INCUBATION
chez des sujets qui n'ont jamais présenté de symptômes de paludisme que chez ceux qui ont eu une ou plusieurs atteintes de fièvre. II arrive souvent que des personnes qui ont séjourné dans des pays malsains ne présentent les symptômes du paludisme que plusieurs mois après avoir quitté ces pays et alors qu'elles habitent une contrée salubre.
Nous avons vu plus haut que Ferrus avait observé des exemples de ces longues incubations.
« Je connais, écrit Maillot, plusieurs officiers qui sont partis d'Afrique sans y avoir jamais eu la fièvre intermittente pendant un séjour de plusieurs années et qui, à leur rentrée en France, ont éprouvé des accès qui s'accompagnaient d'accidents tels qu'on ne pouvait avoir de doutes sur la nature de leur cause. » (Traité des fièvres intermit., 1836, p. 263.) Les faits signalés par Ferrus et Maillot ne sont pas rares. Il n'y a pas de médecin de nos colonies, écrit Dutroulau, qui n'ait observé ces longues périodes d'incubation et Dutroulau en cite plusieurs exemples *.
Braune, Fiedler et Vallin ont vu aussi la fièvre palustre se produire chez des personnes qui avaient quitté depuis plusieurs mois les localités palustres*.
Une première atteinte de fièvre intermittente ne confère aucune immunité; bien au contraire, on peut dire que dans les fièvres palustres la rechute est la règle. Durand de Lunel a observé des rechutes 87 fois sur 100'.
Dans la plupart des cas, il s'agit de rechutes dans l'intervalle desquelles l'agent du paludisme reste à l'état latent; mais à côté de ces rechutes il y a aussi de véritables récidives, impliquant une nouvelle infection ; aussi est-il très difficile de guérir les palustres qui ne peuvent pas s'éloigner du foyer dans lequel ils ont pris la fièvre.
\. DuTROULAi', Traité des mnlad. des Européens dans les pays chauds, 2^ édit., p. 232.
2. E. Vallis, Noie de la traduction franc, du Traité des malad. infect, de Grieâinger, p. 21.