Grassi et Feletti, op. cit., p
HÉMATOZOAIRE DU PALUDISME 83
(le se prononcer contre la probabilité de l'hypothèse unitaire d'après laquelle toutes les formes du microbe malarique ne présenteraient que des états différents d'un seul et même organisme. De mon côté je ne puis qu'exprimer mon adhésion à cette hypothèse qui rend compte de tous les faits si variés. L'apparente iîxité des formes, telles que lesHémamibes, Polimites,Laverania, ainsi que leur différenciation dans l'organisme malade, n'excluent nullement la possibilité de leur origine commune d'un seul et même microbe g-énérateur existant librement en dehors de l'oreanisme » [Ann. de Vinst. Pasteur, 1891, p. 779).
Babès et Gheorgiu, qui ont constaté des croissants chez des malades atteints de fièvres à type très régulier (quotidiennes ou tierces), trouvent que les distinctions établies par les auteurs italiens sont trop absolues'.
W. Kruse estime qu'il n'est pas possible actuellement de dire si les différentes espèces de parasites décrites dans le sang palustre sont indépendantes, ou si elles peuvent se transformer l'une dans l'autre'.
M. Metchnikoff, dont la compétence est si grande dans cette question, croit à l'existence d'une seule espèce de parasites.
« Tous les faits qui ont été invoqués par les partisans de la pluralité des espèces du microbe malarique ne justifient nullement cette opinion, m'écrit M. Metchnikoff.
« M. Grassi a cru pouvoir séparer les formes que vous avez découvertes en deux genres distincts : Hsemamœba et Laverania, mais il a dû reconnaître lui-même que les jeunes Laverania sont tout à fait semblables à des Hœmamœba [La giovanissima Laverania e indistinguibile de un Hœmamœba giovanissima. Grassi et Feletti, Contrib. à l'étude des parasites malariques, p. 19). Il est donc beaucoup plus rationnel d'admettre que Y Hsemamœba n'est autre chose qu'un stade jeune de la Laverania ; cela cadre parfaitement avec tout l'ensemble de nos connaissances sur le groupe des Sporozoaires.
« Il est certain que les formes en croissant doivent être précédées d'un stade de segmentation. Si, pendant la malaria chronique, dans laquelle abondent les croissants, on ne trouve pas de stade en rosaces, cela s'explique par la lenteur avec laquelle s'opère la reproduction du parasite dans ces conditions.