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CHAPITRE V

De remploi du microscope pour l'étude des mouvements du contenu des cellules végétales.

915. Les procédés suivis dans l'étude des phénomènes delà gyration des liquides dans les cellules des Chara découverts par Corti, en 1774, sont toujours ceux que Le Baillif a fait connaître C'est, à peu de chose près, celui qu'ont suivi Amici, Dulrochet, Donné, Robert Brown, Schultz, etc.

' Peu après Corti, Fontana vériHa ses observations ; elles furent répétées ensuite par Treviranus (ISHetlSn), Gozzi (1818) et Amici (1822). A gardh publia un travail étendu sur le même sujet, en 1825. (Bulletin universel des sciences; par Férussac, Sciences naturelles. Paris 1827, in-S", t. XI, p. 235.) Voyez aus.si Raspail. Expériences chimiques et physiologiques sur les Chara (ibid.1827, in-8°, t. XII, p. 74) cl snrlout Lcballlil, Obserralions sur la circulalion des Chara (ibid' 1827 t. XII p. .3211. ^ ■

m EXAMlîN DE LA GYHATION DANS LES CllARA.

On Irouvo los Chara clans les iilangs et eaux limpides, et dans les portions Iranfinilles de l'oau de divers lacs. Les étangs de Villoboii, de Moudon et do Ville-d'Avray, sont ceux des environs de Paris vont en chercher les naturalistes.

Los espcices qu'on trouve ordinairement en France sont : 1" le Cliara frcujilis Desvaux {Ch. vulgaris L., hirla Moyen, pulchella Walh., etc.); 2° Ch. ftspem Willd. {Ch. hispida Wahlenb.) ; 3° Charn vulgaris Wallroth {Ch. fœtida A. Braun, decipiens Desvaux); 40 Charo. hispida l. {Ch. toment.osa^\\h\., spirlosa Va\^r .) .

Pour emporter la plante recueillie, on la met dans un vase plein d'eau. On choisit ensuite les tiges les plus fortes, qu'on met à l'aise dans une grande terrine remplie de l'eau de l'étang où le Chara a été recueilli. Il faut éviter de ployer les tiges, car les enlrenœuds froissés ne peuvent servir. On peut couper quelques entrenœuds, et on les suspend par un fil dans l'eau, où ils continuent à végéter. Dans la saison chaude, ce végétal se décompose facilement; au bout d'une quinzaine de jours, il passe du vert au jaune sale, et sa préparation devient quelquefois très-difficile.

Le Chara ne peut être soumis au microscope qu'après avoir subi certaines préparations. 11 faut choisir un entre-nœud bien vert et ferme, et couper les verticilles en leur laissant environ 15 à 20 millimètres de longueur. On élague tous les petits jets et l'on place la tige principale dans une petite cuve de verre pleine d eau, placée au foyer sous un grossissement de 50 à 150 diamètres.

On enlève par lanières, la pellicule superficielle incrustée avec la plus -rande précaution, car la moindre blessure faite au tube intérieur arrêterait la circulation à l'instant même. Lorsqu'on est parvenu à décortiquer ce tube, il faut le racler légèrement en lui imprimant un mouvement de rotation sur lui-même. Cette opération est indispensable pour débarrasser le tube d'une couche de carbonate de chaux qui le recouvre; on doit la pratiquer avec un canif à fil couché, qu'on dirige de gauche à droite, sans jamais racler eu sens contraire. ^

Le mérithalle sera parfaitement dénudé quand on n apercevra plus aucun corps étranger avec la loupe. Le microscope fait alors distinguer des hgnes parallèles formées par des globules verts régulièrement espacés, ainsi qu'une ligne où ces globules manquent constamment, et que Le BaiUif nommait la voie lactée et Agardii la liane ou raie indifférente. . i , i

On peut conserver cette préparation sous Veau, mais au bout de

mMEN DE LA GYRATION DA^S LES C»ARA. 893 (Miiq à six jours la surface du tube se recouvrira de nouveau de cristaux de carbonate calcaire, qu'on pourra enlever encore, mais avec beaucoup plus de soin que la première fois. On place le morithalle décortiqué dans une petite cuve ou auge à fond de verre pleine d'eau et recouverte d'une lame mince. Les variations de la température, la décortication déjà ancienne, et même des ligatures pratiquées sur le tube, n'ont aucune influence sur la circulation.

Si l'on examine l'un des courants, à droite ou à gauche de la lipic médiane, on verra qu'il suit toujours la même direction; mais si l'on place cette ligne de manière qu'elle occupe exactement le milieu du champ du microscope, on verra les molécules entraînées dans un double courant de droite à gauche et de gauche à droite. Au moyen d'une montre à secondes ou d'un pendule, on peut calculer le temps qu'un globule met à traverser le champ.

En prolongeant l'observation, il sera facile de s'assurer que les granules flottants peuvent passer d'un courant dans l'autre, et ce fait est important, car il prouve d'une manière évidente qu'il n'existe pas de diaphragme sur la ligne médiane. Si l'on trempe pendaht un instant l'une des extrémités du tube dans de l'eau légèrement acidulée la gyration cesse au bout de quelques minutes.

La circulation ordinaire persiste pendant plusieurs jours et ne se ralentit pas pendant la nuit. Si l'on veut suivre la marche des granules, il faut, suivant la méthode de Corti, choisir un petit rejeton tenant encore à un des verticilles et dont la surface est peu chargée de carbonate calcaire, qui probablement ne s'amasse que sur la plante adulte. En observant ce petit rejeton vers son extrémité transparente, on reconnaîtra le mouvement gyratoire, et si l'on suit deux ou trois granules dans leur course, on les verra se contourner à l'extrémité du rejeton et revenir dans le sens opposé.

On rencontre quelquefois dans un mérithalle des sphères ou globes en assez grand nombre, qui se meuvent les uns par-dessus les autres, se dépriment, prennent une forme ovoïde, etc., selon la nature des pressions qu'ils éprouvent, et crèvent quelquefois en mêlant leur contenu au fluide circulatoire; plus lard, on voit de petits globes se reformer et voyager dans le liquide. Avec un bon éclairage, on distingue nettement l'épaisseur de la tunique de ces sphères, ainsi que les granules qu'elles renferment.

Ces derniers sont diaphanes, de formes très-variées, et sujets à des transpositions produites par la compression et le mouvement imprimé aux sphères.

EXAMIÎN DE LA. CYCLOSE INTUA-CELLULAIUE.

Si l'on suspend un lube de Chara dans l'eau par une de ses extréniilés, les sphères tombcnl. à la partie inférieure, et elles suivent encore la même direction lorsqu'on retourne le lube. On peut examiner le phénomène avec une loupe ordinaire. (Juand on veut observer isolément les sphères, il faut couper l'enlre-nœud qui les contient et exprimer le fluide sur une lame de verre ; alors les sphères se montrent comme autant de gouttes parfaitement distinctes.

Pour étudier la circulation sur de jeunes pousses de Chara, on en renferme mie dans une cellule (p. 253) sur un porte-objet et remplie d'eau. La lamelle supérieure est percée sur le côté d'une petite ouverture. Le Chara continue à végéter jusqu'à ce qu'il remplisse toute la cavité. L'ouverture de la plaque supérieure permet de renouveler le liquide à mesure qu'il s'évapore. On pose sur ce petit trou un fragment de verre mince qui le ferme exactement et retarde l'évaporalion. (llolland.)

914. D'après Schultz, on observe la circulation de la sève dans plusieurs végétaux, entre autres dans les stipules du Ficus elastica, en rendant ces stipules transparentes, en enlevant la couche superficielle qui laisse à nu une partie blanche, fibreuse, transparente, dans laquelle on voit alors la circulation de la sève. La feuille de la Chélidoine présente le même phénomène sans exiger autant de préparation ; il suffit de la placer sur le porte-objet et de l'observer au soleil, mais on ne réussit pas toujours.

Le Baillif observa également cette cyclose dans le figuier commun. Pour ces expériences, il faut toujours employer des végétaux non fanés. Schultz a donné à le Baillif une liste des plantes dans lesquelles il a observé le plus facilement la marche de la sève. Ce sont les : Chélidoine (foliole du calice), Salsifis (feuille). Pissenlit (feuille), Alisma plantago (plantain d'eau). Ficus elastica (stipules), Figuier ordinaire. Platane, Stipules d'érable, Mûrier blanc, Aloès (tige et étamines), Angélique, Impératoire et presque toutes les Ombellifères qui ont des sucs colorés, Bryone blanche. Euphorbe (moelle), Asclépiade, Arroche, Laitue ordinaire, Chiendent, Tragopogon des prés et presque toutes les Chicoracées. (Van Heurck, dans A. Chevalier, loc. cit., p. 468, etc.)

La Rotation ou circulation inlra-cellulaire se voit dans les poils des OEnothera, Clarkia, Tradescantia, mais surtout dans les Nitella. On met un morceau de NiteUa dans une cuvette de verre ou dans un verre de montre, de telle façon que le fragment de plante présente quelques cellules entières et soit légèrement re-^

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