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ART. III. DES AMÏLOBACTER

940. 11 faut rapprocher de la description des êtres microscopiques qui naissent et se développent comme les Yibrioniens, dans des espaces clos, celle des corps observés par M. Trécul {Comptes rendus des séances de l'Académie des sciences,. 1865 à 1868) et par M. Nylander, èl appelés Amylobacter.

\in faisant macérer dans l'eau des tiges de plantes appartenant a

PHÉPARATION DÏ.S AMYLOnAGTIîU. 9r.5 diverses lamilies, M. Trécul a remarqué que le lalex se coagule, soit eu colonnes homogènes, soit en petites masses plus ou moins volumineuses. Puis, toute la substance de ce latex se résout en corpuscules beaucoup plus ténus que les globules primitifs. Quand les làticifères qui les contiennent sont mis en contact avec l'eau iodée, ils jaunissent seulement; mais, dans quelques cas, de l'acide sulfurique ayant été ajouté, toute la matière renfermée dans ces làticifères a pris une belle teinte pourprée. Chacun des petits corps constituants est composé de deux parties, l'une devenue violette, l'autre restée incolore ou jaunie, plus grande que la violette. (Voy. comparativement ce qui a été dit plus haut, de l'influence de la teinture d'iode sur les Leptotkrix, etc., p. 524.)

Dans d'autres vaisseaux, les corpuscules sont de deux sortes (fig. 291) : les uns sont très-petits, globuleux, et constituent la masse principale; les autres sont beaucoup plus volumineux, épars au milieu des premiers. Ces derniers sont le plus souvent elliptiques, mais dans un âge plus avancé on en voit s'allonger en fuseau. Les corpuscules les plus petits jaunissent par l'iode seul, tandis que les gros, surtout quand ils sont fusiformes, deviennent violets. Le volume de ces êtres n'est souvent que de 5 cà 7 millièmes de millimèire , tandis que les granules d'amidon bacillaires ont une longueur de 20 à 50 millièmes.

On ne trouve souvent, dans les làticifères, que de ces corpuscules fusiformes violets, avec une des pointes ou plus rarement avec une des pointes incolores. Ils remplissent tout le vaisseau, ou sont mêlés à des quantités plus ou moins grandes de latex non transformé. Assez fréquemment des portions du vaisseau pleines de ces corps alternent avec des parties qui sont remplies de latex coagulé, mais non transformé. Ce latex occasionnant de distance en distance de^ obstructions, on ne saurait prétendre que ces plantules ou leurs germes sont venus du dehors.

Assez souvent ces plantules ont la forme de têtards. Elles sont alors composées d'un corps elliptique ovale qui porte un long appendice à l'une de ses extrémités (o, p). C'est ordinairement cet appendice ou sorte de queue qui seul se colore en violet par l'iode.

Ces petites plantes ne se forment pas seulement à l'intérieur des làticifères. Elles naissent aussi, soit dam l'intérieur des cellules mêmes, parenchymateuses ou fibreuses, soit entre les cellules. Dans l'une et l'autre circonstance, elles sont de même fusiformes ou en l'orme de têtards, quelquefois cylindroïdes ; mais, dans ce dernier

PRÉPARATION DES AMYLOBACTER.

cas même, une extrémité est souvent notablement plus large que

BflTTLEr se

Pig. 291. — a, b, c, d. Aviylohacter capités à tête ovale, dressés sur la face interne d'une ceUule iniidullaire d un rameau de deux ans du Ficus Carica. Le reste du contenu de la cellule composé de granulations qui jaunissent par l'iode, el de cylindricules non bleuis par ce réactif, est refoulé au centre de la cellule par les AmylobaCter. e,f,g,h. Une des formes du développement des Amylohacter libres à l'intérieur des fibres du liber du llguier. 11 y en a à divers degrés de l'évolution. Ils commencent par des corpuscules glolniloïdes ou elliptiques, qui d'abord ne sont pas colorés par l'iode, ou qui jaunissent seulement sous son iniluence. .\près l'allongement de ces petits corps, qu'ils deviennent capités, cylindriques ou fusiformes, la partie initiale reste ordinairement ou Irés-souvent iilcolore (on est seulement jaunie) après l'action de l'iode. C'est elle qui constitue la tête des Ami/lobacler capités. i, k. Cette disposition des Aimilobacter dressés à la surface des cellules, après la désagrégation complète de celles-ci, s'obtient très-aisément aux mois d'août et seplfmbre, par la macération de rameaux de l'année du SambucHs nigra. Les cellules figurées ici ont été données par l'écorce du pétiole d'une feuille âgée, déjà notablement jaunie de VAralia japonica (commencement de juillet), i. représente les grains de chlorophylle, m, n. Fragment d'un vaisseau du latex de VAinsonia lalifolia contenant des Amijlohacler fusiformes. l. Amylobacler à tête globuleuse observés aussi à la surface de quelques cellules de l'écorce du pétiole de VAraltajaponica. o. Beaux Amijlubavlev capités, dont l'un à tète comme étranglée, l'ait assez fréquent, en voie de division et trés-mobiles, à queue (lexueuse pendant le mouvement, progressant tantôt par un bout, tantôt par l'autre. Ils atteignent souvent deux centièmes de millimètre. Abondants dans une macération de rameaux du figuier, effectuée du '28 août au 6 septembre. 2). Amylobacler à queue alteinalivcment incolore et bleue, tels qu'on les observe dans diverses plantes, q. Amylobacler cylindriques mobiles et llexueux pendant la pi'ogression à l'intérieur des cellules de la moelle de rameaux de l'année lendus longitudinalement du Ficus cnrica. Ils ont de 0"°, 0066 à 0'"'",ti-206 de lon-ueur sur 0""",0011 de largeur (août et septembre). Ces Araylobacter sont bleuis à des degrés très-divers. Ils le sont fort souvent tout à fait r, s. Amylobacler divers, 'foutes ces figures ont été dessinées jiar M. 'frécul, sous un grossissement de cinq cents diamètres à S'20. l'our les préparations du figuier, il a opéré, en général, après que l'amidon a disparu des cellules, plus nrement avant.

PRÉPARATION DES AMYLORAGTER. 935

l'autre. Les ceilules de la moelle du Figuier sont parliculièrement favorables pour leur production.

Il est important de faire remarquer qu'elles naissent dans des cellules parfaitement fermées, qui n'ont point été dérangées de leur sié-e naturel dans le tissu végétal, et que le plus ordinairement on n'en trouve pas entre les cellules qui en sont remplies, m entre les cellules qui entourent les laticifères qui en contiennent ; enfin, que la formation intercellulaire de ces corps n'a souvent lieu que dans des tissus qui ne montrent pas la formation intracellulaire. Il convient d'ajouter encore que le liquide dans lequel macèrent les tronçons de plante, étudié avec le plus grand soin, ne tient pas une de ces plantules en suspension. Il est bien entendu que, pour obtenir ce dernier résultat, il faut examiner le liquide avant que les tissus soient complètement désagrégés, avant qu'une partie des cellules soient dispersées dans ce liquide. (Trécul.)

Il semble bien probable, d'après toutes ces circonstances, que le liquide n'a rien apporté aux cellules dont il s'agit, d'autant moins que ces cellules sont souvent placées profondément dans les tissus, puisque ces plantules peuvent être produites dans des fibres du liber à parois parfois fort épaisses, qui n'ont certainement rien laissé pénétrer dans leur intérieur. Et puis les premières phases^ du développement individuel de ces plantules sont ici bien plus faciles à saisir que dans les autres organes cités. Car ces petites plantes, surtout quand elles commencent à se montrer, sont souvent très-distantes les unes des autres. De plus, elles commencent toujours par un corpuscule incolore, ordinairement elliptique, jaunissant par l'iode, aux deux extrémités duquel on aperçoit quelquefois comme le prolongement d'une petite cellule aiguë, dont il pourrait être le noyau centre de génération ou plasmatique; piiis, à l'un de ses bouts , sans doute par l'élongation de la petite cellule, naît un appendice qui s'allonge graduellement, et qui, dès son début, a la propriété de se colorer en violet ou en bleu par l'iode. Dans quelques cas, l'appendice de ces corpuscules est partagé en parties colorées par l'iode alternant avec des parties non colorées, comme s'il était divisé en plusieurs cellules. Ces faits ont conduit M. Trécul à admettre que ces plantules dites parfois omyiifères peuvent naître et se développer à l'intérieur de cellules bien closes,' pendant la putréfaction, sans aucune intervention de germes venus du dehors ; que de la matière organique peuvent provenir ainsi des corps vivants très-différents de la substance dont ils dérivent.

941. Pour obtenir ces corpuscules, on plonge clans l'eau pure d'un llacon à large ouverture les fragments dos rameaux frais des plantes dans lesquels l'on veut les observer. 11 est nécessaire de faire ces expériences par un temps chaud de l'élé ou du printemps. On peut connnencer ù chercher à les voir au bout de trente-six heures environ, quand la surface du liquide devenue mousseuse, mdique la pleine fermentation des matières sucrées des cellules du végétal. On fait ensuite des coupes minces de celui-ci comme pour en étudier les cellules. On place la préparation dans l'eau ou dans la glycérine. On la traite ensuite par l'eau iodée ou par la glycérine iodée; on peut encore les mettre directement dans la glycérine iodée.

942. Les Diatomées, Diatomacées , Navicules, Navicelles ou Bacillariées, constituent une subdivision particulière de la classe des Algues, considérée comme la dernière par Kùtzing, Montagne et autres. Elles ont longtemps été rangées parmi les animaux infusoires en raison de la nature de leurs mouvements qui sont assez énergiques pour qu'elles puissent déplacer divers des corps étrangers qu'elles rencontrent dans leur progression. Mais, bien que l'ammoniaque et l'acide chlorhydrique fassent cesser cette locomotion ces agents n'attaquent aucunement leur substance comme ils le font pour celle des infusoires que l'ammoniaque dissout rapidement.

Les Diatomées sont des Algues microscopiques unicellulaires (frustules), les parois de l'individu consistent en une enveloppe siliceuse, rigide, fragile et incombustible (carapace). Le frustule est composé de deux valves opposées réunies par une bande de même nature dite bande connective. Il renferme nn endochrome jaunâtre ou plus ou moins brun, au milieu duquel on remarque des vésicules et des granules de nature huileuse. Les Diatomées sont fissipares. On voit sur le milieu de la bande connective apparaître une ligne longitudinale qui est le commencement d'une cloison intérieure formée de deux valves opposées dos à dos, entre lesquelles doit s'opérer plus tard la scission qui divisera le frustule en deux individus semblables au premier, mais d'abord plus étroits.

Les Diatomées présentent en outre le mode de reproduction par conjugaison par suite d'une sorte de copulation. (Voy. p. 945,

Un grand nombre de Diatomées et spécialement les espèces du

groupe des Naviculécs sont douées d'un mouvement rcctiligne Irèsremarquablc; ou les voit, sous le champ du microscope, s'avancer par des élans spontanés interrompus par des instants d'inaclion et souvent par un repos prolongé.

Chaque frustule constitue un individu distinct, mais les fruslules sont groupés chez un grand nombre d'espèces en individus multiples ou composés de petites individualités. D'après de Brébisson, les Fragillaria, Himcmlidium, Odontidium, formés de séries diî frustules rectangulaires présentent des fdaments aplatis. Quelquefois une scission s'opère entre chaque frustule d'une série alternativement en haut et en bas et les frustules continuent d'adhérer entre eux par les angles diagonalement opposés; l'ensemble présenle alors la forme d'un petit ruban plié ou découpé en zigzag, telle est la disposition constante dans les genres Dialoma et Labellaria. Si le filament est formé d'articles cunéiformes, la multiplication de ces articles par fissiparité produira la forme circulaire ou discoïde (Meridion) et même hélicoïde. Les frustules sont quelquefois portés sur des pédicelles simples ou rameux et ressemblent à de petits étendards (ic/mfm</ies), tantôt ils sont cunéiformes et donnent lieu à des éventails [Licmophora, Podosphenia) . Quelques Diatomées s'attachent sans support aux plantes inondées (Cocconema, Epitlieinia) . Les Nitzschia, les Synedra ont de longs frustules étroi1,s bacillariés qui se groupent en faisceaux sur les plantes aquatiques. Les frustules du Bacillaria paradoxa glissent les uns après les antres, chacun dépassant le précédent d'une partie de sa longueur (comme les tubes de la flûte de Pan), puis ils se replacent successivement dans leur situation primitive pour recommencer à glisser. Le genre le plus nombreux en espèces est le genre Navicula, ce sont des frustules isolés en forme de Navette. Les Pleurosigma sont de longs frustules contournés en S couverts des plus fines ciselures. Dans les genres Schizonema et Collelonema, les frustules naviculés sont associés dans des filaments gélatineux. La carapace des Biddulphiées et surtout des Cosciuodiscées offrent des réseaux d'une finesse extrême. (De Brébisson.)

Les Diatomées habitent les eaux douces ou salées. Elles s'attachent aux plantes inondées, elles forment souvent des couches colorées sur la vase des eaux tranquilles. On les trouve pendant toute l'année, mais plus abondamment l'hiver et dans les saisons pluvieuses.

Les Diatomées ont été trouvées à l'état fossile dans toutes les par-

ties du monde, en France (dans l'Ariége), en Allemagne (à Berlin), en Afrique (près d'Oran), etc.; en Amérique, on en a découvert des couches de plusieurs mètres d'épaisseur. Ces fossiles, en raison de leur nature siliceuse et de la finesse de leurs corpuscules, sont employés dans les arts sous le nom de iripolis et servent à polir les métaux. En faisant calciner des masses d'une Diatomée fdamenteuse dont les flocons bruns flottent en automne sur les eaux dormantes, M. de Brébisson a obtenu un tripoli sans mélange de sable et d'une finesse parfaite.

943. Si, lorsque, au fond de mares, de fossés ou d'amas d'eau de pluie, on aperçoit sur le fond s'étendre des couches d'un brun jaunâtre, on racle ces points avec une cuiller à manche, de manière à détacher le moins de vase possible ; on sera presque certain d'obtenir ainsi une abondante provision de Diatomées. Dans les mêmes circonstances, un enduit de couleur verte eût indiqué la présence des Desmidiées.

Les espèces filamenteuses, telles que les Himanlidium, Fragilaria, Tabellaria, Diatoma, Desmidiur/i, Hyalotheca, etc., peuvent être déposées en masse dans une fiole, en laissant l'eau s'égoutter un moment et bouchant ensuite; le mouvement du transport est alors moins à craindre. 11 serait encore préférable d'achever d'emplir les flacons avec quelques tampons de mousse humide.

C'est dans ce cas, et surtout pour les Diatomées portées sur des pédicelles, comme les Licmophora, Rhipidoplwra, Achnanthes, Cocconema, etc., qu'il est très-avantageux de les étendre par petites masses et avec les Algues qui leur servent de support sur des morceaux de chiffon qu'on entasse dans les boîtes où il reste assez d'humidité pour les conserver en bon état. (De Brébisson.)

Pour les espèces libres, telles que les Naviculées, Surirellèes et la plupart des Desmidiées, on peut emphr les bouteilles sans beaucoup de précaution, puisque plus tard on profitera de leur tendance à se diriger vers la lumière pour les voir se séparer d'ellesmêmes des impuretés prises avec elles K

Des Diatomées libres, telles que les Pleur osigma, Navicula, Amphora, Amphiprora, etc., abondent dans les eaux salées que la mer dépose dans les fossés du littoral, dans les flaques qui bordent les rivières à leur embouchure. Dans les parcs à huîtres abandonnes,

• On pourra durant ces éludes consulter avec fruit les centuries de Diatomées préparées par Th. Eulenstein. [Dialomacearum speces typtcae, Dresde, 1870.)

dont la sécheresse a détaché le fond en croûtes crevassées, on peut emporter ces plaques de vase qui renferment une grande quantité d'espèces marines. On recueille quelques Desmidiées très-fines, telles que les Staurastrum, qui s'attachent aux brins d'herbes submergées en saisissant celles-ci entre les doigts de la main que l'on creuse en cuiller et qu'on retire de l'eau en entraînant ce léger enduit.

La récolte terminée, il faut préparer les espèces délicates, telles que les filamenteuses et les stipitées, que l'on n'a pu disposer sur place. Il suffit de prendre de petites portions avec la pointe d'une plume à écrire taillée en cure-dent, etc., et de les étendre sur le porte-objet. Quant aux Desmidiées et Diatomées libres qu'on a recueillies mêlées au sable ou à la vase des mares, fossés ou flaques que l'on a explorés, on met le contenu de chaque flacon dans un vase séparé, tel qu'une assiette creuse ou une soucoupe, que l'on place dans un lieu exposé à la lumière, mais à l'abri du soleil qui déterminerait des bulles d'air dans ce dépôt et empêcherait sa surface d'être unie. (De Brébisson.)

Au bout d'un ou deux jours, suivant qu'il s'agit de telles ou telles espèces, on voit la couche vaseuse qui s'est déposée au fond des soucoupes, se couvrir d'une teinte brune, si elle renferme des Diatomées, ou d'une pellicule verte, plus ou moins muqueuse, souvent chargée de petites houppes, si ce sont des Desmidiées. Dans tous les cas, on incline doucement le vase pour en faire sortir la plus grande partie de l'eau et alors, sur la surface chargée de frustules, on promène un petit pinceau ou les barbes d'une plume, en ayant soin de ne pas atteindre la couche terreuse. Le pinceau est ensuite lavé dans une capsule ou godet, ou se déposent les frustules sans aucun corps étranger si cette opération a été faite avec légèreté. Quand on a ainsi obtenu une espèce séparée ou qu'elle est dominante, on devra en faire des préparations immédiatement ou réserver ces récoltes dans des flacons séparés, étiquetés et remplis d'alcool. Plus le diamètre du vase est petit, plus la couche de frustules est épaisse et facile à enlever. (De Brébisson.j

Cette méthode est applicable surtout aux espèces des genres Navicula, Pleurosigma, Surirella, Nitzschia, etc.

En formant des échantillons sur mica au moyen de la pointe d'une grande plume garnie de barbes, il est nécessaire de gommer un peu l'eau, si les frustules, à cause de leur grosseur, montraient de la tendance à se détacher. Cette précaution est surtout indis-

9i0 l'HÉl'AllATlON DES DIATOMISIÎS.

pensables pour certaines Desmidiées se soulevant lacilemeiit par la dessiccation. (Yoy. p. OSi.)

En renouvelant l'eau de temps en temps dans les vases qui servent de réservoirs, on peut garder vivantes très-longtemps ces algues microscopiques. Les espèces marines rèclanicnl surtout de l'eau de mer bien fraîche ou de l'eau ordinaire dans laquelle on fait dissoudre de trente à quarante grammes de sel de cuisine par litre.

Lorsque le dépôt qui se forme dans les soucoupes est mélangé de débris de végétaux ou de corps étrangers, qui empêchent' sa surface d'être assez plane, on peut, en tamisant sur ce dépôt inégal une couche de sable fin et pesant, tel que du grès, établir un sol artifi- ■ ciel uni, dont bientôt les Diatomées \iennent chercher la surface. On place sur ce dépôt un morceau de tissu de fil ou de coton, en l'y maintenant appliqué par le poids de quelques grains de plomb de chasse. Les frustules ne tardent pas à traverser ce tissu et à s'étendre à sa surface d'où il est facile de les enlever.

Si la ^ase ou les végétaux submergés renferment des Diatomées en trop petit nombre pour en attendre une couche facile à enlever, on met ces substances au centre d'un morceau de toile fine, de lin ou de coton, dont on forme un petit sachet arrondi, placé au centre d'une assiette pleine d'eau. Les Diatomées ordinairement, après quelques heures de repos, traversent le tissu qui les contient et se disséminent sur le fond de l'assiette où l'on peut alors facilement les recueillir dans un état de pureté complète. (De Rrébisson.)

Les Desmidiées, qui, pour la plupart, ont des corpuscules libres, forment dans ces mêmes conditions d'éducation une couche muqueuse que l'on enlève aisément avec une cuiller mince ou avec une lame de couteau. Quand on n'a pas le temps de profiter de leur propension à rechercher la lumière et à s'établir à la surface du dépôt que renferment les vases dans lesquels on conserve ces Algues, on peut agiter les débris de végétaux auxquels les Desmidiées s,ont le plus souvent mêlées ; leur pesanteur étant plus considérable que celle de ces détritus, en décantant avec précaution l'eau d'un vase dans un autre et en s'aidant d'une barbe de plume pour faire . sortir les débris flottants, on obtiendra un résidu assez pur, composé de Desmidiées que leur couleur verte rend apparentes. On répétera ce transvasement autant de fois qu'il sera nécessaire, en ajoutant assez d'eau pour diminuer l'effet du mucilage propre a ces algues et qui tend à les faire adhérer aux débris dont on veut les séparer.

l'KRPARATION DES DIATOMÉES.

9 il

Presque toutes les espèces fossiles dos diverses couciies géologiques existent encore à l'étal vivant pour les Desniidiées, et les Diatomées. 11 y a 20 à 50 ans, le nombre des espèces de Diatomées connues était à peine de 200; les travaux récents de plusieurs observateurs ont porté le nombre des espèces bien caractérisées à plus de 2000.

944. Nous donnons ici (fig. 292), d'après M. Germain de Saint-

Fi^'. 29-2. — Figuvei partielles de 1 à M (Germain de Saint-Pierre). — Objets grossis de

100 à 500 fois environ.

Fig.

Fis-

Fis.

Fig.

Fig.

Fig.

Fig.

Fig.

Fig.

Fig.

Fig.

Fjg- Fig.

Fig.

2, 3. — Fruslulia suwnica (S variétés ou sous-espèces).

— Nnvicula viriàul/i.

— Pinnularia viridis.

— Pkurosiqmn altenuattm-

— Raphoneis mediterranea.

— EfiUhemia ttirgida.

— ùjmbella gastroides.

11, 12. — Closterium ( Nitzschidla) reversum (3 variétés ou sous-espèces).

— Siinedra vlna.

— Plagyogramma Rolierttnnmn.

— Le mêrne, vu de prolil.

— Gomphonma constrictum,

— Le même, vu de pi'otil.

— Perizonia Briiunii.

— Amphiprora piiludosa.

— Triceralimn llavum.

— Campijlodiscus cnstnlus-

— Biddulpliia piikhella.

— Le même, vu p.ir le sommet.

— Amphiletras uiilediluviana.

— Le même, vu do prolil.

Fig. 26.

Fig. 27.

Fig. 28.

Fig. 29.

Fig. 30.

Fig. 31.

Fig. 52.

Fig. 33.

Fig. 31.

Fig. 35.

Fig. 30.

Fig. 37.

Fig. 38.

Fig. 39.

Fig. 40.

Fig. 41.

Fig. 42.

Fig. 43.

Fig. 4i. —

Dy clyocha spcctiliim.

Le même, vu do prolil.

Slaiirastrum paradoxum.

Diotoma vulgrire.

T/ibellaria feimlmta.

BacllUria paradoxa.

Eiiloria crislalUna. Micvaslerias lelrncera.

Aslerionella fornwsri.

Fragillaria mutabilis. " '

Disrosira stikata des disques réunis

en lige cylindrique).

Un disque isolé du même, vu de face.- Podoiplumia slipilnla.

niiipidtphora mihecula.

Complwnella olivacea.

Slendioii circulare.

neux fruslulcs isolés du mémo.

Euc/impia Zodiaciis ( une moitié de r.uincau qui constitue l'individu multiple complet.) Un frustule isolé du même.

942 PRÉPARATION DES DIATOMEES.

Pierre {Dicl. de Botanique, Paris, 1870, page 405), la figure d'une série d'espùces qui se rencontrent souvent dans les préparations d'objets provenant des eaux douces ou salées.

Les Diatomées ou Diatomacées constituent, selon M. de Brébisson, quatorze familles : Licmopliorées, Fraç/illariées, Slrialelle'es, Surirellées, Coscinodicées, Melosirées, Biddulpliiées, Eunotiées, Acanthées, Cymbellées, Gomphonémées, Schizonémées, Naviculées, Acliniscées. A ces quatorze familles, une quinzième, celle des Anibulatoriées, a été ajoutée par Germain de Saint-Pierre (1866). Ce groupe se compose de genres dont les espèces sont filiformes. Chaque individu est constitué par un tube cylindrique régulier, arrondi aux deux extrémités, continu ou cloisonné, à anneaux discoïdes plus rarement subglobuleux et contenant de très-fines granulations. Le diamètre de ces petits tubes est d'un à quelques centièmes de millimètre. Ces êtres se rapprochent surtout des Diatomées comprises dans les genres Discosh^a et Melosira; ils rappellent aussi les filaments des Oscillaires et surtout des Lyngbia. Mais les Oscillaires sont fixées à une de leurs extrémités, sont groupées en pinceaux, et ne présentent que des mouvements d'ondulation sur place; les Lyngbia se composent d'un tube transparent occupé, par intervalles seulement, par une série d'anneaux colorés, et comprenant des espèces rarement oscillantes. Quant aux disques réunis en cylindres des Discosira et des Melosira, on ne parait pas les considérer comme doués de mouvements manifestes.

Le groupe des Ambulatorieœ (Ambulatoires) est au contraire essentiellement caractérisé par le mouvement spontané et volontaire de locomotion jmr reptation des espèces qui le constituent, qui traversent plus ou moins lentement, plus ou moins rapidement le champ du microsrope, et dans tous les sens, luttant pour franchir les obstacles ou les évitant; quelquefois revenant sur leurs pas, l'extrémité postérieure (qui ne parait pas différer de l'antérieure) prenant alors le rôle de la tête.

C'est dans les flaques d'eau saumâtre des bords de la Méditerranée, à Hyères, dans le voisinage de la presqu'île de Giens, qu'il a rencontré les espèces (complètement invisibles à l'œil nu) de ce groupe d'Algues microscopiques douées de mouvements de locomotion volontaires ; les espèces assez nombreuses et très-cai-actérisées qui constituent cette famille peuvent être réparties en plusieurs genres, (fig. '293.)

De l'eau bourbeuse et noirâtre s'étant saturée de gaz sulfhy-

drique, en examinant alors de nouveau le contenu des différents tubes , Germain de Saint-Pierre vit que non-seulement les microzoaires qui y pullulaient précédemment avaient cessé ' d'exister, mais que les Navicules et autres Diatomées à test solide n'étaient plus douées de mouvement; les espèces du groupe des Am-

Fig-. '295. — Espèces connues delà fainille des Ambulatoriées grossies de 10) à 500 l'ois environ. - Fi-. 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 9, M, 13, 15, 16 et 18, individus entiers considérablement grossis. — Fig. 8, 10, 12. li, 17 et 19, fragments de quelques-unes de ces espèces grossies forte puissance : le diamètre réel de l'une des plus petites espèces {VAtomaria aqilis) est de quatre centièmes de millimètre ; le diamètre de la plus grosse espèce (VAlomaria giganiea) est de 12 centièmes de millimètre (cette espèce est presque visible à l'œil nu). D'après Germain de Saint-Pierre.

Fg.

Fig.

Fig.

Fig.

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Fig.

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Fia

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