ART. II. — PRÉPARATION DES ALGUES MALACOPHTCÉES EN GÉNÉRAL
932. La subdivision de la classe des Algues qui porte ce nom comprend un nombre considérable d'espèces microscopiques vivant ensemble ou séparément, et qu'on trouve très-souvent dans les préparations microscopiques faites pour observer des objets d'une toute autre nature.
C'est dans cette subdivision que se rangent les Cnjptoccocus, les Hy(jrocrocis,les Leptomiius, etc. lien est qui, de même que quelques champignons microscopiques forment des couches qui les ont fait appeler parfois Mycodermes depuis Persoon et Desmazières (V. p. 913). On y compte encore les Desmidiacées, comprenant \esClosteriumon Lunnlines, les Palraellées ou Protococcées {Protococcu's) , les Oscillariées, les Leptothrix,\es Anabœna, les Nostocs, les Ulothrix, les Conferves proprement dites, les Zygnema, les Elvacées, les Vaucheria, les Characées, etc. Nous verrons au'ssi que c'est près des premières des plantes que comprend cette énumération que doivent être rangés les Vibrioniens autrefois considérés comme des animaux infusoires.
L'eau de vier colorée en rouge, etc., les eaux de certains lacs, de divers étangs qui se colorent diversement seront reconnues aisé-
5)2 i HUÉUAIUTION DES DESMIDIÈES.
menl comme devant lour couleur ;i la iiiultiplicalion rapide de diverses de ces Algues. Dans les eaux douces ce sont en général des pnlmollées voisines du genre Gloeocapsa. Dans l'eau de mpr ce sont les Tricliodesiniiim Elirenhergu Monl. llindsiiMoul., genre voisin des Anabaines et confondu autrefois avec les oscillaires. Cet examen doit être fait à un grossissement de 500 à 600 diamètres.
933. Les Desmidiées sont des algiaes microscopiquesqui sedislinguent des Diatomées par leur enveloppemembraneuse molle, flexible, se déformant par la dessiccation, se détruisant par la combustion ; elles se distinguent surtout par leur endochrome (chlorophylle) de couleur verte, lamellaire et rayonnant. Au milieu de cette matière intérieure, on aperçoit des granules plus gros dont la nature parait être amylacée. Comme les Conjuguées ou Zygnémées, elles se multiplient par des sporanges. Les Desmidiées sont unicellulaires, quoique leur forme la plus-générale soit la forme bilobée. Les deux lobes (hémisomates) sont identiques, séparés souvent par un étranglement marqué d'une suture qui n'est point l'indication d'une cloison. C'est au niveau de cette suture qu'a lieu la rupture qui fait qu'un individu devient deux individus ; cette scission est toujours transversale et non longitudinale. (De Brébisson.)
Les Desmidiées n'ont pas de mouvement de locomotion comme les Diatomées; elles se développent en abondance sur les objets inondés, surtout sur les points où ils sont le plus exposés à la lumière. Un mouvement de cyclose des granules intérieurs à été observé chez quelques espèces. Les individus simples sont souvent groupés dans un ordre symétrique, d'où il résulte des individus composés.
Quelques espèces sont disposées en filaments cylindriques (Hyalotheca, Didymosporium), ou comprimés {Sphœrosoma), ou même polyédriques {Desmidium) .Le^lns ordinairement, les petits individus sont libres; ils sont en disques rayonnants {Micrasterias), soit allongés, plus ou moins lobôs-incisés {Evastrum), tantôt arrondis, ornés de granules {Cosmarium), tantôt chargés d'appendices saillants, souvent épineux {Xanthidium, Arthrodesmiis, Staurastrum). Quelquefois leur formé est cylindrique, atténuée au sommet {Tetmemorus, Penium, Spirotœnia), ou courbée en croissant {Closterium). hem- enveloppe est lisse, granuleuse ou striée. Elle parait fréquemment entourée d'un enduit mucilaginpux qui fait adhérer en masses de nombreux individus de certaines espèces, lorsqu'ils se trouvent rapprochés. Dans le genre Cosmodndium, les petits indi-
PREPARATION PES ALGUES PARASITES. 925 vidus sont portés par uuc sorte de pédicollc ramcux. (De Brébissoii.)
Les Desmidiôcs, comme les Diatomées, sont réparties assez uniformément dans les diverses conlréi's de la terre, et ne paraissent pas subir d'influences climatériques ; dans presque toutes les parties du monde, on a observé les mêmes espèces. On connaît aujourd'hui environ Iroîs cents espèces de Desmidiées. 11 sera question de leur préparation à propos des Diatomées.
M. deBrébisson regarde les Desmidiées comme se rencontrant presque exclusivement dans les eaux douces, notamment dans les eaux limpid£s des tourbières à Sphagnums. Germain de Saint- Pierre en a observé un certain nombre d'espèces dans les flaques d'eau saumâtre au bord de la Méditerranée. — La classe des Desmidiées, ou Desmidiacées, comprend les familles suivantes : i" Desmidiées proprement dites (genres Desmidium,Apto(jonum, Didymosporium, etc.) ; 2° Micrastériées (genres Micrasterias, Tetrachastrum) ; 5» CosMARiÉES {Cosmarium, Evastrum, Cosmodadium) ; 4° Xanthi- DiÉEs {Xanlhidium, Arthrodesmus) ; 5° Staurastrées {Staurastrum) , 6" Clostériées [Closterium, Docidium, Triploceras, Tetmemorus, Spirolœnia, Penium, etc.).
954. Les oscillaires rectilignes ou en spirale, vertes, jaunes ou à peine colorées, à contenu mobile dans leur intérieur, progressent de 0""",40 à 0'"'", 60 par minute, par un contournement lent quand elles sont en spirale, sans modification des courbes de la spire. De temps à autre on voit l'extrémité antérieure s'iiicliner de côlé à la manière de l'extrémité d'une sangsue, et en faisant, quand elles sont fléchies, un effort de redressement assez fort pour repousser des amas de poussière voisins. L'ammoniaque fait cesser leurs mouvements sans changer leur couleur ni leur paroi. L'acide sulfurique gonfle celle-ci, jaunit, puis reverdit leur chlorophylle, qu'elle montre disposée en contenu cellulaire biconcave avec ten" dance à une division cruciale. Les tubes se dissocient en cellules isolées très-petites lors de la destruction des amas d'oscillaires par putréfaction. (Voyez page 324 l'action de la teinture d'iode sur ces plantes.)
955. Les algues microscopiques parasites de I'Homme et des Mamhifèi'.es, sont sur les muqueuses : les Merismopœdia venLriculi Ch. R. (sarcine de l'estomac, etc.); Leptothrix buccalis Ch. 11.; Oscillaire? de l'intestin, Farre; Lepiomitts urophilm Mont, (vessie); LeptomUiis? de Ilannover (pharynx et œsophage); Lepto.
PRÉPAIIATION UliS VIItlUONS.
miius? delepiclerme; Leplomilus? de l'utérus; LeplomUus? du mucus ulôrin; Leptomitus ? de l'œil, etc.
Il faut citer aussi les Enlerobri/us Leidy, parasites de la muqueuse intestinale des Myriopodes, etc.
Sur les cheveux incultes des individus malpropres, sur les fau.\ cheveux restant longtemps sous forme de coiffure non déroulable, on trouve parfois, appliquées contre le cheveu, de petites masses microscopiques, hémisphériques, ou à peu près, formées par des Algues de la famille des Palmellées, voisines des Télrasporés.
Examen des Vibrions.
936. Les Vibrioniens se rapprochent des conferves filamenteuses par leurs réactions chimiques. Leur faculté de locomotion se retrouve sur beaucoup de conferves : les Diatomées possèdent, comme les Bactéries, un mouvement oscillant ; des Oscillaires, et en particulier des Leptothrix ont, comme les Vibrions, un mouvement ondulatoire; le mouvement circulaire si remarquable des Spirillum se retrouve dans les conferves du genre Spirulina (Kùtzing) qui ont la forme de longues hélices.
Enfin, pour toutes ces conferves, comme chez les Vibrioniens, la progression a lieu indifféremment et souvent alternativement par l'une ou par l'autre des extrémités.
L'opinion de M. Davaine sur la nature des Vibrions a été adoptée depuis par plusieurs auteurs, entre autres par Rabeiiliorst qui classe les Vibrioniens parmi les Oscillariées ("ISGb). De plus, j'ai (1865) montré que le Vibrionien du Sang-de-Rate, c'est-à-dire le Bacteridium n'était autre chose que l'Algue nommée Leptothrix buccalis. D'un autre côté, les Spirillum par la Spiroclicetes se rapprochent complètement des Oscillariées du genre Spii'itlina Kùtzing. Tous ces corpuscules sont insolubles dans l'ammoniaque et non soluhles comme les infusoires animaux, mais ce réactif arrête leurs mouvements.
Les Vibrioniens n'ont point d'organes de digestion, ni d'organes do locomotion; ils sont homogènes dans toute leur étendue; les deux extrémités, généralement semblables, n'ont aucun caractère particulier qui puisse y faire distinguer la tête ou la queue, et leur progression, qui se l'ait aussi bien et indifféremment par l'une ou par l'autre de ces extrémités, prouve qu'il n'y a point entre elles de distinction. E» cela même les Vibrioniens se séparent nettement des animaux chez lesquels des segments isolés, des tronçons expè-
PRÉPARATION DES MICftOCOCCUS. 927
rimentalement détachés, suivent toujours, dans leur progression, la direction que leur eût donnée la tète.
Les nombreux granules, très-fins, de volume uniforme, que le microscrope montre dans les mucus, à la surface des cellules épitliéliales, linguales, intestinales, dans beaucoup de déjections intestinales, ont un aspect très-caractéristique ; elles ont, d'un auteur à l'autre, reçu des noms très-différents. A la surface des porte-objets laissés dans les macérations, etc., à la surface des infusions, etc., elles forment ce que Burdacli {Physiologie, trad. franc., 1837, t. Il, p. 123) appelait la couche muqueuse primordiale, et Pouchet {Hété- 7-ogénie, 1859 et Nouvelles expériences, 1864, p. 583) la pellicule proligère (voy. aussi plus haut, p. 559 et 589).
Les masses ou amas grenus ont parfois reçu le nom de Zoo(//oea ; les granules sphériques de volume uniforme qui composent ces amas ont été dits par Klob comme" étant le Bacterium punctiim, passant d'abord à l'état de B. termo, puis de B. catenula, et enfin à l'état de Leplotlirix.
Ce sont ces granules qui sont les Micrococcus de Hallier et autres, devenant Bactéries et Leptothrix, se développant, suivant lui, en Oïdium dans les mucus, en Penicillum à l'air, lesquels font retour au Micrococcus par certaines de leurs formes de fructifications, fructifications parmi lesquelles comptent les corpuscules cryptogamiques provenant des Oïdium appelés Cylindrotcenium
Si ces observations de Hallier venaient à être confirmées, c'est parmi les corps reproducteurs et les mycéliums des champignons, et non parmi les algues, qu'il faudrait classer ces êtres.
Suivant M. Kéchamp (1867-1868), ces corpuscules (micrococcus de Hallier) qu'il a nommés imjcroztjmas, et que l'on connaissait sous le nom de granulations moléculaires, sont capables de se se développer en Bactéries ou en Vibrions, qu'ils proviennent d'un tissu végétal ou d'un tissu animal, pourvu que l'on réunisse do bonnes conditions. Ce développement a lieu par accolement bout à bout et soudure des granules. Lorsqu'une Bactérie apparaît dans un milieu non organisé, c'est qu'un microzyma y été apporté du dehors. Il pense avoir démontré la vitalité indépendante des granulations moléculaires de toute origine; de celle des poussières
« II. Hoffmann (1869) pensé que les soi-discuU Micrococus {V. p. 559) qu'on voit se produire dans les liquides libres, ou dans le contenu des cellules s'altérant ne sont rien autre chose que des produits de désagrégation, des détritus orffaniaûes et non des organismes nouveaux. '
'J'28 PniiPAHATlON DKS I5ACTÈ1\1KS.
des rues, comme de celles des calcaire's tertiaires et inùme des calcaires plus anciens. Il les caraclérisc comme microzymas, d'après la possibilité de leur évolution eu Bactéries et en Vibrions. Ces microzymas seraient capables de se nourrir de matières amylacées, par exemple, et de fournir en échange l'alcool, l'acide acétique et l'acide carbonique, ou les produits de la fermentation; capables même, en l'absence de toute matière féculente ou sucrée , de donner les mêmes produits aux dépens de leur propre substance, et de s'émacier en les produisant, bien qu'en moindre abondance. MM. Béchamp et Ester assimilent aux microzymas les granulations moléculaires que renferment presque [toutes les cellules des animaux ; ils les considèrent comme pouvant se transformer, de microzymas isolés qu'ils sont d'abord, en microzymas associés en forme de chapelet, puis en véritables Bactéries. La transformation peut aller encore au delà, et la Bactérie prendre une sorte de tète ou renflement nucléaire. En un mot, le Baclériiim chaînette, le Bactérium termo, le BacteriumcapiLatum et le Bactéridium ne seraient que les phases diverses de l'évolution des Microzijmas des cellules animales. Le foie serait un des viscères les plus riches en microzymas. L'être vivant remph de microzymas porterait en lui-même ces microphyles ferments, éléments essentiels de la vie, de la maladie, de la mort et de la destruction.
Ces vues resteront à l'état de suppositions pures tant que la nature chimique, la composition immédiate de ces granules d'origines si diverses restera ignorée, tant qu'on n'aura pas montré quelles sont les actions chimiques qui, se passant dans leur propre substance, suscitent les actes de fermentation et autres dont on les dit être cause à l'égard des éléments anatomiques et des humeurs au sein desquels ils sont plongés.
D'après B. Crivelli et L. Maggi (1869), les granules {micrococcus, microzyma) s'unissent en série linéaire, commençant d'abord par' deux, trois,, quatre, etc. Arrivées à six granules, il est des séries qui présentent déjà les mouvements propres au Vibrio baciUus. Au bout de vingt-quatre heures, elles ont tous les caractères de ce Vibrion. De ces derniers dérive un étal dans lequel ils représentent un mycélium qui doime origine aux Leplolhrix. Le volume des granules qui se forment dans les infusions varie de l'une à l'autre de celles-ci, avec la nature des substances différentes qui ont servi a les préparer.
Les Vibrions ont toujours.une largeur un peu inoindre que celle des granules, mais toujours proportionnelle à celte largeur. Les Leplothrix ont toujours aussi une largeur proportionnelle à celle des mycéliums dérivant de ces vibrions
Il est important de prendre ces faits en considération, car ce n'est que sur des différences saisissables par l'œil à l'aide du microscope, mais le plus souvent non susceptibles d'être formulées en chiffres par la micrométrie (parce qu'elles sont toujours moindres que 1 millième de millimètre) que reposent les distinctions qui ont fait donner aux Bactéries et aux Vibrions des noms spécifiques divers ^.
957. Les Vibrioniens, avides d'oxygène, enlèvent celui qu'ils trouvent dans la matière organisée qui leur sert d'aliment. Ils fixent de l'oxygène avec production de chaleur et d'acide carbonique; quant au carbone, à l'azote et à l'hydrogène, ils se combinent entre eux, et la substance organique est ainsi délruile. Les Vibrions ne jouissent
' Ces faits semblent montrer que, ainsi que je l'avais indiqué pour quelques espèces (confrontez Ch. Robin, Ilist. nalur. des végétaux parasites. Paris, 1855, article Leptnlhrix buccalis, p. 545, et Dictionnaire de Médecine , par Littro et Robin, 12" édition, ■18tj5, article Bactéries) , c'est dans le genre Leptothrix de Kûtzing, et peut-être dans une seule espèce, le Leptothrix buccalis Ch. Robin, que doivent être rangées les foi'mes végétales dont les noms suivent, qui ont longtemps été données d'un auteur à l'autre comme autant d'espèces animales^ distinctes. {Yoy. sur ce point II. Hoffmann. Mém. sur les Bactéries. Botanisclia Zeitung, avril et mai 1869, et Annales de se. nat. Botanique, t. XI. 1809, p. 1, pl. 1 et II.) Ce sont les Baeterium termo Elir. Vibrio lineola Ehr. Baeter. calcnula. Duj. Zooglœa termo Kohn. {Microbactéries de Hoffmann, et Vibrio ■bacillus, de Wyman ; le Menas crepusculum Ehr. ou Vibrio subtilis etprolifer Ehrenbcrg, remarqual^le par sa disposition en très-fins globules, rangés en chapelets, semble en être la foi^me articulée avec pouvoir rélringent plus fort. C'est de lui que se rapprochent les Vibrio cyanogenus et xantogeniis de l'uchs); Baeterium enchalys et B. punctum Ehr. Vibrio tremulans Ehr. Vib. lineola, rtigula .serpcns, bacillus et atnbiguus Duj. Rabenh. Bactéridics Davaine. (Ce sont les mésobactérics d'Hoffmami, qui nomme macrobactéries les espèces se rapprochant plus par leur volume des autres Leptothrix] . En d'autres termes, les observateurs modernes les plus expérimentés n'ont pas encore pu trouver des caractères spécifiques et distinclifs réels, permettant de séparer en plusieurs espèces les corps organisés très-répandus désignés ici, bien que des vues théoriques o>i des observations trop restreintes aieni fait croire le contraire. Hoffmann a constaté que les bactéries vivent, se développent et se multiplient dans les liquides alcalins aussi bien que dans les liquides acides.
- Le mode de développement dont il vient d'êlre question a du reste déjà été bien décrit et figuré par W. A. l'ouchet (1859-1864), et par J. H. Bcmictt (On tlie almospheric germ Iheory and origin of infusoria. Edimburgh médical journal. mars, 1868).
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pas de propriétés spécifiques malfaisantes d'un autre ordre que celles dont il vient d'être c| ;;';;tion, de pro|)i'iétés autres que celles qui se rapportent à leur énergique; l'acuité d'assimilation, amenant la décomposition des principes immédiats des humeurs et des éléments anatomiques au sein desquels ou entre lesquels ils se développent. En d'autres termes, pas plus que tous les autres végétaux, ou que les anim.iux infusoires, ils ne sont un virus, ils n'ont pas de propriétés virulentes, qui leur soient propres, c'est-à-dire spécifiques, variant d'une espèce à l'autre, pouvant faire regarder comme cause première ou agent primitif de telle maladie que ce soit toutes leurs espèces, ou certaines espèces, à l'exclusion des autres. Leur petitesse se prête à ce qu'ils jouent le rôle de véhicule pour les humeurs virulentes qui leur servent de milieu nutritif; mais ils ne sont pas le viriis. Il n'y a pas, d'une espèce à l'autre, de telles différences d'énergie sans rapport avec leur volume et leur organisation qui fasse que les uns soient agents virulents primitifs, les autres non; mais en raison des propriétés rappelées ci-dessus, ils jouent le rôle de ferment, et par suite un rôle épiphénoraénal ou de complication dangereuse, comme agent de putrescibilité sur le cadavre ou sur le vivant déjà malade, ou sur celui qui ne l'étant pas encore, les a reçus dans quelqu'un de ses tissus ou de ses humeurs, en même temps que le virus inoculé/.
Ces remarques s'appliquent naturellement aussi aux laits qui concernent la présence des cellules colorées de la famille des palmellées dans l'air du voisinage des mai-ais (Salisbury), et d'Algues voisines dans la vapeur d'eau condensée à la surface des marais pontins, etc. (Balestra) considérées comme étant la cause pre-: mière, non-seulement des maladies virulentes, mais des fièvres inlermiltcnles. Ici encore, aux cryptogames les moins comius on attriliue des propriétés qui n'ont aucune analogie avec celles que l'on connait dans les algues et les champio-nons que nous pouvons regarder comme bien étudiés. Ces hypothèses concernant la cause pai-asilaire des maladies générales, semblent toutes émises dans le but de chercher à tourner la dil'IicuUé qui est représentée par la connaissance de ce en quoi consiste l'état d'organisation, et de ce que sont les différentes formes élémentaires sous lesquelles se présente la substance organisée. En d'autres termes, ce qu'il y a de moins connu dans ces hypothèses, c'est la substance attaquée, c'està-dire ce qui devrait être le' mieux étudié; elles ne commenceront à être acceptables en fait que lorsqu'elles seront produites par des auteurs aussi familiers avec la connaissance de ce qu'offre d'essentiel l'état d'organisation qu'avec celle des cryptogames. Or, dans l'état actuel de la science, les choses n'en sont pas là, puisque les botanistes les plus expérimentés sont conduits à considérer comme plantes d'une seule et même espèce les bactéries que les médecins et les chmustes regardent comme diverses spécifiquement, et douées de propriétés trôs-disUnctes en tant que fei'ments et virus.
On a considéré comme ferments composés par des Vihrioniens : le ferment de la putréfaction {Bacterium termo, Vibrio Uneola, V. trenuila7is, T. subliUs, V. nigula, V. prolifer, V. bacillus) ; les ferments lactiques {B. termo? ou B. catenula? et dans le lait altéré ; V. synxanthus, V. synajanus); le ferment du levain {Bacleridium fermenti) dn vin tourné; le ferment tartrique droit; le ferment de la pourriture [Bacterium putredinis) ; le ferment butyrique, et les microzymas, d'après M. Béchamp. (Voy., p. 913, ce qui concerne l'examen des levures et la note ci-dessus, p. 929, pour juger la valeur de ces déterminations spécifiques.)
Ilsuffit'de changer l'une des conditions du milieu pour voir périr aussitôt, ou en très-peu de temps, les Vihrioniens qui s'y trouvent. Un abaissement dans la température d'un liquide organique, la substitution d'une eau pure à une eau corrompue, d'eau de mer à de l'eau douce, et réciproquement, font disparaître les infusoires filiformes qui s'étaient développées dans ces divers liquides. (Davaine.)
958. Après avoir bien noté que tous ces corpuscules considérés comme divers (Voy. la note p. 929) ne représentent que les étals successifs d'une même espèce d'Algues, rappelons des faits empiriques que décèle le microscope. Les Leptothrix ou Bactéries ne se trouvent pas dans les liquides ni sur l'épithélium du mucus de l'homme et des animaux vivants, et sains. Mais à compter de dix ou douze heures après la mort brus.jue de l'homme ou des animaux sains, il s'en développe dans tout le tube digestif et dans la bile. 11 s'en développe toujours sur les résidus alimentaires restés entre les dents et les papilles linguales. 11 s'en développe pendant la durée des maladies dans le mucus de tout le tube digestif (voy. p. 607), où on les prépare comme s'il s'agissait de voir le mucus ou les épithéliums frais de ces parties. Leeuwenhoeck a, le premier, signalé l'existence de Vibrions dans la diarrhée. M. Lebert (1845) les a vus dans la dysenterie. Le Vibrio rucjula a été observé dans les selles des cholériques, par M. A. Pouchet d'abord, en 1849, et depuis par Rainey et Ilassal (1854, etc.).
Enlevés par la vapeur d'eau, ils peuvent se trouver à l'état de poussière ainsi que dans l'haleine. (Lemaire.) On les a vus dans l'urine fraîche de la cystite chronique (Davaine); du catarrhe vésical (Ordonez) ; dans le mucus du catarrhe pulmonaire (Pouchet) ; du coryza (Pouchet); àaX otite chronique; de Y inflammation du sac lacrymal et du conduit nasal (Tigri) ; dans les ulcères putrides et la pourri-
turc d'fiôpilnl M. Lebei'la signalé la présence soil de très-grands Vibrions, soit d'Amibes ; dans les ulcérations !iy])hiliU(jues (Donné, 1856); dans le liquide de la blennorriiagie (Tigri).
Tigri rapporte deux cas de fièvre typlioïde dans lesquels il a pu voir la sang se peupler d'inl'usoires du genre BacLeriwn. MM. Coze et Feltz y ont trouvé l'infusoire le Baclerium catenula. Ces observateurs ont constaté de même l'existence de Bactéries dans le sang varioleux, et ont pu de même inoculer ces infusoiresà des lapins. B. lermo et B. hacillus.
M. Davaine estle premier qui ait indiqué hBacteridium {LeptofJirix buccalis Ch. Rob.) dans le sang de l'homme et des animaux atteints du sang de raie, de charbon et de pustule maligne, ainsi que dans le liquide séreux ou purulent des pustules et tumeurs charbonneuses. Ses expériences l'ont porté à admetire que ces Bacteridium sont les seuls agents du développement de la maladie charbonneuse. Dans la forme du charbon des bêtes à corne appelée mal des montagnes, on trouve les mêmes infusoires {Commission de 1868).
MM. Signol et Mégnin ont rencontré des Bactéries dans le sang des chevaux atteints de la maladie dite fièvre typhoïde du cheval.
959. Dans toutes ces circonstances, la présence des Vibrioniens, etc., se constate en prenant une goulte des déjections ou du sang tiré des vaisseaux à l'aide d'une piqûre, et on procède à l'examen immédiatement à l'aide d'un grossissement de 500 diamètres au moins sur un microscope préparé d'avance.
Dans tous ces cas, en effet, le sang sorti des vaisseaux se peuple rapidement d'infusoires. Le temps de le porter au laboratoire suffit, pendant les grandes chaleurs, pour que cette invasion ait lieu. Mais, sur l'homme, si l'on examine le sang au lit des malades, on ne trouve jamais de Bactéridies. M. Ghalvet a vérifié le fait avec soin pour la fièvre typhoïde, le choléra et la rage. On sait depuis longtemps qu'àramphithéàlre, au contraire, toujours on voit le sang du cadavre plus ou moins envahi par les Infusoires.