‹ Traité du paludisme (volume 2)Chapitre 64 sur 251 · Graves, loc. cit · texte numérisé non relu

Graves, loc. cit

2. Voyez à ce sujet : Boudin, Acclimatement des races humaines sur divers points du globe. Rec. mé?n. de méd. înilit., 3" série, t. XII, XIII et XV. — L. Laveran, art. Antagonisme du Diction, encyclop. des se. méd. — Dutroulau. Traité des maladies des Européens dans les pays chauds, 2" édit., Paris, 1868, p. 147.

3. A. BoRius, art. Sierra Leone du Diction, encyclop. des se. méd.

4. A. BoRius, art. Sénégambie du Diction, encyclop. des se. méd.

CAUSES PRÉDISPOSANTES 113

donné des concessions au Maroni n'ont pas mieux résisté; les accès pernicieux étaient moins fréquents chez eux que chez les Européens, mais la cachexie les atteignait inévitablement.

Il en a été de même pour les Hindous et les Chinois. Les nègres seuls ont résisté.

Maurel cite le fait suivant : En 1853, un établissement pénitentiaire fut fondé sur la rive gauche de TOyapock (Guyane française) ; en dix mois, 101 transportés européens sur 248 avaient succombé aux fièvres et, pour sauver ceux qui survivaient, il fallut les évacuer aux îles du Salut \

En 1854, l'effectif de ce même établissement se composa de 152 nègres et de 33 Européens, la plupart de ces derniers succombèrent et les nègres restèrent seuls; la mortalité qui avait été de 41,53 pour 100 en 1853, tomba à 5,0" pour 100 en 1855, et à3,29 pour 100 en 1856.

La résistance ou autrement dit l'immunité incomplète des nègres pour le paludisme paraît être innée et non acquise, comme l'ont dit quelques auteurs.

Les nègres de l'île Maurice qui avaient vécu jusqu'en 1866 dans un pays salubre auraient dû, si l'immunité était acquise, être frappés dans la même proportion que les blancs; or, on a constaté à Maurice, comme ailleurs, qu'ils étaient presque complètement épargnés -.

D'après Darwin, si les noirs l'ont emporté sur les blancs en Afrique, c'est précisément à cause de leur immunité naturelle {)Our les fièvres.

Les Indiens, les créoles ne sont pas épargnés par le paludisme. La bilieuse hématurique a été appelée quelquefois, par les médecins des Antilles, fièvre jaune des acclimatés et des créoles.

Pendant la guerre du Mexique on avait levé aux Antilles, pour les terres chaudes, une compagnie de volontaires créoles; cette compagnie se fondit rapidement sous l'influence des fièvres palustres. 114 créoles venant de la Martinique et de la Guadeloupe arrivaient à la Vera-Cruz en octobre 1862; au mois de février suivant, la compagnie ne comptait plus que 67 hommes; reportée à 128 hommes au mois d'août 1863, elle était réduite à 47 en décembre, à 35 en mars 1864, et à 4 en avriP.

1. Maukel, Traité des malacl. paludéennes à la Guyane, Paris, 1883.

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