‹ Traité du paludisme (volume 2)Chapitre 128 sur 251 · Obs. LVI de mon Traité des fièvres palustres · texte numérisé non relu

Obs. LVI de mon Traité des fièvres palustres

2. GiLMAN Thompson, Notes sur les organismes de la malaria dans leurs rapports avec la fièvre typhoïde, Americ. Journ. of mecl. se, 1894. — H. Vincent. Acad. de méd., 29 oct. 1895, et Mercredi médical, 4 déc. 1895.

3. Baccelli, Subcontinua tifoïdea, Roma, 1876. — Ascoli, SuU'utilita dell' esame del sangue nella diagnosi di malaria, Roma, 1892.

typhoïde sont, en Algérie, à très peu près les mêmes qu'en France ; il est à noter seulement que, pendant la période des chaleurs, la gravité de la maladie est augmentée.

En résumé : le paludisme et la fièvre typhoïde constituent deux entités morbides bien distinctes, qui relèvent de causes différentes et qui ne peuvent pas se transformer l'une dans l'autre, mais qui coexistent souvent.

Le paludisme en diminuant la force de résistance de l'organisme joue à l'égard de la fièvre typhoïde, comme à l'égard d'autres infections, le rôle de cause prédisposante.

Le paludisme reste en général à l'état latent chez les sujets qui contractent la fièvre typhoïde.

Paludisme et fièvre récurrente. — Le D' Mamoursky a trouvé en même temps, dans le sang d'un malade, des spirilles d'Obermeyer et des hématozoaires du paludisme ; la quinine fit disparaître les hématozoaires mais non les spirilles *. Pendant la convalescence il y eut une rechute de fièvre intermittente et les microbes du paludisme reparurent dans le sang.

Paludisme et variole. — ■ J'ai observé en 1881, à l'hôpital de Constantine, plusieurs cas intérieurs de variole ou de varioloïde, chez des malades en traitement pour fièvre intermittente ; la source de la contagion n'était pas douteuse, le service des varioleux était en effet, à cette époque, très mal isolé des salles communes.

Chez plusieurs de ces malades j'avais constaté, au moment de l'entrée à l'hôpital, l'existence dans le sang des microbes du paludisme ; un nouvel examen fait pendant la fièvre d'invasion de la variole me montra que les éléments parasitaires avaient disparu ^

J'ai été frappé de la gravité de la variole dans plusieurs de ces cas. Un des malades eut des abcès sur différents points du corps, et des arthrites suppurées multiples, notamment au niveau des articulations sterno-claviculaires, qu'il fallut ouvrir. Il guérit, mais après une longue suite d'accidents qui mirent plus d'une fois sa vie en danger. Un autre malade succomba rapidement à une variole hémorragique.

Paludisme et streptococcie. Erysipèle. — Le parasite du paludisme n'entraîne jamais de suppurations par lui-même % mais il

1. Mamoursky, Medicinskoïe Obozrenié. AnaL in Méd. moderne, 15 janv. 1896.

2. Gomme ils disparaissent en général quand la fièvre typhoïde survient dans le cours du paludisme.

3. Saboïa de Rio de Janeiro a décrit des abcès froids paludéens (Soc. de chir., 8 février 1888); les microbes observés par Saboïa dans le pus n'avaient rien de

peut s'associer aux microbes de la suppuration et en particulier au streptocoque '.

L'érysipèle est une complication assez commune de la cachexie palustre ; j'ai eu l'occasion de l'observer plusieurs fois et de constater sa gravité chez les cachectiques ^.

Paludisme et tuberculose. — Ici encore nous rencontrons la doctrine de l'antagonisme.

Boudin pensait que la phtisie pulmonaire était très rare dans les localités palustres et qu'au contraire les localités dans lesquelles la phtisie était commune se faisaient remarquer par le petit nombre et le peu de gravité des fièvres intermittentes ; en d'autres termes, que la cause des fièvres palustres déterminait dans l'organisme humain une modification profonde qui le rendait réfractaire à la tuberculose ^.

Mitchell, Folley, C. Broussais et beaucoup d'autres observateurs ont constaté après Boudin que la phtisie était beaucoup plus rare en Algérie qu'en France ; Nepple a fait la même remarque pour la Bresse.

Duboué n'a jamais observé à Pau la coexistence de la tuberculose et du paludisme chez les mêmes sujets, mais il convient de remarquer que les tuberculeux qui sont à Pau ne s'exposent guère à contracter le paludisme.

E. Collin, dès 1848, et plus tard Masse ont constaté qu'il n'y avait pas antagonisme, en Algérie, entre la phtisie et le paludisme *.

La tuberculose s'observe en effet en Algérie, et parfois chez des sujets fortement entachés de paludisme, mais il est certain qu'elle y est moins fréquente qu'en France.

Pendant les années 1880, 1881 et 1882, j'ai reçu dans mon ser-

commun avec l'hématozoaire du paludisme. Les abcès musculaires qui ont été observés quelquefois chez les palustres (Piron, Th. Bordeaux, 1887) s'expliquent aussi par une association microbienne.

i. Barker, Étude sur quelques cas mortels de malaria, Baltimore, 1893.

Page 1