ÉTIOLOGIE
Les chiffres suivants, fournis par Morehead, prouvent qu'à Bombay la fièvre palustre n'épargne pas les Indiens.
De 18i'8 à 1853 il y a eu à l'hôpital général européen de Bombay, 667 entrées pour fièvre intermittente et 163 entrées pour fièvre rémittente. La mortalité a été de 1 sur 100 malades admis pour fièvre intermittente, et de 15 sur 100 malades admis pour fièvre rémittente.
Pendant la même période il y a eu à l'hôpital des natifs (Bombay) : 1709 entrées pour fièvre intermittente, et 784 pour fièvre rémittente; la mortalité a été de 1,43 sur 100 admis pour fièvre intermittente et de 37,2 sur 100 admis pour fièvre rémittente.
Au Bengale le D' Roux a constaté que la fièvre palustre était plus commune chez les indigènes que chez les Européens ^
Le D"" Morand au ïonkin note la fréquence du paludisme chez les soldats indigènes et il conclut que la race jaune est aussi exposée à contracter la maladie que la race blanche -.
D'après M. le D"" Rasch, les Siamois sont aussi souvent et aussi gravement atteints par le paludisme que les Européens ".
En Algérie, j'ai souvent constaté le paludisme chez les Arabes. Il est difficile d'apprécier exactement la fréquence relative des fièvres palustres chez les Européens et chez les indigènes, ces derniers échappant souvent à l'observation; mais on peut dire d'une façon générale que les Arabes ont une force de résistance et une tolérance pour l'agent pathogène que nous ne possédons pas; le paludisme prend presque toujours chez eux des formes moins graves et moins aiguës que chez les Européens. La continue palustre et les accidents pernicieux sont rares chez les Arabes, qui cependant se soignent très peu et très mal ; par contre la cachexie palustre est commune dans les tribus qui occupent des localités malsaines; il n'est pas rare de rencontrer des indigènes dont la rate est très volumineuse et qui continuent à se livrer à des occupations fatigantes.
« L'habitude émousse l'activité des émanations marécageuses, en ce sens du moins que les indigènes n'ont très souvent que des fièvres peu graves, alors que les étrangers placés accidentellement dans le foyer des miasmes, éprouvent les accidents les plus formi-