Hygienische Rundschau, 1892, n
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« La rapidité de la reproduction, qui peut varier dans la même espèce, explique aussi les différences dans les formes des rosaces qu'on a observées dans les fièvres tierces, quartes et pernicieuses. Lorsque le parasite se reproduit avec une grande activité, la segmentation s'accomplit avant qu'il ait atteint son stade adulte. II peut se faire alors qu'un parasite tout jeune, encore dépourvu de pigment, se divise en un certain nombre de petits segments. Dans ces conditions de pullulation rapide, la maladie a un caractère très aigu et revêt souvent la forme pernicieuse. Lorsque la production se ralentit, le parasite a le temps nécessaire pour se développer plus complètement. Ici encore, suivant que la segmentation est plus ou moins active, le microbe provoque une tierce ou une quarte...
« On se heurte de tous côtés à des difficultés très grandes quand on admet la pluralité des microbes malariques; seule la théorie uniciste permet d'expliquer l'ensemble des faits connus *. »
Ce que M. Metchnikoffdit de l'évolution rapide des parasites qui n'arrivent pas à leur développement complet s'applique très bien aux petites formes parasitaires qu'on observe avec une fréquence toute particulière au Sénégal et à Sierra Leone.
MM. Vandyke Carter, Quincke, Coronado, Gabritchewsky, Soulié, Vincent, Arnaud, Canton, Titoff, Curnow et Cayley ont admis également l'existence d'un seul microbe.
Il est facile de comprendre, sans recourir à l'hypothèse de la pluralité des espèces, que telle forme parasitaire se rencontre plus souvent dans tellv3 saison que dans telle autre, dans telle forme clinique que dans telle autre.
Les Coccidies dont le parasite du paludisme se rapproche beaucoup subissent d'une manière évidente Tinfluence des saisons, telle forme ne s'observe qu'au printemps, par exemple.
Les modifications de l'hématozoaire du paludisme se comprennent d'autant mieux que ce parasite vit dans un milieu de nature variable; le sang d'un malade profondément anémié, cachectique, diffère beaucoup, au point de vue du nombre et de la résistance des hématies, de la composition du sérum et de l'activité des leucocytes, du sang d'un individu qui, arrivé récemment dans les pays palustres, est atteint de fièvre pour la première fois. On a vu plus haut que les croissants se rencontrent presque toujours chez des malades cachectiques ou du moins fortement anémiés.
1. Metciinikoff, Note manuscrile reproduite dans mon Rapport sur Tétiologie du paludisme au Congrès international d^iygiène de Buda-Pest, 1894.
HÉMATOZOAIRE DU PALUDISME 85
Danilewsky admet comme moi que les conditions de milieu dans lesquelles se trouve le parasite du paludisme exercent une grande influence sur les formes qu'il prend*.
Le traitement intervient aussi. L'administration de la quinine arrête révolution des parasites et empêcKe les corps amiboïdes de s'enkyster; par contre, les parasites à Tétat de croissants résistent mieux à la quinine qu'à l'état de corps amiboïdes. Ce fait, qui a été vérifié par un grand nombre d'observateurs, est bien en rapport avec l'idée d'un enkystement; les éléments parasitaires enkystés sont protégés par leur enveloppe contre l'action de la quinine, beaucoup mieux qu'ils ne le sont à l'état amiboïde.
Les rapports existant entre les corps amiboïdes et les croissants me paraissent être les suivants : le parasite du paludisme se développe d'abord dans le sang sous la forme de corps amiboïdes qui adhèrent d'ordinaire aux hématies, mais qui peuvent se trouver aussi à l'état libre; en général, le développement de ces éléments parasitaires provoque une réaction vive, on est obligé d'intervenir rapidement et de donner la quinine; dans ces conditions, l'hématozoaire n'arrive pas à sa phase d'enkystement; au contraire, chez les cachectiques, l'économie, habituée à la présence des parasites, réagit peu, l'hématozoaire peut parcourir toutes ses phases, pénétrer dans les hématies et s'enkyster, d'autant plus que, le malade n'ayant pas d'accès violents, on tarde beaucoup plus à lui faire prendre de la quinine.
Les parasites enkystés (croissants) peuvent rester pendant longtemps à l'état latent; ils peuvent aussi reprendre tout à coup leur activité.