SENSATIONS FOURNIES PAR LE PALPER QUAND LE FOETUS EST MORT ET MACÉRÉ
Lorsqu’un fœtus meurt dans la cavité utérine, il subit des. modifications ou plutôt des transformations d’autant plus accusées qu’il séjourne plus longtemps. Tous ses tissus se ramollissent, toutes ses formes disparaissent ; il n’y a plus là d’ovoïde fœtal, mais bien une masse inerte et bientôt informe. Aussi les sensations qu’on éprouve en pratiquant le palper dans ces conditions sont-elles toutes différentes de celles qu’on constate quand le fœtus est vivant. Mais pour qu’il y ait une différence sensible et bien appréciable, il est nécessaire que la mort remonte au moins à huit jours avant l’examen. C’est du moins ce qui résulte de deux observations dans lesquelles j’ai pu noter le jour de la mort du fœtus et pratiquer le palper tous les jours jusqu’au moment de l’expulsion qui
eut lieu, dans le 1er cas le 16e jour, dans le 2e le 23e jour.
Dans les premiers jours qui suivent la mort, les sensations sont presque les mêmes, surtout quand le fœtus est accommodé, c’est-à-dire quand la tête plonge dans l’excavation. La résistance céphalique est nettement perçue et se maintient avec ses caractères pendant 5 à 6 jours. Quant à l’extrémité pelvienne, ses changements propres s’accusent peu, mais il devient de plus en plus facile de la déplacer enfin, elle semble se rapprocher de l’extrémité céphalique, le tronc s’incurvant ou plutôt s’affaissant sur lui-même. Quand, au contraire, la mort a précédé l’accommodation, quelques jours après on trouve la masse fœtale occupant le grand bassin, se massant, se tassant de plus en plus au niveau du segment inférieur de l’utérus.
Aussi, en pratiquant le palper dans ces circonstances, n’éprouve-t-on qu’une résistance à peine accusée au niveau de l’excavation; en déprimant le segment inférieur de l’utérus, la sensation perçue est la même.
Au contraire, dans la région supérieure, on perçoit la résistance très-nette du liquide amniotique.
Une ligne presque franchement horizontale sépare nettement la région au niveau de laquelle on ne trouve qu’une résistance molle, que de l’empâtement, de celle où se trouve la fluctuation normale.