Arch. de méd. nav., 1897, p
3. Bailly, Traité des fièvres intermit., p. 207. — Monfalcoa', Histoire méd. des marais, 1826, p. 452. — L. Colin, Traité des fièvres intermit., p. 291.
4. Gatteloup, De la pneumonie d'Afrique, Rec. mém. de méd. milit., 1853. — Frison, De la fièvre rémittente pneumonique, Même rec, août 1866. — Du même.
'2i8 FORMES CLINIQUES
a. Pneumonie aiguë. — La pneumonie aiguë peut se produire dans le cours des manifestations aiguës du paludisme, plus souvent on Fobserve chez des individus affaiblis, anémiés par les fièvres.
Lorsque la pneumonie aiguë s'attaque à des individus impaludés depuis peu et encore vigoureux, elle évolue avec ses caractères classiques : fièvre vive, point de côté, expectoration rouillée caractéristique; les signes physiques sont nets : matité, souffle tubaire, râles crépitants, etc. La pneumonie a seulement de la tendance à passer à la troisième période, dite d'hépatisation grise, et son pronostic est, par suite, beaucoup plus grave que celui de la pneumonie ordinaire de l'adulte.
Lorsque la pneumonie aiguë se produit chez des cachectiques ou chez des sujets qui, sans être encore cachectiques, sont anémiés et affaiblis par une ou plusieurs atteintes de fièvre, elle présente souvent des caractères particuliers, qui ont été très bien étudiés par Catteloup.
Le frisson initial, le point de côté, les crachats rouilles peuvent manquer; l'examen physique de la poitrine révèle seul l'existence d'une pneumonie ; on trouve au niveau des parties hépatisées : de la matité, un bruit de souffle moins fort en général, moins éclatant que le souffle tubaire de la pneumonie aiguë lobaire franche et des râles crépitants ou sous-crépitants.
C'est, en somme, le tableau de la pneumonie des vieillards, et on comprend que la cachexie palustre ait, sur l'évolution de la pneumonie, la même influence que la cachexie sénile.
J'ai constaté plusieurs fois que la pneumonie des cachectiques avait une durée plus longue que la pneumonie lobaire franche et que la résolution se faisait avec une grande lenteur.
Chez un militaire fortement anémié, débilité par les fièvres, qui, dans cet état, fut pris d'une pneumonie du côté gauche, la défervescence ne se fit qu'au dixième jour, et la résolution des exsudais mit 17 jours à se faire; alors que la fièvre était tombée depuis
Des manifestations variées du paludisme au point de vue de l'étiologie, Même rec, 1870. — Gras, Fièvre pernicieuse pneumonique, Arch. de méd. nav., 1864. — Corni- BERT, Essai sur la fièvre pernicieuse pneumonique, Th. Paris, 1872. — Armaingaud, Pneumonies et fièvres intermittentes pneumoniques, Bordeaux, 1872. — Gr.ASSET, Th. Montpellier, 1873. — Estrade, Gontrib. à l'étude de la fièvre palustre à détermination pneumonique, Th. Bordeaux, 1888-1889. — Grasset, Sur les lièvres pneumoniques, Montpellier méd., janv. et févr. 1887. ■ — Hadji-Costa, Pneumonies postpaludéennes, Revue de médecine, 1891. — Geageu, Th. Paris, 1895.
8 jours, on entendait encore dans toute la hauteur du côté gauche, en arrière, du souffle et des râles crépitants ^
Les lésions de la pneumonie des cachectiques diffèrent notablement de celles de la pneumonie lobaire aiguë franche (V. Ch. vin).
L'inflammation peut aboutir rapidement à Fhépatisation.
b. Des formes décrites sous les noms de pneumonie intermittente, rémittente pneumonique, fièvre pernicieuse pneumoni que . — D'après quelques observateurs, la pneumonie ne serait pas seulement une complication se produisant dans le paludisme au même titre que dans d'autres maladies; elle pourrait se développer sous l'action directe du paludisme et il y aurait lieu d'admettre : une pneumonie palustre intermittente, une fièvre rémittente pneumonique et même une fièvre pernicieuse pneumonique.
Il est incontestable que la présence des éléments parasitaires dans le sang peut, chez les malades atteints de paludisme, jouer un rôle important dans la pathogénie des inflammations du poumon, comme dans celle des inflammations de la rate, du foie et des reins; mais, chez ces malades, la pneumonie ne se produit jamais isolément, elle vient se greffer sur un état morbide antérieur : fièvre intermittente ou continue palustre, cachexie palustre; de plus elle n'est pas justiciable de la quinine, et une fois développée, son évolution est indépendante de celle de la fièvre palustre.
J'ai constaté plusieurs fois, chez des cachectiques palustres atteints de pneumonie aiguë, qu'il n'y avait pas d'éléments parasitaires dans le sang, pendant l'évolution de la pneumonie.
Enfin il résulte des recherches de Baccelli, de Bignami, de Guarnieri et d'Ascoli^ que, quand le paludisme se complique de pneumonie, on trouve constamment des pneumocoques dans les crachats.
Chez certains malades atteints de fièvre intermittente on observe, à chaque accès, une congestion pulmonaire qui s'accompagne de boufl'ées de râles sous-crépitants, ce qui a pu faire croire à l'existence d'une intermittente pneumonique.
En dehors du paludisme on observe d'ailleurs des pneumonies qui procèdent par poussées successives, avec intermittences dans le processus fébrile ^