‹ Traité du paludisme (volume 2)Chapitre 67 sur 251 · A. Lavekan, Traité des fièvres palustres, 1884, p · texte numérisé non relu

A. Lavekan, Traité des fièvres palustres, 1884, p

3. Pringle. Observ. sur les malad. des armées, Londres, 1752.

MODES d'infection 117

étaient durement éprouvées par les fièvres, les équipages des vaisseaux de guerre ancrés à un mille de la terre, jouissaient de la santé la plus parfaite. Ces bâtiments étaient le Prince Edouard et le Tartare, ils n'eurent d'autres malades que les personnes qui avaient débarqué et toutes se rétablirent quand elles furent à leurs bords '.

A Madagascar, en 1895, pendant que l'épidémie de fièvres palustres sévissait avec l'intensité que l'on sait parmi les troupes débarquées, l'état sanitaire des équipages des navires mouillés à 300 m. à peine du rivage, restait excellent; la morbidité était la même que sur les côtes de France; il n'y avait d'exception que pour les hommes envovés dans la rivière et obligés de coucher à terre-.

Ces faits, qu'il serait facile de multiplier, démontrent bien que le transport de l'agent pathogène du paludisme par l'air est difficile, sinon impossible.

On conçoit que des vents très chauds ou froids provoquent des accès de fièvre chez des individus déjà impaludés;il paraît improbable qu'ils puissent transporter l'agent pathogène du paludisme d'une localité dans une autre.

Pour prouver l'infection par l'air, on a cité l'exemple d'individus atteints d'accidents palustres au moment même où ils traversaient des marais et sans qu'on pût invoquer d'autre cause d'infection que l'air.

Ces faits ne peuvent pas être considérés comme probants, attendu que le paludisme a besoin pour se développer d'une période d'incubation. L'observation et l'expérimentation nous apprennent que cette période, dont la durée est très variable, est au minimum de 6 à 7 jours.

Il est bien probable que, dans les exemples précités, il s'agit de personnes qui étaient déjà sous le coup du paludisme et chez lesquelles la fatigue ou la chaleur ont provoqué un accès parfois pernicieux, ou de personnes atteintes d'accidents étrangers au paludisme, mais pouvant être confondus avec les accidents palustres, d'insolation, par exemple.

Le germe du paludisme paraît pouvoir être transporté avec les fourrages (faits de Hammond et de Bachon, p. 36), avec la terre provenant de localités palustres (faits de Salisbury, p. 37).

1. LiND, Essai sur les maladies des Européens dans les pays chauds, Trad. de Thion de la Chaume, t. I, p. 223 et 225.

2. Vincent et Bqrot, Le paludisme à Madagascar. Revue scientifique, 18 juillet 1896, et Acad. de méd., " avril 1896.

118 ÉTIÛLOGIE

M. le D*" J. R. Taylor a relaté plusieurs observations dans lesquelles des plantes cultivées en pots dans les appartements paraissent avoir été la cause de l'infection palustre. Il s'agissait d'individus vivant dans des localités salubres et buvant une eau très pure; l'examen du sang révéla la présence de l'hématozoaire du paludisme ^

Admettons que ces faits soient confirmés; ils ne démontrent pas que l'infection se fasse par l'air, par les voies respiratoires. La terre humide et les plantes n'agissent peut-être que par l'intermédiaire des moustiques dont j'étudierai plus loin le rôle dans l'infection palustre.

On voit que l'opinion si ancienne et si généralement adoptée de 'infection par l'air n'est qu'une hypothèse et une hypothèse en désaccord avec un arrand nombre de faits.

Quelques auteurs et des mieux informés en sont arrivés à nier absolument que l'infection palustre puisse se faire par l'air; c'est aller un peu loin et en tous cas un peu vite, car nous n'avons pour le moment que des hypothèses à opposer à l'hypothèse de l'infection par l'air.

2° Infection par Veau. — Il existe dans la science des faits nombreux qui tendent à montrer que les fièvres palustres peuvent être d'origine hydrique.

Hippocrate et Rhazès admettaient que les eaux marécageuses employées pour la boisson pouvaient produire la tuméfaction de la rate et des fièvres intermittentes rebelles. Hippocrate, parlant des hommes qui boivent des eaux marécageuses, dit : « Ceux qui en font usage ont toujours la rate volumineuse et dure. » (Œuvres complètes. Trad. de Littré, t. II, p. 27.)

Raymond, cité par Alibert", attribue les fièvres pernicieuses qui régnent à Middelbourg et aux environs à la mauvaise qualité des eaux potables.

Pringle signale parmi les causes des fièvres des pays marécageux l'eau malsaine qu'on y boit communément ^

Félix Jacquot cite plusieurs faits qui tendent à prouver que les eaux potables jouent un rôle important dans la pathogénie du paludisme, celui-ci entre autres emprunté à Pereyra de Bordeaux : ce Les habitants des Landes bordelaises et de plusieurs points du

1. Acad. de méd. de New-York, 20 mai 1897, et Médecine mode^^ne, 2 juin 1897.

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