‹ Traité du paludisme (volume 3)Chapitre 62 sur 243 · J. Lêmure, Ann. d'hyg, publ. et de méd. lég,, janv · texte numérisé non relu

J. Lêmure, Ann. d'hyg, publ. et de méd. lég,, janv

no ÉTIOLOGIE

Une coinpafrnie du génie, forte de 225 hommes à son départ de Majunga, ne comptait plus à son arrivée à Suberbieville, après avoir travaillé à la construction de la route et des ponts, que 25 hommes qui se traînaient k peine.

Lorsque nous nous occuperons de la prophylaxie du paludisme nous verrons qu'il est possible de prévenir ou d'atténuer pour le moins ces é[)idémies dans les armées en campagne et nous imliquerons les mesures dont Texpérience a montré Tefficacité.

E. Causes débilitantes, fatigues, etc. — Toutes les causes déprimantes, débilitantes : fatigues, excès de toute sorte, anémie résultant de privations ou de maladies antérieures, etc., prédisposent au paludisme.

Maillot et Duboué font remarquer que le paludisme s'observe beaucoup plus souvent chez les pauvres que chez les riches. « Lt^s huit dixièmes des cas d'impaludisme que j'ai observés, écrit Duboué, je les ai vus dans la classe peu aisée ou misérable, et les quelques exemples que j'ai notés parmi les gens riches, s'expliquent presque toujours par des imprudences hygiéniques, des excès de chagrin ou de travail ou d'autres causes débilitantes, qu'il est inutile d'énumérer. » (De l'impaludisme, Paris, 1867.)

L'influence des causes débilitantes est manifeste dans les armées en campagne ; ce sont les soldats les plus jeunes et ceux qui sont soumis aux plus grandes fatigues qui paient au paludisme le plus lourd tribut.

Dans l'armée française, l'infanterie de marine composée d'hommes de 20 à 23 ans a été toujours beaucoup plus éprouvée pendant les expéditions entreprises dans les pays chauds que la légion étrangère composée d'hommes plus âgés.

D'après M. le D*" Rangé, pendant la campagne du Dahomey (1892), les rapatriements pour cause de maladie ont atteint les chiffres suivants * :

Légion étrangère 45 pour 100

Artillerie de marine 51 —

Infanterie de marine 80 —

Le soldat moins bien nourri et soumis à plus de fatigues que l'officier est plus souvent atteint que lui et chez le soldat le paludisme aboutit plus vite et plus facilement à la cachexie que chei l'officier *.

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