VwcE.NT et Bt'ROT, Acad. de méd., 7 avril
26 ÉTIOLOGIE
Fonssagrives a admis que des marais fébrigènes pouvaient se former dans la cale des navires mal tenus *; les faits en petit nombre visés par cet observateur peuvent tous recevoir une autre interprétation que celle qu'il propose.
La cale mal entretenue d'un navire est comparable à un égout bien plutôt qu'à un marais et les égouts n'engendrent pas les fièvres palustres '.
L'influence du sol est rendue manifeste aussi par ce fait que les travaux de défrichement et de terrassement sont particulièrement dangereux dans les pays palustres; ces travaux peuvent même donner lieu à des épidémies de fièvres palustres en dehors des foyers endémiques.
Lorsqu'en 1811 on creusa le canal Saint-Martin à Paris, une véritable épidémie de fièvres intermittentes sévit sur les quartiers du Temple, de la Villette et de Pantin. En 1840 une épidémie semblable se développa pendant qu'on élevait les fortifications de Paris '.
Les grands travaux de terrassement exécutés par nos troupes en Algérie ont toujours amené une recrudescence marquée de l'endémo-épidémie palustre. Les corps de troupe qui ont été employés aux travaux de fondation de Saïda, d'OrléansviIle,.deLalla-Marhnia, de Tiaret, de Sebdou, etc., ont tous été cruellement éprouvés par les fièvres ; de même ceux qui ont été employés à la construction des routes ou des ponts *.
Nous verrons plus loin (Ch. iv), en étudiant les influences individuelles qui favorisent l'infection, que les professions les i)his insalubres, en pays palustre, sont celles qui mettent l'homme le plus directement en contact avec le sol; les terrassiers, les agriculteurs, les jardiniers sont particulièrement éprouvés.
Le paludisme aime les campagnes incultes, les pays i)eu peuplés ou dévastés par la guerre et l'invasion, il recule au contraire presque toujours devant l'homme et devant la civilisation.
La campagne romaine jadis si peuplée et si riche est aujourd'hui désolée par les fièvres et déserte.
11 en est de môme de plusieurs vallées de la Grèce.
1. Fonssagrives, Hygiène navale, 2* édit., 1877, p. 376. — A. Siciluxo. Th., Montpellier, 1870.