PniNGLB, Maladies des armées, Trad. franc., Paris
département de la Gironde boivent de Teau marécageuse ; or, ceux qui filtrent cette eau sur des filtres en charbon ne contractent pas la fièvre palustre, qui sévit au contraire avec intensité sur ceux qui ne prennent pas cette précaution.'. »
Bettington et Moore ont observé aux Indes des faits qui témoignent dans le même sens ' ; dans tel village la fièvre a disparu depuis qu'on a creusé un puits et qu'on ne fait plus usage de Teau des marais ; dans tel autre, les habitants qui boivent de Teau de source sont épargnés presque complètement, tandis que ceux qui boivent de l'eau stagnante sont très éprouvés par les fièvres; Blower a relevé pour certaines communes d'Angleterre des faits analogues.
Au mois de juillet 1834, 120 militaires s'embarquent à Bône (Algérie) sur un navire sarde, ÏArgo) pendant la traversée, qui est longue et pénible, ces militaires sont obligés de faire usage d'une eau très mauvaise, puisée près de Bône, dans un endroit marécageux, tandis que les hommes de l'équipage boivent une eau de bonne qualité; 13 militaires meurent pendant la traversée et, à l'arrivée à Marseille, 98 sont déposés à l'hôpital du Lazaret, € offrant, dit Boudin, les signes les moins équivoques de l'intoxication paludéenne sous toutes les formes, sous tous les types et portée sur quelques-uns au plus haut degré de gravité, ou, si l'on aime mieux, de perniciosité ». Au contraire, les matelots sont épargnés.
« Ce fait démontre d'une façon péremptoire, ajoute Boudin, que la matière paludéenne, à l'état liquide comme à l'état gazeux, absorbée par la surface gastro-intestinale comme par la surface bronchique, provoque également l'intoxication. » (Traité des fièvres intermittentes, 1842.)
Cette interprétation a été souvent discutée. On a dit que la nature palustre des accidents observés chez les soldats de l'^lr^o n'était pas démontrée, qu'il s'agissait peut-être d'une épidémie de fièvre typhoïde '.
Il est difficile de croire que Boudin se soit mépris complètement sur la nature des accidents qu'il observait, et que les malades qui
1. Félix Jacqlot, De Torigine miasmatique des fièvres endémo-épidémiqiies, Ann, d'hygiène pubL et de méd, lég,, 1834.
2. Bettihoton et Moore, cités par Parkes, Traité d'hygiène, Londres, 1869, et par E. Valun, art. Marais du Diction, encyclop. des se, méd.
3. L. Colin, De l'ingestion des eaux marécageuses comme cause de la dysenterie et des fièvres, Ann, dhyg, publ. et de méd, lég., 1872.
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présentaient, selon lui, « les signes les moins équivoques de Tîntoxication paludéenne sous toutes les formes, sous tous les types », aient eu la fièvre typhoïde, mais on peut admettre que les militaires deVArgo étaient impaludés au moment de leur embarquement et cela d'autant mieux qu'ils venaient de Uône.
Parkes * et de Chaumont • insistent sur ce fait, qu'en Angleterre, les fièvres palustres ont disparu dans beaucoup de localités à partir du moment où les habitants de ces localités ont pu se procurer de l'eau de bonne qualité et n'ont pas été contraints de faire usage pour la boisson d'eaux stagnantes, marécageuses. C'était de l'eau ayant cette origine qu'on buvait tout récemment encore à Sheerness, à l'embouchure du Medway, où la fièvre intermittente était si fréquente (De Chaumont).
Dans les pays les plus malsains, des voyageurs disent avoir réussi à se préserver des fièvres palustres en ne faisant usage que d'eau bouillie pour la boisson.
Le D*" Ch. Blanc, qui a parcouru dos régions très insalubres en Abyssinie, insiste beaucoup sur l'utilité de cette mesure prophylactique; un officier anglais (jui ne but, comme Ch. Blanc, que de l'eau bouillie ou filtrée avec soin, fut préservé comme lui, tandis que toutes les autres personnes faisant partie de la même mission furent atteintes de fièvre ou de dysenterie '.
J'ai constaté en Algérie quelques faits favorables à l'origine hydrique du paludisme *.
Vandyke Carter ', Manson • et la plupart des médecins des Indes admettent que l'infection palustre peut se faire par l'eau de boisson. « Les fiévreux de l'hôpital de Greenwich sont pour la plupart, dit Curnow, des marins appartenant à des navires ayant pris de l'eau de rivière à Savannah, à Rangoon, aux embouchures du Danube ou du canal de Panama ; souvent ils ont contracté la fièvre sans avoir atterri dans ces régions palustres, tandis que la malaria est très rare parmi les équipages des paquebots qui touchent aux