‹ Traité du paludisme (volume 2)Chapitre 232 sur 251 · A. Laveran, Acad. de médecine, 24 sept · texte numérisé non relu

A. Laveran, Acad. de médecine, 24 sept

moi contre l'emploi du respirateur Henrot, qui ne leur paraît pas pratique, surtout pour le soldat en campagne.

L. On ne s'acclimate pas au paludisme. — Une première atteinte de fièvre palustre, loin de donner l'immunité, comme il arrive pour la fièvre jaune, par exemple, constitue au contraire une prédisposition marquée.

Les individus qui ont eu déjà une ou plusieurs atteintes de fièvre, loin d'être acclimatés, comme on le croyait autrefois, résistent moins bien que ceux qui arrivent des contrées salubres et qui n'ont jamais été touchés par le paludisme.

Les nouveaux venus sont, il est vrai, particulièrement éprouvés par la continue palustre, et les accès de fièvre ont souvent plus d'intensité chez eux que chez les anciens palustres, ce qui explique l'opinion ancienne sur l'acclimatement, mais si les indigènes et les anciens résidents des pays palustres ont des accidents moins apparents, moins aigus, que les nouveaux venus, leur sort est encore pire, car ils deviennent la proie de la cachexie palustre.

Le fait qu'on ne doit pas compter sur l'acclimatement pour éviter le paludisme a une grande importance, spécialement au point de vue de l'hygiène militaire.

Tant qu'on a cru à l'acclimatement au paludisme, on a posé en règle générale qu'il ne fallait envoyer dans les pays malsains que des hommes ayant déjà subi l'action de climats palustres, et qu'il y avait avantage à les y maintenir longtemps.

L'expérience a démontré, au contraire, que les individus provenant de régions palustres étaient ceux qui offraient le moins de résistance à l'infection et qu'il y avait tout avantage à relever souvent les troupes envoyées dans ces régions ; c'est là un principe universellement admis aujourd'hui.

En France, comme en Angleterre, on exclut des corps de troupe destinés à faire campagne dans les pays chauds, les hommes qui ont eu déjà les fièvres palustres, et on relève souvent les garnisons des postes insalubres.

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