‹ Traité du paludisme (volume 2)Chapitre 119 sur 251 · Observ. LU de mon Traité des fièvres palustres · texte numérisé non relu

Observ. LU de mon Traité des fièvres palustres

2. Bignami, Rech. sur l'anat. pathoL des fièvres pernic. Acad. de méd. de Rome, 1890. — AscoLi, Suir utilita dell' esame del sangue nella diagnosi di malaria, Roma, 1892.

3. Jaccoud, Pneumonie à reprise, Leçons de clin. méd. de la Pitié, 1884-1885, p. G37. — Bekthami, Des anomalies du type fébrile dans la pneumonie fibrineuse, Revue de méd., 10 juillet 1889. — Andrew Clark, Progrès méd., 1885, p. ôfil.

c. Pneumonie chronique. — La pneumonie chronique vraie ou cirrhose puhïionaire n'est pas rare chez les cachectiques palustres ^

La pneumonie chronique évolue lentement et donne lieu à des symptômes qui rappellent, de très près, ceux de la phtisie pulmonaire; il existe des dilatations bronchiques qui simulent très bien les cavernes tuberculeuses, des hémoptysies, de la fièvre hectique.

Dans la pneumonie chronique la localisation aux sommets est moins marquée que dans la tuberculose; encore, M. le D'' de Brun admet-il que la pneumonie chronique palustre se localise souvent sur les sommets.

Pour ce diagnostic différentiel il faut tenir compte des antécédents morbides, de l'état général, et surtout des données fournies par l'exploration de la rate et par l'examen des crachats et du sang.

Le tuberculeux présente rarement les signes de la cachexie palustre, sa rate n'est pas hypertrophiée et l'examen des crachats révèle la présence des bacilles de Koch.

Chez les sujets atteints de pneumonie chronique d'origine palustre, la rate est augmentée de volume, les crachats ne^ renferment pas de bacilles de Koch et, si le malade a une rechute de fièvre intermittente, on constate la présence de l'hématozoaire du paludisme.

d. Pleurésie. — La pleurésie est une complication rare du paludisme.

M. le D"" Raymond a appelé l'attention sur les pleurésies de la base gauche qui, d'après lui, seraient communes chez les palustres, à grosses rates; ces pleurésies, d'ordinaire sèches, se révéleraient par l'existence de frottements pleuraux à la base de la poitrine, du côté gauche ^

M. le D'' Raymond suppose que les douleurs qui existent souvent chez les palustres au niveau de l'hyjîocondre gauche doivent être attribuées à la pleurésie de la base ; il n'est pas douteux que ces douleurs relèvent, en général, de la périsplénite que l'on constate presque toujours à l'autopsie des anciens palustres, tandis que les. plèvres sont à l'état sain.

1. Hescul, Ueber Lungen Induralion, Prag. Vierldj., 1856. — A. Laviîran, Soc. méd. des hôp., 26 déc. 1879. — Lancereaux, Du paludisme, Bulletin médical^ 1891,. p. 959. — DuBEK, Pseudo-tuberculose d'origine palud., Th. Lyon, 1894. — De Brun, l^neumo-paludisme du sommet, Acad. de méd., 29 janv. 1895, et Revue de médecine, p. 361. — H.vMEUx, Élude sur le pneumo-paludisme, Th. Paris, 1896.

2. Raymond, Pleurésie de la base gauche chez les paludéens à grosse rate, Th^ Montpellier, 1895-1896.

F. CoMPLicATio>'s DU COTÉ DU CŒUR ET DES VAISSEAUX '. — a. Endocardite. — Duroziez a réuni 20 observations d'endocardite ciiez des palustres et il a admis, en s'appuyant sur ces faits, qu'il existait une relation étiologique entre l'endocardite et le paludisme.

M. le D'" E. Lancereaux a décrit une endocardite végétante et ulcéreuse d'origine palustre, dont le sièg-e d'élection serait sur les A^alvules de l'aorte ^

Les faits cités par Duroziez pour démontrer que l'endocardite peut être d'orig-ine palustre sont bien peu nombreux, surtout quand on songe que Duroziez était un spécialiste pour les maladies du cœur et que le paludisme est une des maladies les plus répandues à la surface du globe, une de celles qu'on note le plus souvent dans les antécédents morbides des malades. Ajoutons que le paludisme remontait souvent, chez les malades de Duroziez, à une époque antérieure de beaucoup à l'apparition de l'endocardite (18 ans chez un malade) et que, dans bon nombre de cas, d'autres causes telles que l'alcoolisme pouvaient être invoquées.

Dans la plupart des faits de M. Lancereaux la fièvre palustre était g-uérie depuis longtemps lorsque se montrèrent les symptômes de l'endocardite ulcéreuse. La cachexie palustre doit d'ailleurs fig'urer parmi les causes prédisposantes de l'endocardite ulcéreuse, mais seulement au même titre que les autres causes débilitantes.

Les auteurs qui ont observé en pays palustre, ou bien ne parlent pas des lésions de l'endocarde, ou bien signalent expressément, comme fait Dutroulau, l'absence de ces lésions.

Pendant les cinq années que j'ai passées en Alg-érie je n'ai rencontré qu'une fois, sur le cadavre, une altération de l'endocarde coïncidant avec les lésions caractéristiques du paludisme et il s'agissait d'une altération ancienne, avec dépôts calcaires au niveau des valvules sigmoïdes de l'aorte, évidemment antérieure à l'invasion du paludisme.

1. Duroziez, Gaz. des hôp., 1870. — • Lancereaux, Archives gén. de méd., 1873, t. XXI, p. 672. — BuRDEL, De la névrose cardiaque d'origine palud., Acad. de méd., 6 avril 187o. — P.auzier, De certaines localisations cardiaques de l'impaludisme aigu, Revue de méd., 1890, p. 486. — Sarajuto, Cardiopathies palustres, Tli. Montpellier, 1892. — • lIucHARD, Traité clin, des malad. du cœur et des vaisseaux, Paris, 1893. — Lancereaux, Angine de poitrine paludique, Acad. de méd., 17 juillet 1894. — G. Dock, Endocardite et fièvre intermittente, The Boito?i med. and chirurg., Journ., 1895, t. II, p. 457.

2. M. Lancereaux a trouvé au niveau des ulcérations de l'endocarde des granulations et des bâtonnets qui évidemment n'ont rien de commun avec l'hématozoaire du paludisme.

L'examen du cœur fait sur les malades atteints des différentes formes du paludisme ne m'a jamais révélé les signes d'une endocardite.

h. Hyper Irophie- du cœur, dilatation. — On observe assez souvent, chez les individus qui succombent à la cachexie palustre, une légère hypertrophie du cœur qui paraît se rattacher aux lésions phlegmasiques des viscères abdominaux et notamment à la sclérose des reins*.

c. Endartérite. Aortite. Angine de poitrine. — MM. Lancereaux et Huchard admettent qu'il existe des endartérites d'origine palustre. D'après M. E. Lancereaux l'aortite palustre, très différente de l'artério-sclérose vulgaire, se localise sur la tunique externe de l'aorte, et produit souvent une irritation du plexus cardiaque avec les accidents de l'angine de poitrine ^

M. le D' H. Huchard pense qu'il y a des aortites chroniques palustres et par suite des anévrysmes de l'aorte, des rétrécissements et des insuffisances aortiques d'origine palustre ^ Lorsque les plaques d'endartérite siègent au niveau des coronaires, l'angine de poitrine est la conséquence de la lésion.

M. le D^'Miron Ségalea a observé, chez un individu mort d'angine de poitrine, une ^névrite du plexus cardiaque qui lui a paru être d'origine palustre; la rate était volumineuse.

Dans 5 autres cas d'angine de poitrine le même observateur a employé avec succès le sulfate de quinine et l'hydrothérapie ^

A propos des fièvres larvées j'ai eu l'occasion de citer déjà un cas d'angine de poitrine d'origine palustre d'après Koundrioutzkoff (p. 204).

Je dirai de l'aortite et de l'angine de poitrine attribuées au paludisme, ce que j'ai dit de l'endocardite : s'il existait une relation étiologique entre l'aortite, l'angine de poitrine et le paludisme, les médecins qui observent dans les pays palustres auraient de fréquentes occasions d'observer ces complications, ce qui n'est pas ^ Des accidents aussi graves que ceux de l'angine de poitrine ne sauraient passer inaperçus. La fréquence du paludisme explique

■1. Kelsch et KiENEK, Traité des malacl. des pays chauds, p. 572. L'hypertrophie cardiaque avait été déjà signalée par E. Collin, Rec. rném. du méd. milit., 2" série, t. IV.

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