‹ Traité du paludisme (volume 3)Chapitre 8 sur 243 · E. Vallix, art. Marais du Diction, encyclop. des se, méd · texte numérisé non relu

E. Vallix, art. Marais du Diction, encyclop. des se, méd

La campagne romaine a un aspect bien différent : le sol est dénudé, il se recouvre seulement au printemps d'un tapis de verdure bientôt desséchée par le soleil ; pendant Tété la terre est nue, aride, fendillée ; les marais proprement dits sont très rares.

L'Agro romano représente plus de 200 000 hectares.

La ville de Rome, bien que située au milieu de ces zones dangereuses, est salubre; même pendant la période endémo-épidémique, les Romains sont à Tabri des fièvres palustres à condition de ne pas^ franchir le mur d'enceinte de la ville.

Les marais qui bordent les côtes de l'Adriatique, la Fouille, la Basilicate, les Calabres, les côtes de la Sicile et de la Sardaigne sont des foyers intenses de l'endémie palustre.

En 1894, une belle carte de la malaria en Italie a été dressée par la Direction générale de la statistique du Royaume; cette carte indique avec dix teintes différentes les degrés de mortalité par le paludisme, d'après les statistiques des années 1890, 1891 et 1892 *.

Le nombre total des décès dus au paludisme a été pour ces trois années de 49 407, ce qui correspond à une moyenne de 54 par an pour 100 000 habitants. Dans les communes les plus atteintes, la mortalité due au paludisme s'élève à 8 pour 1000; ces communes sont situées principalement dans la partie sud-ouest de la Sardaigne, sud-est de la Sicile, dans la Basilicate et autour des marais Pontins.

Sur les rivages de la Méditerranée, on trouve des foyers endémiques graves à Grosseto dans l'Agro-Pontino, aux environs de Sdlerne et de Pœstum.

Sur les côtes de l'Adriatique la zone la plus malsaine commence au-dessous du cap Gargano et descend jusqu'à la Basilicate

A Rome le nombre des décès dus au paludisme a diminué rapidement depuis 1881, il était à cette époque de 650 pour toute la population de cette ville, il est tombé à 505 en 1882, à 139 en 1892, et à 189 en 1893. Presque toujours il s'agit de fièvres contractées en dehors de la ville.

Les fièvres prennent souvent des formes graves, qui sont rares dans les régions centrales de l'Europe ; les continues palustres et les accidents pernicieux, dont nous signalerons plus loin la grande

4. Carta délia malaria in Italia pubblicata dalla direzione générale dclla Statistica del Regno, Roina, 1894. Voyez aussi Cl. Sforza et Raniero Gioliarelli, La malaria in Ilalia, Roma, i885.

10 ÉTIOLOGIE

fréquence en Afrique et aux Indes, sont déji^ communs en Italie et

en Grèce.

Sur les côtes d'Espagne et du Portugal on trouve sur beaucoup de points, notamment à Tembouchure du Guadalquivir, des marais fébrigènes.

2° Asie. — En Asie comme en Europe le paludisme, inconnu dans les régions septentrionales et dans les parties élevées (Kamtchatka, Sibérie, plateau central), règne avec intensité <lans les régions méridionales; ses principaux foyers se trouvent sur les côtes basses de la Méditerranée, de la mer Noire et de la mer Caspienne, en Palestine, en Mésopotamie (surtout entre le Tigre et TEuphrate), sur les côtes du golfe Persique, dans TAfghanistan, aux Indes (côtes, plaine et delta du Gange, régions des jungles et des rizières), dans Tîle de Ceylan, dans la Cochinchine, TAnnam, le Tonkin et sur les côtes sud de la Chine ; au Japon les fièvres deviennent rares.

D'après la Statistique médicale de Tarmée russe la morbidité due aux fièvres palustres a été en 1893 de 668 pour 1000 dans le Turkestan; elle avait été de 982 pour 1000 en 1890; le poste de Samarkande en particulier est très éprouvé.

Dans le territoire transcaspien (Russie d'Asie) la morbidité due aux fièvres palustres a été, en 1893, de 233 pour 1000 dans l'armée russe; elle avait atteint 5S7 pour 1000 en 1890.

Les deltas de l'Indus et du Gange formés par un sol bas et marécageux souvent inondé, couvert de hautes forêts ou de jungles, sont très insalubres et tout le littoral de la presqu'île des Indes présente, quoique à un moindre «legré, la même cause d'insalubrité; presque partout on rencontre des marais couverts de jungles; la côte occidentale est la plus insalubre. Au pied de l'Himalaya existe une contrée marécageuse et boisée très malsaine, leTeray; au contraire, dès qu'on s'élève sur les pentes de l'Himalaya on trouve des régions très salubres.

A Ceylan, même ceinture de marécages sur les côtes et même gravité de l'endémie; les parties élevées qui constituent le plateau central de l'île sont salubres.

Aux Indes le paludisme fait six fois plus de victimes que le choléra, qui est si redouté.

D'après Morehead, la mortalité par les fièvres palustres compte pour 40,20 pour 100 dans la mortalité générale K Les formes

1. MoREHBAD, Clinical Researches on Disease in India, London, 1860. — Patrick Manson, Hunterian Society, The annual Oration, 1894.

RÉPARTITION DE L'ENDÉMIE PALUSTRE il

continues deviennent prédominantes. Parmi les intermittentes, 90 sur 100 sont du type quotidien, 10 sur 100 du type tierce, le type quarte est très rare '.

Dans le royaume de Siam Tendémie palustre a beaucoup de gravité *.

En Cochinchine et au Tonkin les fièvres palustres représentent les trois cinquièmes et quelquefois les deux tiers des maladies internes. Les fièvres s'observent en toute saison, mais cVst dans le troisième trimestre qu'elles régnent avec le plus d'intensité. Le littoral est la zone la plus dangereuse '.

La basse Cochinchine n'est en réalité qu'un grand delta formé parles alluvionsdu Mékong et soumis à des inondations annuelles; les deux tiers du pays sont cultivés en rizières.

A Nam-Dinh (Tonkin), M. le docteur Morand a constaté, dans la garnison, que les fièvres pïilustres fournissaient un septième du chiffre total des entrées à l'hôpital, et comme, dans les cas légers, les hommes étaient soignés à l'infirmerie ou à la chambre, ce chiffre est certainement bien inférieur au chiffre réel.

Le type intermittent est de beaucoup le plus fréquent; sur les 119 malades entrés à l'hôpital de Nam-Dinh, on comptait 104 fièvres à type intermittent et 15 fièvres rémittentes.

La fièvre intermittente quotidienne est la forme la plus commune au Tonkin, les tierces et les quartes sont rares, ainsi que les accès pernicieux.

En Chine Hongkong et Macao sont des foyers intenses de paludisme.

A Pékin la fièvre intermittente est assez commune chez les Chinois, mais elle est presque toujours bénigne, les accès pernicieux sont très rares *.

3** Afrique. — L'empire du paludisme y est immense '.

En Algérie, le paludisme est commun et grave sur le littoral et

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