IV. A QUEL ÉTAT LE MICROBE DU PALUDISME EXISTE -T-IL DANS LE
MiuEU EXTÉRIEUR? — Nous avons VU (Ch. n) qu'avant 1880 un grand nombre d'observateurs avaient cherché vainement le parasite du paludisme dans l'air, dans l'eau ou dans le sol des localités fébrigènes.
Après la découverte de ce parasite dans le sang des malades atteints de fièvre palustre, on pouvait espérer que sa recherche dans le milieu extérieur deviendrait plus facile; jusqu'ici cet espoir a été déçu.
On trouve dans l'eau et dans le sol des localités palustres des
1. Damlewsky, Arch. russes de pathologie, de médecine clinique et de bactériologie, \m, 1.
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amibes* et des éléments munis de flagelles qui ont une grande analogie avec les parasites décrits plus haut, mais comme on ne peut pas isoler ces organismes, ni les cultiver, on n'a pas pu préciser jusqu'ici leurs rapports avec les parasites du paludisme*.
MM. Grassi et Feletti ont constaté d'existence dans les terrains palustres d'une amibe très petite avec des pseudopodes, sans vacuoles contractiles; cette amibe, qui s'enkyste assez facilement, pourrait, dans cet état, être transportée par l'air'. D'après ces observateurs c'est sous cette forme que le parasite du paludisme existe dans le milieu extérieur.
On trouve souvent des amibes en grande quantité dans les localités non palustres et, d'autre part, les amibes desséchées et enkystées sont très rares dans beaucoup de localités insalubres, ce qui paraît infirmer l'opinion émise par MM. Grassi et Feletti.
Le micix)be du paludisme existe probablement dans le milieu extérieur sous une forme qui diffère des formes sous lesquelles nous le connaissons et peut-être déjà à l'état parasitaire.
On verra plus bas que l'hématozoaire du paludisme doit être rangé parmi les Sporozoaires, très près des Coccidies; or il est démontré aujourd'hui que les Coccidies ont souvent, sinon toujours, une évolution dimorphe aboutissant, d'une part, à un stade de reproduction endogène destiné à produire la pullulation du parasite dans les tissus de l'hôte, d'autre part, à un stade sporulé à développement exogène qui est la forme de résistance chargée d'assurer la perpétuation et la dissémination de l'espèce.
C'est ainsi que le Karyophagus Salamandrœ tantôt se reproduit dans le noyau des cellules où il vit, tantôt donne naissance à des kystes qui sont mis en liberté dans la cavité intestinale de la Salamandre et qui vont achever leur évolution à l'extérieur*.
La sporulation n'a pas lieu quand le kyste est maintenu sous l'eau ou qu'il est soumis à la dessiccation. M. le professeur
i. Les peliles amibes trouvées clans l'eau, dans l'air ou tlans le sol des localités palustres ne sont pas pigmentées, mais le pigment de Thématozoaire du paludisme étant vraisemblablement emprunté aux hématies, on doit s'attendre à ce que la forme libre soit dénuée de pigment.
2. A. Laveuax, Traité des fièvres palustres, 1884, p. 45"/. — Maurel, Rech. microscopiques sur l'éliologie du paludisme, Paris, 1887, p. 202. — Patrick Hkhir, Remarques sur le parasite malarial, llyde-rabad médical School, 1896, et The Lancetj 3 déc. 1896.
Héhir a annoncé qu'il avait vu le microbe du paludisme dans Teau, mais il n'a donné, que je sache, aucune preuve à l'appui de cette assertion.
3. GuASsi et Feletti, Acad. des se. nat. de Calane, 4* série, t. V.