‹ Traité du paludisme (volume 2)Chapitre 149 sur 251 · ROLE DE LA RATE · texte numérisé non relu

ROLE DE LA RATE

Toujours c'est la rate qui contient le plus grand nombre d'éléments pigmentés et souvent on n'en trouve que dans ce viscère.

J'ai eu de fréquentes occasions de constater ce fait; j'ai pu le vérifier récemment encore, dans les circonstances suivantes : un militaire rapatrié de Madagascar a une rechute de fièvre intermittente, le sang renferme des hématozoaires et la fièvre cède à la quinine; quelque temps après le malade est apporté à l'hôpital dans un état très grave : fièvre, agitation, délire; l'examen du sang est cette fois négatif, les accidents ne cèdent pas aux injections hypodermiques de quinine et la mort arrive dans le coma. A l'autopsie, on trouve les lésions de la méningite tuberculeuse et celles du paludisme, mais ces dernières sont exactement limitées à la rate qui pèse 1 070 gr. L'examen histologique d'un frottis de la rate montre des éléments pigmentés en assez grand nombre : hématozoaires plus ou moins déformés, microphages ou macrophages contenant du pigment.

Les faits suivants prouvent également que la rate est le siège d'élection de l'hématozoaire du paludisme qui s'y conserve beaucoup mieux que dans le sang de la grande circulation et qui peut y rester pendant longtemps à l'état latent.

Chez certains malades atteints de fièvre intermittente bien caractérisée, on ne trouve, dans le sang obtenu par piqûre du doigt, que de rares hématozoaires; si, chez ces mêmes malades, on examine le sang recueilli par ponction de la rate, on y constate presque toujours des parasites en bien plus grand nombre.

La constance des lésions de la rate et leur gravité dans la cachexie palustre témoignent que la rate est lésée par le séjour prolongé des hématozoaires qui a pour effet de provoquer d'abord des congestions et ensuite les altérations de l'inflammation chronique ; si la rate fonctionnait d'après une loi physiologique, pour protéger l'organisme contre les microbes, il est vraisemblable qu'elle serait le siège, chez les anciens palustres, d'une hypertrophie vraie et non d'une inflammation chronique.

Chez les palustres, les traumatismes de la rate donnent lieu facilement à des rechutes de fièvre intermittente; le massage de la rate a été signalé comme une cause de rechute '.

Des douches froides peuvent avoir le même résultat. Lorsque, sans préparation, on donne à un malade atteint de paludisme

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