‹ Traité du paludisme (volume 3)Chapitre 41 sur 243 · V. Roussel, liih · texte numérisé non relu

V. Roussel, liih

Hématozoaire au Paludisme

Sang coloré par réosine et le bleu de méthylène

împ A La fontaine & Fils. Pans.

HÉMATOZOAIRE DU PALUDISME 65

noyau, mais elles sont fortement aplaties vers la partie centrale et probablement plus résistantes à ce niveau.

Quelques observateurs ont décrit un noyau dans les corps en croissant*; je n'ai pas réussi à vérifier ce fait; on comprend qu'il soit difficile de voir un noyau au milieu des ^anulations pigmentaires.

Plusieurs hypothèses ont été émises sur la nature des corps en croissant.

Bastianelli, Bignami' et Sforza' ont décrit ces éléments comme des formes stériles, dégénérées, d'une hémamibe.

Pour T. Coronado, ce sont des kystes vides, affaissés, après sortie des flagelles *.

D'après Mannaberg, chaque corps en croissant est formé par la conjugaison ou syzygie de petits éléments amiboïdes qui s'enkystent pendant cette phase de leur existence *. A l'appui de cette thèse, Mannaberg invoque l'existence d'une enveloppe kystique, celle d'une cloison transversale à la partie moyenne des croissants, la disposition des granulations pigmentaires en deux groupes, enfin la segmentation des croissants qui, d'après lui, se ferait souvent par le milieu.

Il paraît évident que les corps en croissant ne sont pas des kystes afiaissés après sortie des flagelles. Jamais les corps sphériques d'où se sont échappés des flagelles ne prennent la forme en croissant; on peut voir, au contraire, des corps en croissant se transformer en corps sphériques d'où s'échappent des flagelles; enfin nous avons vu qu'on pouvait quelquefois suivre les phases successives du développement des croissants dans les hématies.

L'opinion qui voudrait faire des croissants des formes dégénérées et stériles du parasite du paludisme n'est pas non plus admissible.

On ne trouve souvent que des corps en croissant dans le sang de malades qui ont des accidents palustres très bien caractérisés, et nous verrons que ces éléments se rencontrent avec une fréquence remarquable dans les formes les plus graves du paludisme, dans les accès pernicieux.

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