Americ. journ. of the med. se, avril
3. A. BiGNAMi, Rech. sur l'anat. pathol. des f. pernicieuses. Acad. de méd. de Rome, 1890.
4. Golgi, Aixh. italiennes de biologie, 1890, t. XIV, fasc. 1 et 2.
HEMATOZOAIRE DU PALUDISME /ô
Le parasite de la tierce accomplit son évolution en deux jours, celui de la quarte en trois jours.
Les corps amiboïdes de la tierce ont des mouvemonts plus vifs que ceux de la quarte.
Les parasites de la tierce donnent lieu facilement et rapidement à la décoloration des hématies auxquelles ils s'attaquent, tandis que dans la quarte les hématies envahies par les parasites gardent, presque jusqu'au moment oii la destruction est complète, leur coloration caractéristique.
Dans la quarte, les globules du sang malades ont une tendance marquée à se rétracter, tandis que dans la tierce ils ont souvent des dimensions supérieures à celles des globules sains.
Dans la tierce, le protoplasma des parasites est très transparent,les contours sont peu marqués; dans la quarte le protoplasma paraît moins délicat, et les contours des parasites sont plus nets. , Dans la quarte, le pigment se présente sous la forme de grains ou de bâtonnets plus gros que dans la tierce ; la teinte du pigment est un peu différente.
Enfin, et c'est là ce qui constituerait la différence principale, le nombre des spores résultant de la segmentation des éléments pigmentés serait plus grand dans la tierce que dans la quarte.
Dans la quotidienne, on rencontre tantôt les parasites de la tierce, tantôt ceux de la quarte, ce que Golgi explique en admettant que la quotidienne n'est pas un type à part, mais seulement une double tierce ou une triple quarte.
P. Ganalis a admis une troisième variété de parasites, caractérisée par les corps en croissant. Cette variété se rencontrerait dans les quotidiennes à accès prolongés ou subintrants, dans les continues palustres pouvant produire rapidement la cachexie, dans certaines fièvres pernicieuses, dans les fièvres irrégulières.
D'après P. Canalis, le cycle de développement de ce dernier parasite peut se diviser en quatre phases : corps amiboïdes, corps semi-lunaires ou ovoïdes, corps arrondis et flagelles, corps segmentés. Les corps semi-lunaires se développent dans les hématies aux dépens des corps amiboïdes; ils se transforment en corps sphériques d'où émergent les flagelles.
Dans un travail publié en 1893, Golgi propose de diviser ainsi qu'il suit les fièvres palustres : 1° fièvres produites par des parasites qui se trouvent d'ordinaire dans le sang et qui accomplissent dans ce milieu les phases principales de leur développement (tierce,
76 ÉTIOLOGIE
quarte); 2" fièvres produites par des parasites qui se développent principalement dans la moelle des os et dans la rate (quotidienne, fièvres irrégulières, subcontinues, pernicieuses) \
E. Antolisei et Angelini \ ïhayer, Welch et Hewetson ^ ont publié des recherches confirmatives de celles de Golgi et de P. Canalis.
MM. Grassi et Feletti ont décrit, non plus trois, mais cinq espèces d'hématozoaires du paludisme : hématozoaires de la tierce et de la quarte, hématozoaires produisant des fièvres pernicieuses (deux espèces), hématozoaires caractérisés par la forme en croissant, donnant naissance aux quotidiennes, aux subcontinues et aux intermittentes à longs intervalles d'apyrexie \
D'après MM. Marchiafava et Bignami, les fièvres palustres devraient être divisées en deux grands groupes : fièvres qui prédominent en hiver et au printemps (quartes, tierces légères); fièvres graves ou estivo-automnales qui comprendraient : les quotidiennes, les tierces graves, la plupart des subcontinues, et des accès pernicieux ; les croissants représenteraient une des phases de l'évolution des parasites de ces dernières fièvres ^.
Ces parasites ne peuvent pas être distingués les uns des autres à la première phase de leur développement, les partisans les plus convaincus de la pluralité des hématozoaires en conviennent, et les caractères différentiels attribués aux parasites de la tierce, de la quarte et des fièvres irrégulières sont bien loin d'être constants.
On a vu plus haut que, d'après Golgi, la principale différence entre les parasites de la tierce et ceux de la quarte était fournie par le nombre des segments des corps en rosace. Or il résulte des recherches de Vincent, comme des miennes, qu'on peut trouver dans le sang des malades atteints de tierce des corps segmentés en 8, aussi bien que des corps segmentés en 16 et que le sang d'un même malade peut contenir des corps segmentés en 8, 10, 12 et 16 ^
E. Canton, en Amérique, n'a pas constaté non plus de rapport constant entre le nombre des spores fournies par la segmentation des corps sphériques et les types fébriles.