fait paraître en 1849 devait-il subir de nombreuses modifications et il comportait des développements considérables.

Le livre que je publie se divise en trois parties. Dans la PREMIÈRE PARTIE soot cxposés l'cmploi d'instruments, le maniement de matières liquides ou solides liquéfiables et la mise en œuvre de procédés qui permettent d'étudier les parties constituantes des tissus qui offrent la disposition des conduits ou vaisseaux sanguins, lymphatiques et glandulaires; c'est, en d'autres termes, l'art des injections qui en est le sujet.

Dans la seconde partie, je décris successivement : i" les microscopes simples et composés construits en France, en Angleterre, en Allemagne, enllollande, en Italie; 2° les instruments et appareils accessoires dont les études microscopiques

G. RoniN. Microscopn. a

V, l'RÉFACIi.

demandent l'emploi (labiés de travail, plaques ou lames de verre, lames creuses ou à cuveltes, cellules à préparation, porte-objels et chambres ou cellules à air, compresseurs, microtomes, tables à trancher, tranchoirs et autres objets servant à l'exécution des coupes des tissus durcis ou naturellement durs, tant animaux que végétaux, etc.); les agents physiques et chimiques employés en micrographie ; 4" la préparation et la conservation des objets microscopiques. Une section spéciale est consacrée à ce qui concerne le choix du microscope, les soins qu'il faut lui donner, l'éclairage et l'examen des objets observés à son aide, aux données générales relatives à l'appareil delà vision, à la représentation et à la description des parties qu'il nous décèle, à l'indication des corpuscules que l'on peut rencontrer dans une préparation et qui sont étrangers à ce qu'elle doit montrer, aux test-objets, etc.

La troisième et dernière partie est l'exposé des applications du microscope et de ses auxiliaires à l'anatomie, à la physiologie, à la médecine, à l'histoire naturelle animale et végétale, à la chimie et à l'économie agricole. Au moment où l'importance des recherches histologiques est mieux appréciée, au moment oîi leurs applications prennent une place plus large dans les études médicales, où des laboratoires plus nombreux généralisent la connaissance des tissus et des liquides, j'ai voulu résumer l'exposé des modes de préparation que j'ai pratiqués et enseignés pendant de longues années. Cette troisième partie qui forme à elle seule la moitié de ce volume n'existait pas dans l'essai que j'ai publié en 1849. Chacun des groupes de corps invisibles à Toeil nu y est étudié, grâce à l'emploi de l'instrument qui grandit leur image, dans ses caractères dislinclifs et dans certains de ses actes physiologiques. Ces corps sont en premier lieu les éléments anato-

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miques des animaux et un certain nombre de leurs organes, examinés tant à l'état normal qu'à l'état pathologique, en second lieu les liquides et les parties solides de l'économie. L'étude du sang, de la lymphe, du chyle, des sérosités, du pus, du sperme, du liquide prostatique, du liquide des ovisacs, du lait, du mucus, de la salive, de la bile, des matières sébacées, de l'urine et des dépôts urinaires, du contenu intestinal et des fèces, occupent, comme on le verra, une place proportionnée à leur importance. Il en est naturellement encore ainsi des (issus et des produils mobidesqui en dérivent.

L'emploi du 'microscope dans les études physiologiques, telles que celles qui concernent la contraction musculaire, les mouvements des cils vibraliles, le cours du sang et divers autres phénomènes physiologiques ont particulièrement aussi fixé mon attention.

Une section spéciale est consacrée à l'étude des animaux qui, dans le premier âge, ou pendant toute leur vie, restent microscopiques. L'investigation des éléments anatomiques, des tissus et des organes des plantes forme le sujet d'une autre section.

Parmi les faits dont le microscope décèle la connaissance, on peut encore signaler les altérations naturelles ou frauduleuses des aliments de l'homme, des tissus qu'il fabrique et parmi les ôlres dont il révèle l'existence, les parasites invertébrés et végétaux qui attaquent les animaux sauvages ou domestiques, les plantes cultivées ou non.

Il existe enfin un grand nombre de composés dont les cristaux ou les groupements cristallins sont microscopiques ; mélangés ou non les uns aux autres, ils peuvent, quand ils sont convenablement préparés, nous montrer netiement leurs caractères distinctifs d'ordre crislallographique et optique, insaisis-

v,„ PRÉFACIÎ.

sables sans les instruments grossissants. Une dernière section est consacrée à cette étude.

La partie iconographique de ce livre a été l'objet de soins particuliers. Les instruments d'un usage fréquent dans les injections, les phénomènes de la réfraction et de la dispersion de la lumière par les prismes, la détermination du foyer et de la grandeur des images formées par des lentilles, la partie optique et la partie mécanique des microscopes, les appareils à faire les coupes ou tranches minces, Téclairage des objets observés sous le microscope, les mouches volantes qu'il faut savoir distinguer des corps qu'on étudie, lesHest-objets, etc., sont représentés par des figures multipliées destinées à rendre plus saisissantes les descriptions techniques. Dans la dernière partie également sont figurés des exemples de diverses dispositions anatomiques normales ou morbides, des formes zoologiques, qui permettront d'interpréter exactement les aspects présentés par les préparations, et d'en abréger la description, car les observateurs possèdent deux moyens principaux pour faire connaître les objets qu'il^ voient à ceux qui ne les ont pas sous les yeux, ou qui ne les examinent pas dans les mêmes conditions ; ce sont les descriptions et le dessin. Ces deux ordres de moyens, qui tous les deux sont un mode de transformation de la réalité en signes, se complètent réciproquement, et sont d'une égale importance pour arriver à acquérir une notion exacte des choses. Aussi les anatomistes, les zoologistes, les botanistes, tous ceux enfin que l'étude des choses réelles habitue à rendre justice à qui de droit, se font-ils un devoir de citer l'origine, la date et le numéro des figures d'un ouvrage qu'ils consultent, avec autant de rigueur qu'ils citent le titre, la date d'un texte. Celte règle a laquellej'aicherchéàm'astreindrerigoureusement fait loi chez

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