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Acad. des se. nat. de Catane, 24 mars 1S

HÉMATOZOAIRES ËNDOGLOBULAIRES CHEZ LES ANIMAUX ^iSS

en augmentant, et, à la fin d'avril, tous les oiseaux examinés étaient infectés.

J'ai étudié pour ma part ces hématozoaires chez le pigeon, le geai, l'alouette, le pinson et le verdier {Chloris hortensis).

Les pigeons dans le sang desquels j*ai trouvé les parasites venaient de Toscane; j'ai recherché plusieurs fois sans succès ces hématozoaires chez les pigeons d'origine française, alors même que j'avais la précaution de me faire envoyer des pigeons élevés dans des régions palustres (environs de Rochefort).

Les autres oiseaux infectés (geais, alouettes, pinsons, verdiers) avaient été pris en France et souvent dans des régions salubres.

Je n'ai jamais trouvé d'hématozoaires chez les moineaux d'origine française.

Les saisons exercent une influence manifeste sur la fréquence de cette maladie des oiseaux, comme sur celle du paludisme.

En hiver on a de la peine à trouver des oiseaux infectés, et les parasites sont toujours en petit nombre dans le sang, tandis qu'en été la maladie devient commune.

Sur 6 pinsons examinés à Paris, au mois d'août, 3 étaient infectés; sur 5 pinsons examinés au mois d'octobre, aucun ne présentait d'hématozoaires.

En gardant en cage des oiseaux infectés il est facile de constater que les parasites disparaissent de la grande circulation au commencement de l'hiver et qu'ils reparaissent au printemps; pas toujours cependant, car les oiseaux en cage guérissent souvent, sur» tout s'ils sont bien soignés et bien nourris.

A. Description de V hématozoaire endoglobulaire des oiseaux. — Comme l'hématozoaire du paludisme, cet hématozoaire des oiseaux se présente sous des formes assez différentes que l'on peut ramener aux types suivants * :

1" Corps sphériques ou cylindriques endoglobulaires ;

2° Corps sphériques ou cylindriques libres ;

S'' Flagelles.

1° Corps spliériqxies ou cylindriques endoglobulaires, — Ces éléments, qui représentent les formes les plus communes, se montrent sous les aspects suivants :

a. Corpuscules endoglobulaires formant de petites taches claires

i. Pour rétiule de ces parasites la technique est la niiînic que pour celle de rhématozoaire du paludisme, je n'y reviendrai donc pas. C'est également la double coloration par l'éosine et le bleu de méthylène qui donne ici les meilleurs résultats.

sur les hématies (pseudo-vacuoles de Danilewsky) ; les plus petits de ces éléments mesurent 1 à 2 jx, au centre de chaque corpuscule on trouve habituellement un grain de pigment noirâtre (a, fig. 23); une même hématie peut renfermer deux ou trois éléments parasitaires.

6. Corps sphériques inclus comme les précédents dans les hématies, mais plus volumineux. Ces éléments, qui correspondent à une phase plus avancée du développement des parasites, renferment des grains pigmentés en nombre variable (c, fîg. 25).

La forme de Thématie envahie par un de ces parasites est conservée d'abord; l'élément parasitaire continuant à augmenter de volume, le noyau de Thématie est refoulé, l'hématie se renfle et s'élargit; quelquefois le noyau de l'hématie est chassé à travers le protoplasma; presque toujours c'est lui qui résiste le plus longtemps.

c. Corps cylindriques endoglobulaires. Les parasites ont souvent la forme de petits éléments cylindriques, semblables, comme l'a dit Danilewsky, à des vermicules. Ces éléments, effilés ou arrondis à leurs extrémités, n'occupent d abord qu'une partie de l'hématie malade (e, /, fig. 25) ; leur grand axe est parallèle au grand axe de l'hématie ou bien le vermicule, replié sur lui-même, coiffe une des extrémités du noyau.

Il arrive aussi que les éléments parasitaires sont au nombre de deux dans une même hématie ; j'ai souvent noté ce fait chez le pigeon ; on trouve de chaque côté du noyau un corps ^cylindrique ou bien aux deux extrémités de l'hématie des éléments parasitaires recourbés sur le noyau.

Les corps cylindriques, augmentant peu à peu de volume, finissent par avoir la môme longueur que les hématies; ils peuvent continuer encore à s'accroître en se repliant à leurs extrémités.

Ces éléments renferment, comme les corps sphériques, des grains de pigment disséminés dans toute leur longueur *.

11 s'agit bien de corps endoglobulaires ; le refoulement du noyau, lorsque l'élément parasitaire acquiert un certain volume, et le fait que les extrémités des éléments cylindriques viennent se replier sur les noyaux des hématies ne laissent aucun doute à ce sujet.

i. Il est à noter que, chez les animaux à sang froid (grenouille, lézard, lortue), les hématozoaires endoglobulaires ne donnent pas naissance, comme chez les animaux à sang chaud, à la formation de pigment (Danilenvsky).

HÉMATOZOAIRES ENDOGLOBULAIRES CHEZ LES ANIMAUX 455 Les parasites endoglobulaircs sont immobiles, et, à Tétat frais, on n'aperçoit pas de noyau à l'intérieur.

2* Corps sph&inques ou cylindriqties libres. — Les corps endoglobulaircs arrivés à leur développement complet deviennent libres.

Les corps cylindriques libres ont d'abord une grande ressemblance avec les corps endoglobulaircs (A, fig. 25) ; ils sont parfois incurvés, comme les corps en croissant du sang palustre ; leur longueur est égale ou un peu supérieure à celle des hématies ; à l'intérieur on trouve des grains de pigment qui sont disséminés et non réunis vers

Tïg. fô. — Hématozoaire do raloaettc. — a, b, <r, liématics avec de petits corps sphériqucs pigmentés. — d, e, /", g, hématies avec des corps cylindriques à différents dejçrés de développement. — A, corps cylindrique devenu libre avec lo noyau do Thématio qui le renfermait. — >. jy corps cylindriques se transformant en corps sphériques, on voit encore à côté lo noyau des hématies qui renfermaient ces corps. — A, corps sphériquo libre entièrement développé. — /, hcmatio avec un corps sphériquo en voie de segmentation. — m, petits éléments provenant de la segmentation. — m, corps sphériquo avec deux flagelles. — o, flagelle libre.

la partie moyenne, comme cela est de règle pour les croissants du ! paludisme.

A côté du corps cylindrique devenu libre, par suite de la destruction de l'hématie qui le renfermait, on trouve souvent le noyau de cette hématie dans la concavité du croissant (A, fig. 25).

Les corps cylindriques s'élargissent et se transforment plus

ou moins rapidement en corps sphériques [j, A,), d'autres fois

ils se renflent à leurs extrémités et s'amincissent vers la partie

moyenne.

Les corps sphériques libres proviennent des corps sphériques

I endoglobulaircs ou bien de la transformation des corps cylin-

I driques.

Le diamètre des corps sphériques libres est égal ou un peu supé-

rieur à celui des leucocytes ; on trouve souvent, à côté de ces éléments parasitaires, des débris des hématies qui les renfermaient ; les noyaux des hématies détruites restent pendant quelque temps accolés aux parasites et comme enchâssés à la périphérie de ces éléments («,y, fig. 25), ce qui pourrait faire croire qu'il s'agit de noyaux appartenant aux parasites.

Les corps sphériques libres, débarrassés des débris des hématies, ont une forme assez régulière ; ils sont constitués par une substance anhiste, transparente, avec des grains pigmentés qui sont souvent disposés en couronne, comme dans les corps sphériques du sang palustre.

Il n'y a pas de mouvements amiboïdes ou du moins ces mouvements sont très peu marqués.

Les grains pigmentés contenus dans les corps sphériques sont parfois animés d'un mouvement très rapide.

Les hématozoaires endoglobulaires ou libres sont souvent en si grand nombre dans le sang des oiseaux que, sur des préparations de sang très minces, examinées avec l'oculaire n" 1 et l'objectif n"* 9 de Verick, on trouve de 10 à 15 de ces éléments dans le champ.

On observe quelquefois des éléments segmentés, analogues aux corps en rosace ou en marguerite du sang palustre.

Les grains de pigment se réunissent au centre de l'élément parasitaire qui se segmente.

Le nombre des segments est variable; de 8 à 10 dans certains cas, de 15 à 20 dans d'autres.

Les corps segmentés donnent, en fin de compte, de petits éléments qui deviennent libres (m, fig. 25).

y Flagelles. — Lorsqu'on examine avec attention des corps sphériques libres, on constate souvent qu'il existe, sur les bords de ces éléments, des flagelles animés de mouvements très vifs qui impriment aux corps sphériques d'où ils émanent des mouvements oscillatoires, voire même des mouvements de translation et de rotation. Le nombre des flagelles qui adhèrent à un même corps sphérique varie de 1 à 4 ou 5 (n, fig. 25).

Les corps sphériques munis de flagelles ont été décrits par Danilewsky sous le nom de Polimitus,

Ces flagelles ont une grande analogie avec ceux de l'hématozoaire du paludisme.

La longueur de chaque flagelle, très difficile à évaluer exacte-

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ment, à cause de la flexuosité de rélément et de sa mobilité, est à peu près double de la longueur d'une hématie; très minces et très transparents, les flagelles sont presque invisibles à Tétat de repos; quand ils se meuvent, ils impriment aux hématies voisines des mouvements très variés qui les décèlent dans le sang frais, là où on n'aurait pas réussi à les apercevoir, sans la présence des hématies.

Sacharoff a étudié les flagelles chez lescorbeaux jeunes, retirés de leurs nids.

Après fixation de la préparation pendant 2 h., à la température de 115-120", il colorait par le mélange d'éosine et de bleu de méthylène pendant 24 h. (Procédé de Romanowsky. V. p. 101.)

Les parasites se colorent en bleu, leurs noyaux en rouge ou en violet; les noyaux des hématies se colorent en violet foncé, leur protoplasme prend une teinte rose ou grisâtre.

On constate dans ces préparations que le noyau des parasites présente, ou un corps avec des jets, ou une agglomération plus ou moins serrée de filaments chromatiques qui ne sont autres que les flagelles encore à rintérieur de Thématozoaire; d'autres fois Texcapsulation a eu lieu déjà et l'on voit les flagelles en dehors du parasite.

« Dans toutes ces formes, nous trouvons, dit Sacharoff*, le même procès : la séparation du noyau en quelques filaments isolés et la sortie des filaments du parasite. Les filaments sortis qui sont évidemment les flagelles ne se distinguent en rien des filaments encore inclus dans le parasite. Tous les deux ont parfois à leur extrémité le renflement souvent décrit chez les flagelles, la même forme courbe, et sont colorés identiquement en rouge ou violet. Les mêmes filaments se rencontrent à l'état libre dans les difl'érentes parties de la préparation. Le parasite abandonné par les filaments chromatiques se détruit : il se gonfle et se colore difficilement par le bleu de méthylène. Enfin ses contours deviennent invisibles et nous trouvons à sa place seulement un amas de granulations de mélanine et quelques filaments chromatiques. » {Ann. de rinst. Pasteur, 1893, p. 802.)

Sacharofl', quia bien décrit le mode de formation des flagelles, me paraît avoir mal interprété le phénomène en admettant qu'il s'agissait d'un trouble de la karyokinèse ; il est bien plus probable qu'il s'agit d'une phase régulière du développement du parasite, qui a son analogue dans le développement des autres coccidies.

Les flagelles s'observent souvent immédiatement après la sortie

du sang des vaisseaux et il ne paraît pas douteux qu'ils existent dans le sang vivant et circulant.

Sacharoffa trouvé des formes à flagelles, en grand nombre, dans les préparations de sang desséchées immédiatement après le prélèvement du sang, et il a réussi à colorer les flagelles encore inclus dans rintérieur du parasite, ce qui prouve bien qu'il ne s'agit pas d'un processus agonique ou de dégénérescence.

J'ai déjà discuté, à propos de l'hématozoaire du paludisme, l'opinion qui fait de l'apparition des flagelles un phénomène de dégénérescence des parasites, je crois inutile d'y revenir.

Les mouvements des flagelles peuvent persister pendant plusieurs heures.

Ces flagelles, comme ceux de l'hématozoaire du paludisme, finissent par se détacher du corps sphérique dont ils émanent; ils deviennent alors libres dans le plasma et ils ne tardent pas à se perdre au milieu des hématies.

Outre les éléments décrits ci-dessus, Danilewsky a trouvé dans le sang du hibou des leucocytozoaires, c'est-à-dire des parasites logés dans des leucocytes et non dans des hématies.

Ces leucocytozoaires ont été rencontrés surtout dans la moelle des os.

Danilewsky pense qu'une partie des germes qui pénètrent dans les leucocytes des oiseaux succombe dans la lutte contre l'activité phagocy taire de ces cellules, tandis que l'autre résiste et continue à se développer.

Sacharoffa observé ces leucocytozoaires sur les corbeaux, les freux et les pies * .

Les leucocytozoaires peuvent présenter des flagelles comme les hématozoaires.

D'après Sacharoff, si ces parasites peuvent, contrairement à la règle, vivre dans les phagocytes, c'est parce qu'ils détruisent le noyau, cette partie essentielle du leucocyte.

Chez les freux, les leucocytozoaires se montrent d'abord sous l'aspect de corpuscules ovales ou fusiformes, munis d'un noyau; ces corpuscules, qui représentent les spores des leucocytozoaires, grandissent et deviennent des parasites adultes; on en trouve d'ordinaire plusieurs dans un môme leucocyte, jamais ils ne se développent dans les leucocytes éosinophiles.

i. Ann.de rinstil. Pasteur, 1893, d. 801.

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Les nayaux des leucocytes ne sont pas détruits par les parasites des freux comme dans les leucocytozoaires des corbeaux ; aussi e&t-il difficile de comprendre comment ces parasites arrivent à se développer dans les phagocytes.

Sacharolîn'a pas observé, pour ces parasites, la segmentation en rosace et il pense que cette forme n'existe pas pour les leucocytozoaires, non plus que pour los hémamibes des corbeaux.

B. Ces différentes formes parasitaires appartieiinenl-elles à une seule espèce polymorphe ou à plusieurs espèces de parasites? — La question a été discutée, comme pour Thématozoaire du paludisme, et diversement résolue.

Danilewsky a distingué deux formes de Taffection parasitaire des oiseaux qui correspondent, d'après lui, aux formes du paludisme : !•* forme chronique caractérisée par des corps falciformes qui présentent une certaine analogie avec les corps en croissant du paludisme ; 2** forme aiguë dans laquelle on observe des corps sporulés.

La diversité des formes n'exclut pas d'ailleurs, d'après Danilewsky, la possibilité de leur origine commune d'un seul et même microbe générateur ^

Celli et Sanfelice ont admis trois variétés, caractérisées surtout par la rapidité plus ou moins grande du développement : 1° formes à développement lent; 2** à développement accéléré; 3"* à développement rapide.

Celli et Sanfelice constatent eux-mêmes qu'on trouve souvent dans le sang de l'alouette les trois formes associées et que, par suite, on est tenté de croire qu'il s'agit d'un seul parasite polymorphe.

Grassi et Feletti ont distingué quatre espèces différentes do parasites qu'ils ont décrites sous los noms suivants : Hipmamœba relicla, H, subprœcoXy H. subimmaculata, Laverania Danilewsky *.

D'après Labbé les parasites endoglobulaires des oiseaux se rapporteraient à deux espèces : Halteridium et Proteosoma^,

Halteridium se renfle souvent à ses extrémités (forme en haltère, d'où son nom), le noyau se divise, puis donne naissance, dans chacune des extrémités du parasite, à un certain nombre de

4. DA5ILEW8KY, Antiales de Vinsl. Pasteur, i89l, et Ziir Lehrc der Malaria Infcclion bei MenscheD und Vôgeln, Arch. f. Hygiène, Bd. XXV.

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