DuïROULAU, op. cit., p
Dans les régions les plus chaudes du giobe les marins sont à l'abri du paludisme tant qu'ils ne descendent pas à terre.
B. Sol. Influence de la culture. — La terre est indispensable comme la chaleur au développement du paludisme.
L'immunité dont jouissent les marins à bord de leurs vaisseaux, même sur les côtes les plus insalubres, en est une preuve.
Linddans son Essai sur les maladies des Européens dans les pays chauds insiste à plusieurs reprises sur ce fait que les marins sont à l'abri du paludisme tant qu'ils ne descendent pas à terre et surtout qu'ils n'y couchent pas ; il recommande même la création de comptoirs flottants et d'hôpitaux flottants dans les pays très insalubres \
Le danger de passer la nuit à terre est si g-rand sur les côtes d'Afrique qu'on a cru pendant longtemps que les Européens qui passaient la nuit à terre sur ces côtes étaient empoisonnés par les nègres (Lind, op. cit., t. I, p. 300).
Pring'le constate aussi la préservation dont jouissent les marins.
En 1747 l'armée anglaise qui faisait campagne dans les Pays- Bas fut éprouvée par les fièvres palustres à ce point que quelques bataillons étaient réduits au septième de leur effectif; cependant l'escadre qui était à l'ancre dans un canal, entre Zuit-Beveland et l'île de Walcheren, fut complètement préservée ; preuve, dit Pring'le, que l'air humide et putride des marais était dissipé ou du moins corrigé avant que d'arriver aux navires ^
Il serait facile de citer de nombreux faits à l'appui de ceux qui sont rapportés par Lind et par Pringle, je me contenterai d'emprunter à MM. Yincent et Burot l'exemple suivant qui est des plus probants.
A Madagascar en 1895, pendant que la plupart des soldats du corps expéditionnaire contractaient la fièvre, les marins des bâtiments de l'Etat ou du commerce, malgré de grandes fatigues, demeuraient indemnes; certains navires sont restés pendant six mois au mouillage de Majunga à 300 m. à peine du rivage et les équipages n'ont pas souffert des fièvres, la morbidité était la même que sur les côtes de France ; il n'y avait d'exception que pour les hommes envoyés dans la rivière et obligés de coucher à terre ^
1. Lind, Essai sur les malacl. des Européens dans les pays chauds. Traduct. de Thion de la Chaume, Paris, 1785, t. I, p. 22b et 253.
2. Prixgle, Observ. sur les maladies des armées, Londres, 1752. Trad. fr. Encyclopédie des se. méd., p. 33.