‹ Traité du paludisme (volume 2)Chapitre 161 sur 251 · ToRKES HoMEN, Arch. de mëd. nav., 1879, t. XXXI, p · texte numérisé non relu

ToRKES HoMEN, Arch. de mëd. nav., 1879, t. XXXI, p

iliaque droite; quant à l'hypersplénie, elle n'est pas toujours plus marquée dans la continue palustre, que dans la fièv^re typhoïde.

Les taches rosées lenticulaires sont caractéristiques de la fièvre typhoïde, du moins je ne les ai jamais rencontrées pour ma part dans la fièvre continue palustre, mais elles peuvent faire défaut dans les fièvres typhoïdes les plus authentiques et, d'ailleurs, elles ne se montrent que vers le huitième jour de la maladie.

L'action de la quinine fournit une donnée précieuse : si la médication quinique fait tomher la fièvre au hout de deux, trois ou quatre jours, c'est qu'il s'agissait, probablement, d'une continue palustre; si la fièvre persiste le quatrième jour, alors que le malade a déjà pris 5 à 6 gr. de quinine, on peut en conclure, presque à coup sur, qu'on a affaire à une fièvre typhoïde ou à quelque autre maladie étrangère au paludisme. Mais on ne peut faire ainsi qu'un diagnostic rétrospectif et il est évidemment à désirer que le diagnostic soit posé dès le début de la maladie.

L'examen histologique du sang rend ici les plus signalés services; j'ai diagnostiqué bien souvent ainsi des continues palustres qui avaient toutes les apparences de fièvres typhoïdes.

On pourra utiliser dans certains cas la réaction de Widal ', mais comme il est nécessaire de faire le diagnostic au début de la maladie et que la propriété agglutinante du sérum ne s'observe qu'au sixième jour de la fièvre typhoïde et souvent beaucoup plus tard -, il est probable que cette réaction ne sera pas ici d'un grand secours.

La convalescence de la continue palustre est plus rapide que celle de la fièvre typhoïde ; mais elle est souvent contrariée par des rechutes ; la fièvre prend alors un type franchement intermittent, ce qui achève de la caractériser.

Dans les cas où la fièvre typhoïde survient chez un palustre, le diagnostic difîérentiel peut présenter des difficultés insurmontables et, de fait, il n'y a plus lieu à un diagnostic difTérentiel,

1. On sait que PfeilTer a découvert que le sérum des convalescents de fièvre typhoïde, mélangé à une culture du bacille d'Eberth, produit sur les bacilles lephénomène dit d'agglutination. M. le D" Widal a montré que le sérum des typhoïdiques possède souvent dès le 6" jour de la maladie, la propriété agglutinante qui, par suite, peut être utilisée pour le diagnostic de la fièvre typhoïde. A dix gouttes d'une culture récente du bacille d'Eberth il suffit d'ajouter 1 ou 2 gouttes du sérum du sang du malade examiné, pour obtenir l'agglutination des bacilles s'il s'agit d'une fièvre typhoïde (Soc. méd. des hôp., 26 juin 1896, et Ami. de Vinst. Pasteur, juin 1897).

2. Rouget, Debove, Soc. méd. des hôp., 1 mai 1897. — Casser, même Soc, 2o juin 1897-

puisque les deux maladies coexistent, on peut seulement se demander quelle est, à un moment donné, la maladie dominante; ici encore, l'examen du sang- rend les plus grands services, j'ai constaté plusieurs fois que les microbes du paludisme disparaissaient du sang- chez les palustres qui étaient atteints de lièvre typhoïde et qu'ils reparaissaient pendant la convalescence de la fièvre typhoïde, lorsqu'il y avait une rechute de fièvre intermittente (V. p. 243).

G. Typhus exaiithématique. — -Le diag-nostic différentiel présente ici, avec la continue palustre, les mêmes difficultés que pour la fièvre typhoïde. A la vérité, dans le typhus, on est souvent guidé par l'épidémicité de la maladie et par l'éruption exanthémo-pétéchiale qui est plus apparente, sinon plus caractéristique, que l'éruption de taches rosées dans la fièvre typhoïde. Mais le typhus peut se montrer à l'état sporadique ou concurremment avec l'endémo-épidémie palustre et, d'autre part, on trouve chez certains palustres des pétécliies qui rappellent l'éruption des typhiques.

Le D"" Soulié a cité l'observation d'un malade atteint de fièvre palustre grave avec éruption pétéchiale, chez lequel le diagnostic de typhus exanthématique semblait s'imposer; l'examen du sang permit d'éviter cette erreur ^

H. Fièvre récurrente. — • Dans la fièvre récurrente l'examen du sang, fait au moment des paroxysmes, permettra de constater la présence des spirilles d'Obermeyer et l'absence de l'hématozoaire du paludisme.

L'évolution de la fièvre qui n'est pas influencée par la quinine, est caractéristique; enfin il s'agit, comme pour le typhus exanthématique, d'une maladie qui se présente d'ordinaire à l'état épidémique et souvent en dehors des conditions de développement du paludisme.

L Hépatite aiguë. Abcès du foie. — L'hépatite aiguë diffuse peut s'accompagner d'une fièvre continue et d'ictère et simuler par •suite une bilieuse palustre.

Chez les malades atteints de cette affection, le foie est douloureux spontanément et à la pression, il est en général augmenté de volume, tandis que la rate n'est pas hypertrophiée,- la fièvre ne ■oède pas à la quinine ^ enfin l'examen du sang est négatif.

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