Semaine méd., 23 sept
La gravité du paludisme est très variable, suivant les pays et suivant les conditions dans lesquelles se trouvent les sujets impaludés.
A. Mortalité. — Si l'on consulte la statistique médicale de Tarmée française en Algérie ou celle de Tarmée italienne, on est surpris de voir combien est faible le chiffre de mortalité du paludisme, malgré que Tendémie palustre ait une grande extension en Algérie et en Italie.
La morbidité due au paludisme dans l'armée française en Algérie est, d'après les dernières statistiques, de 100 à 200 sur 1 000 hommes d'effectif et la mortalité par cette cause ne dépasse pas 4 à2pour 1000*.
Du mois de septembre 1879 au mois de juin 1883, j'ai reçu, dans mon service, à l'hôpital militaire de Constantine, 1310 malades atteints de paludisme, et ces 1310 malades n'ont fourni que 6 décès, soit une mortalité de 0,45 pour 100.
D'après la statistique médicale de l'armée italienne pour 1895 le nombre des malades traités cette année dans les hôpitaux militaires, pour paludisme, a été de 4856 et le chiffre des décès par cette cause a été seulement de 13*.
Mais à côté de ces faibles chiffres de mortalité on en peut citer d'autres qui attestent que, dans des conditions différentes, le paludisme prend une gravité comparable à celle des maladies les plus redoutées, comme la peste ou le choléra.
J'ai déjà eu l'occasion de citer les ravages faits par les fièvres palustres dans l'armée anglaise en 1809, lors de l'expédition de Walcheren.
En Algérie, au début de l'occupation française, la mortalité due au paludisme était énorme parmi nos soldats et nos colons.
Maillot à Bône constatait une mortalité de 1 sur 9 malades.
Pendant les mois de juin, juillet, août et septembre 183.3 la garnison de Bône, forte de 5500 hommes, compta 4097 entrées à
1. Statistique raéd. de l'armée française pour les années 1890 à 1894.