‹ Traité du paludisme (volume 2)Chapitre 5 sur 251 · Graves, Clinique, trad. franc;., t. I, p · texte numérisé non relu

Graves, Clinique, trad. franc;., t. I, p

2. Dans les marais salants de l'Ouest on donne le nom de bosses ou bossis aux terres en talus qui séparent les différents compartiments occupés par l'eau.

3. Renseignements fournis par MM. les D"' Gailleteau et P. Voyer de Saint-Philbert de Grand-Lieu.

4 ETIOLOGTE

A Machecoiil l'endémo-épidémie palustre est très marquée de juillet à novembre, une moitié du canton est constituée en effet par des marécages; la lisière du marais, la rive, comme on dit dans le pays, est la zone la plus dangereuse. Les accès ont souvent au début le type tierce, ils prennent ensuite le type quarte. Les accès pernicieux ne sont pas très rares et la cachexie palustre est fréquente. Les enfants à grosse rate abondent dans la région ^

A Nantes et plus haut sur les bords de la Loire, les fièvres sont devenues beaucoup plus rares qu'autrefois.

A propos de Tours et de Saumur jedois m'arrêter un peu à une assertion de Trousseau qui a été donnée comme un argument en faveur de la pluralité des parasites du paludisme ^

« Tours et Saumur, situés l'un et l'autre sur la rive gauche de la Loire, me paraissent présenter, dit Trousseau, les mêmes conditions climatologiques et telluriques. Cependant à Tours on n'observe guère que des fièvres tierces et les quelques cas de fièvre quarte que j'y ai rencontrés étaient chez des individus venus soit de Saumur, soit deRochefort, soit d'autres endroits oiî ils l'avaient contractée.

« Un des faits qui m'ont le plus frappé est le suivant : 14 soldats casernes à Saumur viennent à Tours déposer devant un conseil de guerre. Ils étaient depuis dix jours à peine dans cette dernière ville que 9 d'entre eux sont forcés d'entrer à l'hôpital pris de fièvre quarte dont ils avaient évidemment contracté le germe à Saumur, puisque alors toutes les fièvres que nous observions chez les habitants de Tours et des environs revêtaient le type tierce. » (Trousseau. Clinique médicale, 3« édition, 1868, t. III, p. 427.)

Trousseau, qui était un admirable professeur, aimait à frapper l'imagination de ses élèves, et dans le cas particulier il me paraît avoir un peu exagéré la délimitation des foyers des fièvres tierces et quartes.

M. le D"- Duclos, qui a occupé pendant de longues années la chaire de clinique médicale à l'Ecole de médecine de Tours, m'écrivait l'an dernier : « La fièvre intermittente sévissait autrefois très fortement à Tours et dans les campagnes environnantes; le type le plus généralement observé était le type tierce; le type

1. Renseignements fournis par M. le D' Voyer de Machecoul; lors d'une excursion que j'ai faite à Machecoul j'ai pu constater l'exactitude de ces renseignements.

2. Di Mattei, Gontrib. à l'étude de l'infecLion malarique expérimentale. Archivio per le scienze mediche. 1895. Extrait, p. 72.

quarte était beaucoup plus rare. » Il s'agit donc d'une jirédominance du type tierce, notée dans beaucoup d'endroits, et non de l'existence d'un type de fièvre à l'exclusion des autres types. Aujourd'hui la fièvre intermittente est devenue si rare à Tours qu'il n'est plus possible de faire des observations sur le type dominant; elle est inconnue dans la garnison ^

En ce qui concerne Saumur, M. le D'' Yvert constate que le paludisme se présente souvent sous la forme de fièvre rémittente ou sous la forme larvée à détermination névralgique ou autre ^ Si le paludisme se montrait seulement à Saumur avec le type quarte cette particularité n'aurait pas échappé à notre confrère.

On voit de quelle valeur est l'argument tiré de l'existence à Tours et à Saumur de foyers palustres donnant naissance à des types différents de fièvre intermittente.

De l'embouchure de la Gironde à celle de l'Adour, la côte, autrefois très insalubre (Landes), a été assainie par la fixation des dunes, la plantation de pins maritimes et la mise en culture du sol.

Sur le littoral méditerranéen, la côte située à l'est de l'embouchure du Rhône est élevée et salubre; au contraire celle qui est située à l'ouest de cette embouchure est basse, marécag^euse et par suite insalubre; les fièvres y sont très communes ainsi que dans l'île de la Gamarg-ue et le long- du canal de Beaucaire à Aigues- Mortes qui traverse une série de marais.

Les côtes de la Gorse sont insalubres; la côte orientale, sur une longueur de 100 km. et sur une larg'eur de 4 à 5 km., est basse, marécag'euse, désolée parle paludisme; au mois de juillet, dès que la récolte est faite, les habitants sont obligés de se réfugier dans la montagne.

Les plaines de la Gorse étaient fertiles et salubres au temps de l'Empire romain; les torrents ont obstrué peu à peu leurs étroites embouchures par des alluvions, des marais se sont développés et le paludisme a pris une grande extension ^.

A l'intérieur de la France, la partie de la Bresse qui porte le nom de Bombes et la Sologne étaient naguère de redoutables foyers de l'endémie palustre.

Les habitants de la Bombes avaient transformé une grande

1. Renseignements fournis par M. le D' Darrigarère, médecin principal de l'armée.

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