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I. Répartition de l'endémie palustre à la surface du globe

II. Conditions météoriques ou telluriques qui favorisent le développement du paludisme ou qui y mettent obstacle. Chaleur, sol, végétation, humidité, pluies, inondations, marais, altitude, etc.

I. Répartition de l'endémie palustre a la surface du globe. — Le paludisme est la plus répandue et la plus redoutable des endémies ; sous l'influence de circonstances exceptionnelles, à la suite d'inondations, par exemple, les fièvres palustres peuvent prendre une extension inusitée dans certaines localités qui d'ordinaire en sont à peu près indemnes, mais la règle générale est que le paludisme a des foyers dont l'étendue est d'ailleurs très variable ; bien limitées et assez restreintes dans nos pays, les zones fébrigènes prennent, dans les régions intertropicales, une immense extension.

Comme pour les autres endémies, on peut établir pour le paludisme des cartes qui donnent la répartition de la maladie dans tel ou tel pays ; on marque en noir les foyers les plus dangereux, en gris ceux dans lesquels le paludisme règne avec une moindre intensité, la couleur blanche étant réservée pour les zones salubres. Mais pour que ces cartes soient exactes, il faut les faire à une grande échelle, car dans une même région, on trouve souvent des localités salubres à côté de localités insalubres; la carte que je

Laveban, Paludisme.

2 ETIOLOGIE

pourrais donner ici de la répartition du paludisme à la surface du g-lobe serait nécessairement inexacte.

L'étude de la géographie médicale du paludisme, en dehors de l'intérêt qu'elle présente par elle-même, fournit des renseignements très intéressants sur les conditions qui favorisent l'extension du paludisme et sur celles qui y mettent obstacle; je crois donc devoir m'y arrêter un peu \

1° Europe. — Dans la Russie septentrionale (au-dessus du 60'^ degré de latitude), dans le nord de la Suède et dans la Norvège, en Islande, le paludisme est inconnu; il apparaît sur le littoral de la Baltique, aux environs de Stockholm, dans les provinces russes de la Baltique et, en Allemagne, aux embouchures de l'Elbe et du Weser.

Les embouchures du Rhin, de la Meuse, de l'Escaut sont bordées de marécages fébrigènes.

La Hollande, avec ses côtes plates et marécageuses, était autrefois un des foyers endémiques les plus redoutables du paludisme en Europe.

Au temps de Pringle les fièvres palustres étaient très communes et très graves en Hollande, l'endémie n'était pas limitée aux côtes, elle s'étendait très loin dans l'intérieur des terres ; les magnifiques travaux accomplis pour protéger les côtes contre l'envahissement de la mer, le drainage et la culture du sol ont réduit de beaucoup le champ de l'endémie palustre.

Les fièvres ne se rencontrent plus aujourd'hui que sur les côtes, à Amsterdam, à Rotterdam, dans les polders qui avoisinent les bouches de l'Escaut, dans l'Over-Yssel et dans l'île de Walcheren, célèbre par le désastre de l'armée anglaise en 1809 ; encore l'endémie palustre est-elle, sur ces points mêmes, beaucoup moins redoutable qu'autrefois.

Les fièvres palustres étaient communes autrefois à Londres, ainsi qu'en témoignent les écrits de Morton, de Willis et de Sydenham ; un marais voisin de Londres fut desséché et sa disparition amena celle des fièvres.

1. Consulter pour l'élude de la géographie médicale du paludisme : Boudi\, Traité de géographie et de statistique méd., Paris, 1857. — A. Hirsch, llalidbuch der historisch. geographisch. Pathol. Erlangen, 1860, 1862, 1864,2 vol. Nouv. édit. Stuttgard, 1881-1882. — Rey, art. Géogr. méd. du Nouv. Dict. de méd. et de chir. pratiques, 1872. — LojiBARD, Traité de Climatologie médicale, 1877-1879. — Mahé, art. Géogr. méd. du Diction, encyclop. des se. inéd. — - E. Vallin, art. Marais du Dict. encycl. des se. méd. — E. Reclus, Géographie universelle. — • A. Laveran, Géographie médicale du paludisme. Journal le Janus, Amsterdam, 1897.

Graves appelle rattention de ses élèves sur les heureux effets du drainage des terres en Irlande, et il montre qu'en beaucoup d'endroits le drainag-e a mis fin à l'endémie palustre \

Aujourd'hui les fièvres palustres ont disparu presque complètement du cadre nosologique des Iles Britanniques.

En France c'est sur le littoral ouest et sud que se trouvent la plupart des marais fébrigènes.

Les marais salants qui bordent La côte ouest, de la Seudre à l'estuaire de la Loire, sont devenus sur beaucoup de points insalubres. Lorsque ces marais sont bien entretenus, c'est-à-dire lorsque l'eau de mer seule y pénètre, ils ne sont pas fébrigènes, mais lorsqu'ils sont abandonnés, ils se transforment en marais gâts, c'est-à-dire gâtés pour la production du sel; l'eau douce s'y mélange à Feau salée et ces marais mixtes sont très favorables au développement du paludisme.

La ville de Brouage, qui jouissait d'une grande prospérité au xvn" siècle, alors que ses salines fournissaient une grande partie du sel qui se consommait en France, était absolument déchue et à l'état de ruine au commencement de ce siècle, par suite de l'abandon des marais salants. « Que l'on se figure, dit Mêlier, une plaine de plus de 8000 hectares, très basse, très plate, presque horizontale ou à peine inclinée vers la mer, toute parsemée d'excavations et de fossés que séparent des élévations irrégulières, restes dégradés des bosses ^ des anciens marais ; l'eau stagnant partout, ne pouvant s'écouler nulle part et se corrompant, toutes sortes de débris végétaux et animaux y pourrissant dans les chaleurs et répandant les miasmes les plus délétères. » (Rapport sur les marais salants. Académie de médecine, 1847.)

Les environs de Rochefort, naguère très insalubres, et les régions de Marennes et de Brouage ont été notablement assainis.

Les fièvres palustres sont encore communes en Vendée et dans la Loire-Inférieure, bien qu'en décroissance presque partout.

Sur les bords du lac de Grand-Lieu, à Saint-Philbert de Grand- Lieu notamment, le paludisme est moins fréquent qu'autrefois, le type prédominant est le type tierce, mais on observe aussi les autres types ^

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