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ART. IV. — DES DOUBLETS

142 Les doublets sont formés de deux lentilles piano-convexes ■ tournées dans le même sens, la face convexe du côté de 1 œil ou en haut, la face plane du côté de l'objet ou en bas. Ces deux lentilles ne sont pas de même largeur, la plus large, qui a la longuem focale la plus grande, est placée en bas ; la plus étroite est en haut.

La monture de chaque doublet se compose de tiDis pièces; 1 une, ■ inférieure (pl. U, fig- 4), est un court cylindre creivx a a, ouvert en haut et en bas. De ce côté il porte la lentille inférieure ; il est im peu conique et s'engage à frottement ou par un ou deux tours de vis dans l'anneau du porte-doublet (pl. U, Hg. 2 bur son ouver^

TIIÉOIIIE DES DOUBLETS. 115

lure siipérieiire se visse la pièce oculaire b h du doublet (pl. Il, fig. 4). Celle-ci est évasée et noircie du côté de l'œil , de manière à le garantir, pendant la dissection, de toute lumière étrangère, qu i serait très-fatigante pour l'observateur. Elle porte la petite lentille ou lentille supérieure de l'appareil. En outre, un diapbragme circulaire ec est vissé à cette pièce, de manière à être interposé aux deux lentilles et à supprimer les rayons périphériques, ce qui diini- • nue beaucoup l'aberration de sphéricité.

145. Le doublet a été imaginé par Wollaston, en novembre 1820. Son doublet se composait de deux lentilles plaiTO-bonvexes dont les deux faces planes étaient tournées vers l'objet.L'idée de sa construction lui fut suggérée par l'examen des oculaires astronomiques ' . d'iluyghens, et il résolut d'appliquer au microscope la même combinaison en sens inverse, afin d'éviter les aberrations de sphéricité et de réfrangibilité.

La monture de son doublet était constrùite de manière à faire varier l'écartenient des lentilles, afin de les amener à produire le meilleur effet possible.

Mais leur écartement plus ou moins considérable devenait un obstacle très-grand lorsqu'il s'agissait de faire des dissections. Le foyer se trouvant très-rapproché des lentilles, il était impossible de faire agir les instruments et d'employer de foris grossissements. Ce fut 10 ans plus tard que Charles Chevalier, profitant de l'idée cfe Wollaston, construisit son doublet, qui, en conservant les avantages sus-indiqués, remédie aux défauts que j'ai signalés. Ce doublet se compose de deux verres piano-convexes, l'un très-large, placé du côté de l'objet, l'autre plus petit, et supérieur.

Les deux faces planes sont tournées aussi vers l'objet ; entre les deux lentilles fixées dans leurs inontures, se trouve un diaphragme dont l'ouverture varie suivant le foyer du doublet. La disposition de ce doublet permet de laisser entre lui et l'objet une distance assez grande pour faire agir les instruments de dissection, les verres peuvent se-déraonter, afin de les nettoyer, et l'on peu! ainsi dédoubler son grossissement en n'employant que la lentille supérieure.

Théorie du doublet.

144. Les doublets sont construits d'après les principes suivants, démontres expérmienlalement et théoriquement en physique. On sait, en effet, que pour des lentilles de môme longueur locale, j aberration de sphéricité est plus grande, et par conséquent la

TIlÈOniE BBS DOUBLETS

laro-eur du champ de vision distincte moindre pour mie lenlille Wcfnle eue poSr une tenti.le p.ano-conve.e, -cvant par ^^^^^^^ plane un faisceau de rayons parallé es. On a ^'''^'^^'IT^U-

On peut voir (iig. 4U) quo, quoi cnlipririlé ,u'on aurait superposées pottr dimmuer 1 aberra . n ^ "'^ elles agissent, quant au pouvoir amplifiant et » f»'™ '"^,.^^

d'une seule '^'^f^XH Z^..^^,, ensemble. Le doublet n'est ;Sri:^;:; rô::: ^-proprement paner. ,u'un microsco,pe

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une image c v reportée à une ceitaine distance avec lar grandeur a b . Mais si au lieu de laisser les rayons réfractés par cette loupe se croiser en o', on les reçoit avant cet entrecroisement en 3 /i, à l'aide d'une autre loupe d'un foyer plus court que la première, on forcera les rayons a converger beaucoup plus encore qu'auparavant. Ils s'entre-croiseront en 0, de manière à aller former sur - ....... la rétine une image r s beaucoup plus

grande que c et reportée à une cerUine ^^^J:^

on augmente la -^re^ l-^^-^^I ^ le pouvoir amplifiant devient considérable , -^^^^ ,es d/lumière, et le cbamp du microscope

loupes. Néanmoins, comme on 1 a vu plus ^^^^ les

!:onture sont bien préférables aux ^^^^^^^^^...^^on, lentilles sont sirapk's et biconvexes, ce qui uitia,

LOUPES DE CIIEYALTER ET DE DRDCKE. 117

d'aberration de sphéricité et on limite considérablement l'emploi. L'usage des doublets de 3 millimètres de longueur focale, et au delà, est encore très-commode ; mais au-dessus ils deviennent trèsfatigants pour les yeux.

On peut, pour les doublets comme pour les loupes simples, calculer très-approximalivement le pouvoir amplifiant, en cherchant combien de fois leur longueur focale est contenue dans la distance de la vision distincte. Mais le chiffre obtenu de cette manière est trop considérable, en vertu d'un phénomène visuel qui sera exposé au chapitre du microscope composé proprement dit.

Loupes de Chevalier et de Brilcke.

446. Dans l'emploi de certains grossissements avec les loupes et les doublets, la lentille se trouve trop près de l'objet. Le moyen de remédier à cet inconvénient a été indiqué par Charles Chevalier. Dans son Manuel du micrographe (1839), il s'exprime ainsi h ce sujet : a J'ai imaginé, en 1835, de placer au-dessus du doublet une lentille achromatique concave que j'avais faite en 1827, et qui peut s'en éloigner ou s'en rapprocher à volonté ; l'effet de cette combinaison est d'augmenter le grossissement et de reculer le foyer. Ainsi disposé, cet instrument sera le plus puissant de tous les microscopes simples, et cependant l'espace destiné au passage des scalpels, pointes, etc., sera plus considérable que si l'on faisait usage du doublet seul. Plus le verre concave sera éloigné de ce dernier, plus le grossissement sera fort; cette puissance sera également en raison directe de la concavité. »

Cette combinaison, appliquée aux loupes qui servent à l'examen des yeux, de la peau, procure des doublets permettant d'examiner les objets en laissant entre eux et l'instrument une certaine distance mdispensable dans ce cas. C'est cette idée qui a présidé à la construction de la loupe de Brûcke.

147. Cette loupe, qui rend de fréquents services (fîg. 41) par son foyer très-long, est fondée sur le principe de la construction de la lunette de Galilée, c'est-à-dire formée d'un objectif achromatique convexe et d'un oculaire concave; l'objectif est composé de façon que 1 amplification est bien supérieure à ce qu'on obtient habituellement dans les lunettes de spectacle. Le foyer est d'environ 6 centimètres, et le grossissement varie entre 3 et 8 fois. Ce dernier est obtenu par l'allongement du tube de la lunette, ce qui produit un plus grand écartement entre l'objectif et l'oculaire, et

^.jjj DES l'OIlTE-LOUPES.

augmente le grossissement sans modifier d'une manière nuisible le foyer lolal. (V. Nacliet, Comptes rendus des séances de r Académie des sciences, Paris, 1844, t. XYUI, p. 592.)

Cette loupe peut être mise à la place du corps dans la monture des microscopes composés ce qui permet de s'en servir pour disséquer ou chercher de petits objets parmi les autres. On peirt aussi adapter cet instrument au microscope simple ou au porteloupe, et avoir environ de 3 à 8 centimètres de dis- ..^ tance entre l'objet et l'objectif.

Pi„ ^1 Pour l'examen des yeux et de la peau, en rai-

Loupe'ïeBriicke. g^j^ grossissement et de la longueur du foyer, les médecins l'utilisent souvent.

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