‹ Traité du paludisme (volume 3)Chapitre 15 sur 243 · Thoisseau, Clinique méd., 3- édit., 1868, t. III, p · texte numérisé non relu

Thoisseau, Clinique méd., 3- édit., 1868, t. III, p

4. jAcyroT, Gaz. méd. de Paris, 18 48. — Cambay, Traité des malad. des pays chauds et spécialement de TAlgérie.

La Sologne florissante sous Henri IV était devenue au commencement de ce siècle, à la suite de l'abandon de la culture du sol, une des régions les plus misérables et les plus insalubres de la France.

Au contraire la mise en culture du sol est une des mesures prophylactiques les plus efficaces que Ton puisse prendre contre le paludisme.

Ces faits ont servi de base à la théorie de M. L. Colin*, théorie d'après laquelle la puissance végétative du sol non utilisée par la culture serait la cause principale du paludisme.

Les arbres et les plantes assainissent le sol en le drainant par leurs racines et en le desséchant, bien plutôt qu'en mettant en oeuvre sa puissance végétative.

Certains pays doués d'une végétation luxuriante, comme la Guyane et les vallées inférieures de l'Abyssinie, sont des foyers palustres d'une grande intensité.

L'insalubrité des rives de la Gambie est plus grande que celle des rives du Sénégal, écrit Borius*, et semble être en rapport avec la richesse de la végétation naturelle.

Beaucoup de ces forêts des pays chauds, aux arbres gigantesques enlacés de lianes, sont impénétrables; l'air y circule difficilement et, malgré la puissance de la végétation, il y règne une humidité constante, favorable au développement du paludisme.

L'influence que l'abandon de la culture des terres, le dépeuplement ou la dévastation d'un pays exercent sur l'extension de l'endémie palustre s'explique facilement. Dans un pays riche et peuplé, comme l'était la campagne romaine au siècle d'Auguste, de nombreux travaux d'art sont exécutés et entretenus avec soin, on dessèche les marais, on endigue les fleuves, on creuse des canaux, les arbres et les plantes couvrent le sol et le drainent par leurs racines; vienne une invasion de barbares ou une longue guerre, les travaux d'art sont détruits, les aqueducs sont coupés, les canaux s'envasent, les marais s'étendent et se multiplient, les campagnes se dépeuplent, la culture du sol est abandonnée, les arbres sont détruits, et le paludisme trouve un milieu très favorable à son développement '.

i. L. Colis, Traité des fièvres inlermit., Paris, ISTO, et Traité des maladies épid., Paris, 1879, p. 126.

2. Â. BoRius, art. Sénéoambie du Diction, encyclop, des se. méd.

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