DIE
len
Fig. 1-2.
Fie-. 13.
Fie. 14.
Fig. 12. — Accès de fiô-vrc aj-ant duré 36 h. Le sulfate de quinine a été donné à la dose
de 1 gr. 60 pendant deux jours, puis à la dose de 0 gr. 60. Fig. 13. — Fièvre intermittente avec accès subintrants. Les accès observés les troisième et
quatrième jours se sont confondus en un seul. Fig. 14. — Fièvre intermittente avec accès subintrants.
Pour établir ces tracés la température a été prise d'heure en heure.
Les accès de longue durée présentent, comme les accès moyens, qui sont de beaucoup les plus fréquents, les trois stades de frisson,
de chaleur et de sueurs ; c'est surtout le stade de chaleur qui est prolongé.
Le tracé 12 est celui d'un accès de fièvre intermittente qui s'est prolongé pendant 36 h.
Ces longs accès de fièvre, qui sont à peine signalés par la plupart des auteurs, présentent cependant un grand intérêt, ils expliquent les accès subintrants, et ils permettent de comprendre pourquoi certaines fièvres intermittentes semblent tout à coup devenir continues pour reprendre ensuite le type intermittent.
Les tracés 13 et 14 se rapportent à des malades atteints de fièvre intermittente cjuotidienne bien caractérisée, chez lesquels des accès ont anticipé les uns sur les autres de telle sorte que, dans l'intervalle des paroxysmes, la température, au lieu de s'abaisser au chiffre normal ou au-dessous, comme c'est la règle, est restée fébrile.
F. Pouls. Souffles cardiaques inorganiques. Souffles vasculaires. — Dans les accès réguliers le pouls s'accélère en même temps que la température monte, mais la fréquence du pouls n'est pas toujours en rapport avec l'élévation de la température.
A la fin des accès le pouls se ralentit souvent, en même temps que la température tombe au-dessous de la normale, parfois on ne trouve plus à ce moment que 48 à 52 pulsations par minute.
Lorain a étudié à l'aide du sphygmographe les variations du pouls pendant les accès.
« On juge très bien du stade par les tracés du pouls, dit Lorain [op. cit., p. 13); il est petit et tremblé dans le stade du frisson, plus ample sans exagération dans le stade de chaleur, encore plus ample dans le stade de sueur. »
On observe souvent des souffles anémiques à la base du cœur et dans les vaisseaux du cou, je n'ai pas à insister sur les caractères de ces souffles.
M. le D' Rauzier a constaté, chez des malades atteints de fièvre intermittente, l'existence d'un souffle cardiaque coïncidant avec le premier bruit et ayant son maximum au voisinage de la pointe; ce souffle ne se prolongeait pas dans les vaisseaux du cou et il s'accompagnait quelquefois d'un dédoublement du deuxième bruit à la base ^
1. Rauzier, De certaines localisations cardiaques de l'impaludisme aigu, Revue de médecine, 1890.
D'après Rauzier il s'agirait d'une insuffisance mitrale fonctionnelle.
Ascoli a cité un cas qui se rapproche des faits observés par Rauzier.
J'ai souvent cherché en vain le souffle décrit par Rauzier, je crois pouvoir dire, tout au moins, qu'il se rencontre rarement.
G. Eruptions. Herpès. Urticaire. — On observe fréquemment de l'herpès à la suite des accès de fièvre intermittente; en général, l'éruption, très limitée, siège à la face : lèvres, joues, ailes du nez, quelquefois aux oreilles ou sur les muqueuses.
Chez un malade atteint de fièvre intermittente j'ai observé une éruption d'herpès qui occupait les lèvres, les ailes du nez et toute la muqueuse de la voûte palatine ; la muqueuse était douloureuse, rouge, et sur ce fond rouge on distinguait les vésicules d'herpès sous forme de petites taches blanches, légèrement saillantes, bien séparées les unes des autres.
Après l'herpès, l'éruption la plus commune dans la fièvre intermittente est, sans contredit, l'urticaire'.
Chez certains malades, chaque accès s'accompagne d'une éruption ortiée plus ou moins abondante qui disparaît avec l'accès; Zeissl a observé une série de 14 accès de fièvre tierce accompagnés de papules ortiées grosses comme des œufs de pigeon-.
Plusieurs malades chez lesquels j'ai noté l'urticaire, m'ont dit qu'avant d'avoir les fièvres et même avant de venir en Algérie, ils avaient eu une ou plusieurs poussées d'urticaire, il existait donc dans ces cas une prédisposition qui, du reste, n'est pas nécessaire. L'urticaire palustre peut se présenter sans accès fébriles (V. Formes larvées), mais le fait est très rare.
J'ai noté fréquemment l'existence de taches ombrées; dans tous ces cas, il y avait des pediculi pubis ; la relation de cause à effet qui a été signalée par MM. Moursou et Duguet entre ces parasites et les taches ombrées, est aujourd'hui hors de doute ^.
Je n'ai jamais rencontré de taches rosées chez les malades atteints de fièvre palustre.
1. Kaposi, Traité des malad. de la peau. Trad. de Doyon et Besnier, t. I, p. 417. — Verneuil etMERKLEiV, Des manifestations cutanées du paludisme. Ann. dedermatol. et de syphiligr., 1883. — Guklliot, Lardier, Observ. d'urticaire paludique, même Rec, 1883. — Andréa Ghristiani, De l'urticaire malarique. Th., Pise, 1887.
2. Zeissl, Viert. f. Dermat., 1879, cité par H. Leroux, Art. Urticaire du Diction, enyclop. des se. méd.