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L. Colin, Traité des fièvres intermittentes, p. lo

24 ÉTIOLOGIE

et, comme eux, il se réveille au commencement de l'été avec une grande régularité.

Sur le littoral de l'Algérie, à Bône, à Philippeville, la période fébrigène est un peu plus étendue qu'à Constantine.

La figure 1, empruntée à la Statistique médicale de l'armée française, donne pour 1890 la morbidité et la mortalité dues au paludisme en Algérie; on voit, au premier coup d'œil, que la morbidité, très faible en hiver, atteint son maximum aux mois d'août et de septembre et que la mortalité a son maximum au mois d'octobre, ce qui est la règle.

En Grèce l'endémo-épidémie est aussi marquée qu'en Italie et en Algérie elle se produit pendant les mois de juillet, août, septembre et octobre.

Dans les régions tropicales etjuxta-tropicales l'endémo-épidémie est moins bien limitée, mais là aussi il existe une période d'une salubrité relative.

Au Sénégal, on n'observe guère pendant les deux premiers trimestres de l'année que des rechutes ; c'est pendant les pluies et les orages du troisième trimestre que les fièvres augmentent de fréquence et c'est pendant les premières sécheresses du quatrième trimestre qui activent l'évaporation du sol, qu'elles prennent toute leur intensité \

A la Guyane, où la différence entre les saisons est moins tranchée qu'au Sénégal, les fièvres se répartissent plus également entre les quatre trimestres; mais elles sont beaucoup moins nombreuses et moins graves pendant les six mois frais que pendant les six mois de chaleur accablante entremêlée d'orages qui terminent l'année. C'est le troisième trimestre qui est le plus chargé ; de même aux Antilles ^.

L'influence de la chaleur est donc indéniable, mais cette influence n'est pas directe et il n'est pas possible d'expliquer l'apparition des fièvres par l'action seule de la chaleur comme ont essayé de le faire quelques auteurs.

On a vu plus haut qu'il existe, même dans les zones tropicales, des pays salubres à côté de pays insalubres ; en Algérie les fièvres sont beaucoup plus communes et plus graves sur le littoral que dans les oasis du Sahara où la température est cependant bien plus élevée.

- 1. DuïHouLAu, Traité des maladies des Européens dans les pays chauds, 2"- édit., Paris, 1868, p. 225.

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