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CHAPITRE X

Injections concernant les recherches physiologiques.

J 08. Les injections que l'on pratique dans le cours des recherches physiologiques n'ont pas pour but la réplétion des vaisseaux avec la substance injectée, mais l'introduction dans le sang- d'un agent quelconque sur un animal vivant, pour étudier ses effets sur l'organisme ou pour immobiliser un animal qui doit être soumis à quelque autre expérience dénnitive(curare,morphine, etc.). L'étude do l'oppoi'tunilé ou des effets de ces injections est élrangère à notre sujet; nous indiquerons simplement ce qui a trait à Topération en elle-même, et aux précautions qu'elle exige. Ce sont, en effet, les ouvrages traitant de divers problèmes qu'aborde la physiologie expérimentale, qu'on doit consulter pour apprendre quels sont leg moyens employés pour fixer les animaux sur les tables ou autres supports appropriés aux essais que l'on veut tenter.

109. Pour injectei^ dans les vaisseaux une solution aqueuse d'un sel, on aura soin, pour éviter la coagulation du sang, d'emplover un sel alcalin ou neutre. 11 faut, en outre, que la solution soit soigneusement filtrée, et élevée à la température de l'animal en expérience. 11 en est de même encore lorsqu'on injecte deiines poussières en suspension dans un liquide, pour en suivre les mouvements dans les vaisseaux, l'action physique sur les globules blancs, etc. - telles sont les injections de carmin, de bleu de Prusse, d'aniline etc Eu injectant dans la lymphe ou dans le sang du bleu cVanabie dissous dans de l alcool et précipité par de l'eau distillée, par conséquent a état de grains extrêmement fins, suspendus dans le véhicule reltz pensait que, les molécules colorées se déposant (au dire dé olm^..) dans.et sur les éléments blancs du sang ou de la lymphe Il seiait aise de saisir la progression des leucocytes à traver le

r;in osi r; r """^^ ''^''^ ^^^'^^ ^«'-^ ^ans qui n- pas H P'™'^''"^ ^'"''^'^ des globules rouges

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^^-yo. Il conclut dP^ . '^^««^ de tension, c'est-à-dire par pression « contenu des éléments, :Z::C^Z;.^:i::^1^^^^^^

84 INJECTIONS PIIYSIOLOUIUUES.

Les grains d aniline sont susceptibles de circuler avec le sang dans les vaisseaux, mais ils n'en sortent jamais sans déchirure préalable des capillaires. . . ,

Ces moléculGS colorées ne s'infiltrent pas dans les parois des vaisseaux, comme cela devrait nécessairement arriver, s il i avaii des lacunes ou des stomates, car il est de toute évidence que les globules rouges ne passant, d'après Colmheim, que P»/" 'ixces ûe pression, il devrait en être de même des granulations bleues plus petites que les globules rouges. .^Wn^cmo Dans ces expériences, on injecte quelques div.sions de la seringue de Pravaz pleine d'eau distillée, chargée d'anilme en ^^f^^^^' comme il vient d'être dit, dans la veine tégumentaise du e^^^^^^^ des grenouilles, puis on lie le vaisseau et on remet les ammaux opérés dans l'eau pendant quelque temps. ,

Après quatre, six, huit et dix heures, on étale la langue de l an mal'd'apîés le procédé ordinaire, pour.assister aux Ph-o^ei la circulation et du début de l'inflammation. On ^«-^ ; le san.^ renferme effectivement des grams colores en assez g.andt nua^ Ué s passent dans les vaisseaux sous forme de petites poussée b'res et nullement renfermées dans l'intérieur des globule l^s ou rouges. Si la plupart de ces molécules sont pa.lai eme libres quelques-unes cependant paraissent accolées a la s n ace exten- des globules. (Voy. V. Feltz, Journal de lanaicme et de la w/iî/sio/ofyie, Paris, 1870, in-8, p. M.)

110. C'est ordinairement dans les veines que l on mjectei a s ub stances dont on veut étudier les effets sur l'animal vivant. On choie ra une veine superficielle et facilement accessible ; la jugulane a L Quelle on s'adresse de préférence, offre de ^ estoblic'é delà lier après l'opération, pour arreterl hemonha.ie ac n us e le est si pré du cœur que l'injection arrive brusquement tas 1 ore nette et le ventricule droits avant d'avoir pu se mélange u san ' ce qui expose à des accidents spéciaux, remarques par s phy^dogistes, accidents que l'on pourrait a.tribner a une intoxica-

situé:tla;éri;hérie.Lesveinessaphénesccm^

chez les animaux assez gros, comme les chiens; ^ ^ ^ ^ "^^^^

plus petils,.comme le lapin, le cobaye, etc., on injectera pai la^elne

"Coson. que nous voulions introduire dans les vaisseaux d'un

chien une solution quelconque : l'animal est solidement fixé sur une lable; on comprime la cuisse, afin de faire saillir les veines, et on ne tarde pas à reconnaître une des saphèncs; par une légère incision on met le vaisseau à nu, un aide comprime au-dessus, et les parois vasculaires étant distendues parle sang, rien n'est plus facile que d'enfoncer par un coup sec la canule en bec de flûte d'une seringue de Pravaz ou de notre seringue à crémaillère. La ponction doit êire oblique et dirigée dans le sens du cours du sang. Les seringues et la solution sont préalablement échauffées dans de l'eau tiède; cette dernière précaution est inutile si l'on fait usage d'une faible quantité de liquide.

Dès que la canule a pénétré, ce que l'on reconnaît aux mouvements de latéralité qu'elle peut exécuter dans la veine, on fait cesser la compression, etUinjection est poussée avec beaucoup de lenleur; puis on retire brusquement l'instrument, et le doigt est applique sur la plaiependant une ou deux minules. Au bout de ce temps, s'il y a encore un suintement de sang, on applique deux ou trois tours de bandé.

Lorsqu'il est nécessaire^de pratiquer plusieurs injections à des intervalles de temps convenablement espacés, il est mieux de placer dans la veine une canule à demeure. Pour cela, le vaisseau est mis à découvert; on porte une ligature du côté des capillaires et une pince à pression continue .du côté opposée; la canule est fixée entre la ligature et la pince à pression continue. Lorsque tout est prêt, on remplit la canule d'eau pour éviter la pénétration de l'air, la seringue est mise en place, et, après avoir ôté la pince à pression, on pousse l'injection avec lenteur.

Des gaz sont introduits volontairement dans les veines en diverses circonstances : tantôt on injecte de l'air pour tuer brusquement un ammal ; on doit alors pousser l'air rapidement. D'autres fois on cherche à étudier l'influence de certains gaz sur le sang ou les tissus, sans déterminer immédiatement la mort; on agit alors d autant plus lentement que le gaz est aborbé plus difficilement, et on peut, avec de la patience, en faire pénétrer de grandes quantités. Ll. Bernard a injecté 152 centimètres cubes d'acide carbonique sur un chien; c est ce même gaz que Brown-Séquard a chassé dans les artères pour quelques recherches spéciales.

m. Pour les artères, la méthode opératoire présente diverses particularités; 1 injection sera poussée tantôt vers les capillaires, tantôt vers le cœur; dans les deux cas on fixera la canule comme

pour une injection anatomique, après avoir lié le vaisseau d'un côté et placé cie l'autre une pince à pression continue et un fil d'attente qui est serré autour de l'artère dès que la quantité voulue de substance a pénétré. Il est rare que l'on ait à chasser l'injection du côté du cœur ;. cependant il peut être utile de faire arriver directement dans l'aorte quelque substance ; on place alors la canule sur la carotide primitive et on injecte avec force du côté de l'aorte. 11 est préférable dans ce cas d'introduire une longue canule flexible, une sonde en gomme par la carotide jusqu'à l'aorte. On peut se servir également de la sonde pour introduire directement des liquides ou des gaz dans le cœur droit par la veine jugulaire.

112. Les liquides et les gaz ne sont pas seuls employés dans ces sortes d'expériences. Pour oblitérer des vaisseaux et produire artificiellement le phénomène de l'embolie on a injecté des substances solides qui étaient entraînées par la circulation. Flourens, Cruveilhier, Prévost et Cotard ont employé dans ce but le lycopode, le mercure et les graines de tabac. Ces corps solides, le mercure excepté, sont mêlés à de l'eau et aspirés avec une seringue. Au moment de l'injection, on doit avoir soin d'agiter violemment cet instrument pour mettre en suspension les corps solides qui, sans cette précaution, iraient au fond engorger la canule s'ils sont plus lourds que l'eau, ou resteraient près du piston s'ils sont plus légers. Les canules devront être aussi grandes qu'il est possible, pour éviter l'ob- ■ struction; elles seront placées avec les précautions ordinaires dans les veines, pour déterminer les embolies des vaisseaux pulmonaires, dans le bout périphérique des artères, pour oblitérer les arténoles ou les capillaires du cerveau, de la rate, etc.

113. Dans toutes ces expériences sur l'animal vivant on pourra employer les canules ordinaires en cuivre, mais on trouve des canules en verre, à extrémité renflée, qui rendent de grands services, lorsqu'on cherche à éviter la coagulation du sang; ce qui est important quand l'injection doit se répéter plusieurs fois sur le même vaisseau, mais surtout lorsqu'on veut prendre la tension du sang dans les veines ou les artères. En ce cas, outre la précaution ordinaire de remplir d'une solution alcaline la canule et le tube qui la fixe au manomètre, il peut être avantageux, principalement pour les chiens dont le sang se coagule très-vite, de soumettre les ammaux a un régime alcalin deux ou trois jours avant l'expérience.

Les physiologistes ont aussi quelquefois à faire des injections dans la trachée; pour cela on emploie une seringue munie

d'une canulo piquante un peu grosse, on ponctionne d'un seul coup et un peu obliquement les tégumenis et la trachée maintenue immobile entre deux doigis.

Quant aux injections dans les conduits glandulaires, dans les cavités splanclmiques, dans l'épaisseur des tissus des animaux vivants, elles n'offrent rien de particulier à noter pour la manœuvre opératoire.

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