Kohos, Gaz. des hôp., 1894, p
L'hydrate de chloral (4 gr. dans une potion gommeuse) est très utile pour calmer le délire et chez les palustres alcooliques.
M. le D'' Vallin a employé avec succès le hromure de potassium, qui, selon lui, diminue la gravité des accidents en agissant sur la sensibilité réflexe de la moelle'.
L'accès pernicieux algide est un de ceux qui réclament la médication symptomatique la plus énergique, en dehors du traitement par la quinine.
On pratiquera sur la peau des frictions sèches ou des frictions excitantes, à l'aide du Uniment volatil camphré ; on appliquera des sinapismes aux extrémités inférieures ; on prescrira des boissons chaudes, excitantes, le thé alcoolisé par exemple, les stimulants diffusibles : l'éther, le camphre, l'acétate d'ammoniaque sous forme de potions; ou mieux encore on pratiquera des injections hypodermiques d'éther (2 à 4 gr.) ou de camphre (0 gr. 50 à 1 gi\).
Les injections hypodermiques d'éther rendent aussi de grands services chez les malades atteints d'accidents cholériformes.
Lorsqu'il existe des vomissements, les boissons gazeuses, le vin de Champagne, la glace sont indiqués; une injection hypodermique de chlorhydrate de morphine pratiquée à l'épigastre réussit souvent à calmer les vomissements; on prescrira l'opium à l'intérieur s'il existe en même temps une diarrhée abondante ; enfin, si les vomissements persistent, on pourra appliquer à l'épigastre un vésicatoire qui sera pansé ensuite à l'aide de la morphine.
Dans la pernicieuse cholérique avec état algide on peut recourir, comme dans le choléra vrai, à la transfusion veineuse de sérum artificiel ^
Dans la bilieuse palustre, l'ipéca et le calorael rendent de grands services, mais ici encore la première indication est de faire prendre de la quinine.
Dans la bilieuse hémoglobinurique on a recommandé le tannin, le perchlorure de fer, les ventouses scarifiées à la région lombaire.
Quennec a préconisé la potion suivante :
Chloroforme 4gr.
Gomme pulvérisée q. s.
Eau sucrée 250 gr.
A prendre par cuillerées.
\. E. Valli.\, Bulletin de tliérap,, 1873.
2. Gros, Arch. de méd. nav., mai et juin 1896. — BuRor et Legrand, Thérap. du paludisme, p. 56.
MÉDICATIONS ADJUVANTES 373
Cette potion a souvent pour effet de faire cesser les vomissements, d'augmenter la quantité d'urine et de diminuer l'hémoglobinurie.
Une fois l'action du chloroforme bien établie, on substitue à la potion chloroformée le chloral en lavements.
En même temps Quennec conseille la quinine à petite dose, le sulfate de soude et les grands lavements salés froids, la glace, le lait glacé coupé d'eau de Vichy, quand le malade va mieux K
M. le D"" Berthier^ a employé avec succès Fergotinine (1 milligr. d'ergotinine en injection hypodermique dans la région lombaire).
MM. Burot et Legrand conseillent, dans l'accès bilieux, l'eau chloroformée et le calomel '\
Nous avons vu que, chez certains sujets, la quinine donnait lieu à l'hémoglobinurie; lorsque cette complication se produit, on doit donc diminuer les doses de quinine ou même suspendre l'emploi de ce médicament et le remplacer, si la fièvre persiste, par le sulfate de cinchonidine qui, paraît-il, n'a pas la même influence favorisante sur l'hémoglobinurie.
Médications adjuvantes dans Vanémie et la cachexie palustî^es. — Dans le traitement de l'anémie et de la cachexie palustres, le médecin a une double indication à remplir : empêcher, au moyen de la médication spécifique, les rechutes de fièvre, combattre l'anémie et la faiblesse a^énérale.
L'organisme lutte avec d'autant plus d'avantages contre les parasites du paludisme qu'il est placé dans de meilleures conditions générales, aussi toutes les causes débilitantes entravent la guérison du paludisme, tandis que tous les toniques la favorisent.
Les malades anémiés, surmenés, mal nourris, ont des rechutes incessantes de fièvre. Au contraire, sous l'influence seule d'un bon régime et du repos, l'état des palustres s'améliore : l'anémie diminue, les rechutes s'espacent et la guérison peut être obtenue sans l'intervention d'une médication plus active.
Le vin, le café, le quinquina sont indiqués.
Le vin de quinquina et l'extrait de quinquina sont d'excellents toniques, en même temps que des adjuvants de la médication spécifique; il faut veiller seulement à ce qu'ils ne produisent pas de troubles digestifs.
1. Quennec, Notice sur la fièvre bilieuse hémoglobinurique et son traitement par le chloroforme. Arch. demécl. nav.j 1895.