Congrès de Florence
3. Cu^-NiNGHAM, Microscopic examination of air, Calcutta, 1872.
4. CoKRE, Arch. de méd. nav., 1877, p. 450. 0. Eklund, Arch. de méd. nav., 1878.
6. Griffîni, Bulletino onttogamico, 1874. — Lanzi et Terrigi. Accad. med. di Renia,
le foie des animaux en expérience des éléments pigmentés analogues à ceux qui existent dans le sang des individus morts de fièvre pernicieuse, et en cultivant ces éléments pigmentés, ils auraient obtenu une bactérie à laquelle ils donnent le nom de Bacterid'nun brunneum.
Klebs et Tommasi Crudeli entreprennent en 1879 des recherches dans le but de contrôler les faits annoncés par Lanzi et ïerrigi.
La principale expérience de Klebs et Tommasi Crudeli peut se résumer comme il suit :
De la vase recueillie dans les marais Pontins est exposée à l'air par une température de 30 à 40", de manière à dessécher la surface en laissant humide la couche profonde, ce qui est, comme on sait, une condition éminemment favorable au développement des germes du paludisme ; une parcelle de la vase desséchée est introduite dans un liquide de culture qui sert à ensemencer d'autres liquides; les produits de cette culture sont injectés dans le tissu conjonctif des lapins et donnent lieu à des accidents que Klebs et Tommasi Crudeli rapportent au paludisme.
Un bacille que ces observateurs ont trouvé dans l'air, dans l'eau, dans la vase des marais ainsi que dans les liquides de culture préparés comme il vient d'être dit et dans le sang des animaux inoculés, est décrit par eux sous le nom de Bacillus malariœ\
Dans le sol des régions palustres, ce microbe se présenterait sous l'aspect de spores mobiles, de forme ovalaire, réfractant fortement la lumière; dans le corps des animaux inoculés ou dans les liquides de culture, le parasite prendrait la forme de longs filaments d'abord homogènes, puis segmentés transversalement, de manière à figurer des articles dans l'intérieur desquels se développeraient des spores.
Ce bacille se cultiverait facilement dans les liquides riches en substances azotées, dans les solutions de gélatine et d'albumine, dans l'urine et les liquides de l'organisme.
Klebs et Tommasi Crudeli disent avoir réussi à produire chez les animaux en expérience des fièvres intermittentes à type régulier; il suffît de jeter les yeux sur les tracés thermométriques annexés au mémoire de Tommasi Crudeli, pour se convaincre que c'est là une illusion ; aucun des tracés ne ressemble à celui d'une fièvre intermittente légitime, et on conçoit très bien qu'une des
1. Reale Accademia dei Lincei, juin 1819, et Arch. f. experiment. Pathologie, 1" juillet 1879.
42 ÉTIOLOGIE
variétés des septicémies si faciles à provoquer chez le lapin puisse donner lieu à des tracés semblables.
La tuméfaction delà rate n'est pas plus probante, elle s'observe en effet dans toutes les formes de la septicémie; l'existence des bacilles dans divers organes (rate, moelle des os), sous la forme de longs filaments homogènes, ne peut pas être considérée comme une lésion du paludisme; on ne rencontre jamais de filaments semblables dans les organes des individus qui ont succombé à des fièvres pernicieuses.
Quant au pigment trouvé dans la rate de c[uelques animaux, rien ne démontre qu'il soit de même nature que celui du sang palustre.
Les conclusions de Klebs et Tommasi Crudeli prêtaient fort à la critique; néanmoins comme on était disposé à croire en 1879 à l'existence d'une bactérie du paludisme et c|ue l'autorité des auteurs était grande, le Bacillus malarise fut d'abord accueilli avec beaucoup de faveur surtout en Italie et en Allemagne.
Tommasi Crudeli publie en 1880 le résumé de recherches confirmatives des siennes faites par MM. Perroncito, Ceci, Cuboni, Marchiafava, Valenti, Ferraresi et Piccirilli^
Les spores du prétendu Bacillus malaride sont retrouvées dans le sang des lapins auxquels on inocule l'eau des marais (Ceci), dans le sang des malades atteints de fièvre palustre (Marchiafava, Perroncito, Ferraresi), dans le sang aspiré de la rate des fébricitants (Marchiafava, Ferraresi, Sciammana, Yalenti et Piccirilli).
En ensemençant différents milieux de culture avec du sang extrait de la rate pendant les paroxysmes fébriles ou avec des parcelles de la pulpe splénique des sujets morts de fièvre pernicieuse, Cuboni réussit à obtenir des cultures du bacille.
D'après MM. Marchiafava et Ferraresi le sang d'un malade atteint de fièvre intermittente examiné pendant la période de frisson contient toujours et parfois en grande quantité le bacille à sa phase de développement complet, pendant l'acmé de l'accès, les bacilles disparaissent du sang et on ne trouve plus que des spores ^