‹ Traité du paludisme (volume 2)Chapitre 21 sur 251 · Armand, L'Algérie médicale, p · texte numérisé non relu

Armand, L'Algérie médicale, p

36 ÉTIOLOGIE

Boudin attribuait le paludisme à la flouve des marais {Anthoxanlhum odoralum. L.), au Cliara vulgaris et à quelques autres espèces végétales qui répandaient dans l'atmosphère, supposait-il, des principes volatils nuisibles. Ces plantes ne sont nullement fébrigènes; l'hypothèse de Boudin s'éloigne du reste de la doctrine parasitaire, puisqu'elle attribue le paludisme à une intoxication par les émanations des plantes des marais, et non à la pénétration de parasites animaux ou végétaux dans l'économie.

Bouchardat a émis sur l'origine des fièvres palustres une opinion analogue à celle de Boudin, avec cette différence qu'il incrimine la faune des marais et non la flore ; d'après Bouchardat, les accidents du paludisme sont produits par un venin que sécrètent quelques-uns des animalcules microscopiques qui pullulent dans les marais. En examinant au microscope la rosée recueillie audessus des marais, on y découvre, dit-il, avec des débris organiques de toute espèce, de petits flocons ; ce' sont ces petits flocons qui représentent pour lui la matière toxique'.

Les accidents du paludisme n'ont pas du tout l'allure des intoxications, c'est ainsi qu'ils éclatent souvent chez des individus qui ont quitté depuis quelque temps les foyers palustres; les opinions défendues par Boudin et par Bouchardat pouvaient donc être considérées, a Jor/o?^^, comme très peu vraisemblables.

En 1849, J.-K. Mitchell cite des exemples d'individus atteints de fièvre intermittente après avoir respiré une atmosphère chargée de spores de champignons et dans les crachats desquels on rencontrait ces spores en grand nombre ; il pense que les fièvres palustres sont produites par l'introduction dans notre économie de végétaux microscopiques dont il n'a pas réussi à déterminer l'espèce ^.

Mûhry arrive aussi à conclure que les spores de certains végétaux microscopiques sont les agents du paludisme ^

W.-A. Hammond dit avoir constaté souvent la présence de spores en grande quantité dans des localités palustres; lui-même a contracté une fièvre intermittente après avoir inspecté une grande quantité de fourrages avariés ^

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