Maillot, Traité des fièvres intermittentes, Paris
3. Durand de Lcnel, Traité dogmatique et pratique des fièvres intermittentes, Paris, 1862.
4. L. Layehax, art. Algérie du Diction, encyclop. des se. méd. — Chassagne, Rec. mém. de méd. milit., 3^ série, t. VII, p. 487.
14 ÉÏIOLOGIE
En Tunisie, au Maroc, dans la régence de Tripoli l'endémie palustre est assez répandue, mais j)eu grave en général.
D'après W. Groff, le mot Aat qui se trouve dans les inscriptions du temple de Denderah et dans d'autres inscriptions de la même époque désigne une maladie reparaissant tous les ans, aux mêmes saisons, qui n'est autre que le paludisme ^ L'existence des fièvres palustres en Egypte serait donc très ancienne.
Les fièvres sont endémiques sur le littoral de l'Eg-ypte et dans une grande partie du delta (Pruner, Griesinger) ; elles régnent quelquefois dans la moyenne Egypte, spécialement au Caire.
Depuis qu'on a approvisionné d'eau Ismaïliah, on y observe des fièvres palustres \
Les fièvres autrefois très rares à Aden y sont devenues aussi très communes dans ces dernières années ^
En Abyssinie, en Nubie, le paludisme règne dans les parties basses, dans les vallées; il disparaît sur les plateaux *.
Au pied du versant septentrional du plateau d'Abyssinie, l'eau des torrents, ne trouvant pas une pente suffisante, forme d'immenses marais couverts d'une végétation luxuriante; cette zone, connue sous le nom de Kollas, est extrêmement insalubre; plusieurs affluents du Nil y prennent naissance.
La côte occidentale d'Afrique est très insalubre depuis la Sénégambie jusqu'au Congo ^
Au Sénégal les fièvres palustres fournissent tantôt la moitié, tantôt les trois quarts du chiffre des malades.
Pendant la saison des pluies, de juin à novembre, les crues du fleuve Sénégal atteignent 8 à 10 m. ; les régions voisines sont inondées et se dessèchent ensuite plus ou moins complètement; le bas
1. Kaufma^-x, Présence de la plasmodie de la malaria dans les cas d'impaludisme observés en Egypte. Le Caire, 1894.
2. On a vu de même apparaître le paludisme dans les oasis de l'Algérie où l'on avait creusé de nombreux puits.
3. J.-\V.-H. Flaxagan, La malaria à Aden. Brit. med. Journ., 21 nov. 1896.
4. Cu. Blanc, Notes médicales recueillies pendant un voyage en Abyssinie, Gaz. hebdom. de méd. et de chir., 1874.
5. BoRius, Quelques consid. sur le poste de Dagana, Sénégal, Th. Montpellier, 1864. — DuDOx, Notes et observ. sur les afFect. palud. de la côte occidentale d'Afrique, Th. Paris, 1869. — Roovier, Observ. sur les fièvres du Gabon, Th. Montpellier, 1870. — ■ Doué, Des fièvres de la côte occidentale d'Afrique, Th. Montpellier, 1872. — Mathis, Fièvres endémiques du Gabon, Th. Montpellier, 1873. — Bérenger Féraud, Traité clin, des malad. des Européens au Sénégal, 1875. — A. Borius, Rech. sur le climat du Sénégal, 1875, et art. Sénégambie du Diction, encyclop. des se. méd. — Hébrard, Côte d'Ivoire, Arch. de méd. nav., 1897. — Consulter en outre Dutroulau et les auteurs qui ont écrit sur la fièvre bilieuse hématurique si commune sur la côte occidentale d'Afrique.
Sénégal, formé en grande partie de terrains d'alluvions, est semé de bas-fonds ou marigots qui ne se dessèchent pas quand le fleuve rentre dans son lit et qui constituent des marais d'une insalubrité notoire.
En Sénégambie on observe toutes les formes de l'infection palustre. Parmi les intermittentes les types les plus communs sont, d'après Borius, le type tierce chez les indigènes et le type quotidien chez les Européens \ Le type quarte est très rare. La fièvre pernicieuse, qui est commune, peut revêtir les différentes formes décrites par les auteurs, mais la bilieuse hémoglobinurique est la forme dominante.
Aux Canaries les fièvres palustres sont très rares -. A Sainte- Hélène ceux qui ont des accès de fièvre les ont contractés presque toujours sur la côte d'Afrique ^
Sur la côte sud-est, Madagascar, Mayotte, le Zanzibar, l'embouchure du Zambèze sont des foyers de paltidisme très redoutables \
A Mayotte (Gomores), l'endémie palustre absorbe toute la pathologie, personne n'y échappe et l'on est obligé de renouveler la garnison tous les ans. Nossi-Bé est aussi insalubre que Mayotte. La cachexie palustre est le partage de tous ceux qui ont résisté à la fièvre pernicieuse ou qui n'ont eu que des fièvres simples (Daullé.
DuTROULAU).
A Nossi-Bé, en 1880, le D' Guiol constatait une mortalité annuelle de 89 pour 1000 dans la population civile et de 75 pour 1000 dans la population militaire. La proportion des décès est à peu près la même à Mayotte et les deux tiers des décès sont imputables aux fièvres palustres.
Les expéditions de 1884-1885 et de 1895 à Madagascar ont été signalées par de graves épidémies de fièvres palustres. Pendant la dernière expédition nous avons perdu un homme sur quatre ; en
1. A. Borius, art. Séjvégambie du Diction, encyclop. des se. méd.
2. Le Roy de Méricourt, art. Canaries (Iles) du Dict. encjjclop. des se. méd.
3. E. Brousmiche, Sainte-Hélène. Arch. de med. naw., janv. 18S7.
4. Daullé, Cinq années d'observ. méd. à Madagascar, Th. Paris, 1857. — Grexet, Souvenirs médicaux de quatre années à Mayotte, Th. Montpellier, 1866. — Pallier, Des fièvres palustres observées à Madagascar, Th. Paris, 1886. — Le Pord, Notes sur la fièvre palud. à Sainte-Marie de Madagascar, Th. Lyon, 1886. — Ségard, La Creuse à Madagascar (Tamatave) de 1883 à 1885. Arch. de méd. vav., 1886. — A. Cartier, Diego Suarez, même Rec, 1888. — Villette. Le paludisme à Madagascar, Acad. de méd., 16 oct. 1894. — Quexnec, Topogr. méd. de Majunga. ylrc/i. de méd. nav., août 189o. — Jean Lémure, Les causes de la mortalité pendant l'expéd. de Madagascar. Ann. d'hyg. publ., 1896. — Vincent et Burot, Le paludisme à Madagascar. Acad. de méd., 1 avril 1896, et Revue scientifique, 18 juillet 1896.
i6 ÉTIOLOGIE
dix mois le quart de reffectif est mort, soit 6000 liommes, et sur trois hommes rapatriés deux étaient malades ^
C'est la région basse et marécageuse des côtes qui est la plus insalubre à Madagascar; à la côte ouest il faut parcourir plus de 200 km. pour sortir de la zone marécageuse. Sur la côte est la zone dangereuse est moins étendue parce que les premiers contreforts du plateau central sont plus rapprochés de la mer; par la route de Tamatave on peut donc sortir plus vite des régions marécageuses que par la route de Majunga, qui malheureusement fut ■choisie en 1895.
Quelques points de la côte sont relativement salubres parce -qu'ils sont montagneux comme Nossi-Comba dans le nord-ouest.
Il est fréquent d'observer la fièvre après l'arrivée sur le plateau de l'Imérina, mais il s'agit souvent alors de fièvres qui ont été contractées pendant le parcours des zones marécageuses '.
Certaines localités au voisina2:e de Tananarive sont insalubres et à Tananarive même on prend quelquefois la fièvre, mais cela n'infirme pas la règle que les fièvres sont rares sur le plateau •central.
Tous les types de fièvre s'observent à Madagascar : quotidienne, tierce, quarte, continue ou rémittente; l'accès bilieux simple ou hémoglobinurique est fréquent. Chez les nouveaux arrivés la fièvre a, en général, le caractère continu ou rémittent; plus tard elle prend le type intermittent.
nSO cas de paludisme observés par M. le D'' Malinas au sanatorium de Nossi-Comba (Madagascar) se répartissent comme il suit ^ :
Fièvres intermittentes 1 352 cas.
— rémittentes 84 —
— continues et typho-malariennes 50 —
Cachexie palustre .■ . 253 —
Accès pernicieux 11 —
Les fièvres intermittentes étaient :
Quotidiennes au début dans 1 137 cas.
Tierces — 17 —
Quartes — 3 —