Quinoidine. — D'après Pasteur la quinoïdine n'est pas un
i. Le Juge de Segrais, Étude sur la cinchonidine et ses sels comme succédanés de la quinine. Arch. gén. de méd,, 1886, t. U, p. 420, 093. — De Bru7(, Revue de I médecine, 10 sept. 1890. ~ Morizot, Th. Monlpellier, 1893. — Maukangb, Cinchonidine, Gaz. hebdom, de mM. et de chir., 21 juin 1896. 2. Marty, Conlrib. à l'histoire du sulfate de cinchonidine. Bullel. tfén, de thérap,, I 1884, p. 335. D'après M. le D' Marty il y aurait danger à dépasser la dose de 2 gr. I par jour de sulfate de cinchonidine chez l'adulte.
Lavbran, Paludisme. 25
alcaloïde particulier, mais un mélange, en proportions variables, (le cinchonine, de cinclionidine, de quinine et de quinidine.
C'est en somme un produit de composition variable, très inférieur à la quinine.
5. Euchinine, — L'euchinine est un éther éthylcarbonique de la quinine qui se présente sous forme d aiguilles blanches, fines, solubles dans Teau; insipide, elle peut être administrée facilement même à des enfants.
Le chlorhydrate d'euchinine est très soluble dans Teau, mais il a une saveur désagréable.
D'après V. Noorden, 1 gr. 50 à 2 gr. d'euchinine agiraient comme 1 gr. de chlorhydrate de quinine, sans provoquer aucun des troubles que produit parfois la quinine*.
L'euchinine n'a pas encore été expérimentée, que je sache, dans les fièvres palustres. En raison de sa faible solubilité dans Teau elle doit être peu active; c'est pour ce motif qu'on a abandonné la quinine brute qui avait aussi l'avantage d'être à peu près insipide.
6. Arsenicaux. Traitement de Boudin. — Le traitement préc(>nisé par Boudin ne consistait pas seulement, comme on le croit en général, à prescrire l'acide arsénieux au lieu de la quinine.
« Notre médication, écrit Boudin, ne consiste nullement dans la simple substitution des préparations arsenicales à la quinine, mais bien dans une médication complexe, dans laquelle l'arsenic est secondé par deux puissants moyens : les vomitifs et le régime alimentaire. Les vomitifs combattent l'embarras gastrique et hâtent le retour de l'appétit; le régime alimentaire abrège la convalescence, combat la tendance aux récidives et les accidents consécutifs multiples qui se lient à l'appauvrissement du sang. » (Boddin, Traité de géogr. et de statist. méd.)
Voici les règles posées par Boudin.
1** Faire vomir le malade au début.
2® Donner l'arsenic à dose fractionnée, c'est-à-dire en plusieurs prises, dont la dernière 2 h. au moins avant l'accès à combattre.
3* Profiter de la tolérance qui existe au début pour administrer la dose la plus forte d'arsenic et diminuer graduellement la dose, à mesure que la tolérance baisse.
4° Prendre le médicament pendant les phases d'apyrexie aussi bien que les jours de fièvre.
1. V. Noorden, Therap. Monatsheft, 1891 Médecine modetme, 14 avril 1897.
ri:
5** Continuer le traitement pendant un temps proportionné à ancienneté de la maladie.
6* Faire usage d'une alimentation substantielle et très abondante, e vin généreux, etc.
Boudin employait la solution suivante, qui est désignée encore ous le nom de liqueur de Boudin :
Acide arsénieux 1 partie.
Eau et vin blanc (parties égales) 1000 parties.
Boudin a prescrit jusqu'à 0 gr. 10 d'acide arsénieux dans les 14 h.; une pareille dose peut amener de très graves accidents; la lardiesse avec laquelle Boudin maniait Tacide arsénieux ne doit )as être imitée.
Le traitement de Boudin, préconisé aussi par Sistach *, n'est Jus employé, et avec raison.
Lorsqu'on donne l'arsenic à dose élevée pendant quelque temps, m voit presque toujours survenir des accidents gastro-intestinaux rès préjudiciables au traitement; on conçoit difficilement comment Boudin, qui connaissait les heureux effets d'une alimentation substantielle et abondante chez les palustres, a pu conseiller l'emploi de 'acide arsénieux à aussi hautes doses.
L'action reconstituante de l'arsenic, administré à petite dose et pendant longtemps, est hors de doute ; son action fébrifuge est très contestable ; aucun médecin consciencieux ne voudrait faire l'essai iu traitement de Boudin dans les formes graves du paludisme.
Riva et Lévrier ont employé la solution d'arséniate de soude en injections intra-veineuses dans la cachexie palustre *.
Lévrier injecte chaque jour 1 centigr. d'arséniate de soude dissous dans 10 cm' de sérum artificiel. A la suite de ces injections le nombre des hématies augmenterait rapidement.
Il paraît plus simple, et moins dangereux, de donner Tarséniate ie soude à l'intérieur ou en injections hypodermiques, s'il existe des troubles des voies digestives.
1. Soufre. — Le soufre et Viode, qui sont des métalloïdes voisins ih l'arsenic et qui, comme l'arsenic, sont des parasiticides éner- ,^
^ques, devaient naturellement attirer l'attention des expérimenta- Il
leurs. y
1. SiSTACH, Rec. mém. de méd. milit., 1861, 3* série, t. V, et Arch, gén. de méd.y 1815. — Moutard Martin, Acad. de médecine, 12 mai 1874.
2. RïVA, Gaz. méd. de Turin, 12 sept. 1895. — Lévrier, Arch, de méd. nav., 1896 el 1896.
PoUi ayant constaté que les propriétés antiputrides de l'acide sulfureux sont conservées dans les sulfites alcalins ou terreux, en a conclu que les sulOtes étaient indiqués dans les maladies zymotiques, notamment dans les fièvres palustres ^
Cette médication n'a pas donné de résultats satisfaisants*.
8. Iode. — L'iode a été préconisé à plusieurs reprises pour le traitement des fièvres intermittentes; notamment par Boinet*. F. de Willebrand, professeur à l'Université d'Helsingfors *, Bariileau de Poitiers, Seguin d'Albi, et par plusieurs médecins italiens : Cantani, Regnoli, L. ConcettiV
La formule recommandée par F. de Willebrand est la suivante :
Iode i gr.
lodure de potassium 2 —
Eau distillée 10 —
Prendre toutes les 2 heures, dans un demi-verre d*eau, 5 gouttes de cette solution.
Le D^ L. Concetti donne de 24 à 36 gouttes de teinture d'iode dans 60 gr. d'eau distillée, à prendre en trois fois, avant les accès.
L'action de l'iode paraît être une action tonique, comparable à celle de l'arsenic; la médication iodée, comme la médication arsenicale, n'est pas applicable dans les fièvres récentes, ni dans les formes graves.
L'iode n'est absorbé qu'à l'état d'iodures alcalins et il ne peut être donné qu'à petite dose ; on s'explique donc qu'il ne tue pas les microbes du paludisme dans le sang, comme il tue des infusoires dans une infusion végétale.
9. Alun. Nitre. — Déjà préconisé par Lind*, l'alun a été signalé de nouveau dans ces dernières années comme un bon fébrifuge par quelques médecins russes ou allemands'.
D'après Korolko l'alun agirait surtout dans la fièvre tierce.
i. PoLLi, Sulle malattie da ferniento morblHco, Milan, 1864.