DuRA!<r> DE LuNBL, Gaz. méd, de Paris
malade a une sensation très pénible de froid, on note souvent 40" dans le rectum ou dans Faisselle; la sensation de froid est donc essentiellement subjective.
Le pouls est petit, accéléré.
Pendant cette période de Taccès, les malades éprouvent une céphalaljrie frontale plus ou moins violente et de la rachialpie qui remporte parfois en intensité sur la céphalalgie.
La rate est souvent douloureuse.
On note fréquemment des nausées ou des vomissements.
Au bout d'un temps variable, de deux heures par exemple, la sensation de froid est remplacée par une sensation de chaleur qui va en augmentant.
Le malade se découvre; il souffre d'une soif ardente; la peau est sèche, brûlante, au niveau du tronc comme aux extrémités; le thermomètre placé dans l'aisselle monte souvent au-dessus de 40^
La face est congestionnée.
Le pouls est fort, accéléré.
La céphalalgie est intense, surtout frontale; on observe souvent un peu de délire, même dans le cours d'accès de moyenne intensité, qui ne méritent pas d'être rangés parmi les accès pernicieux.
La durée du stade de chaleur est très variable (2 à S h. ou même davantage).
A la fin de ce stade la peau devient moite-, puis se couvre de sueur; la sensation pénible de chaleur, la soif et la céphalalgie diminuent progressivement; une sensation de bien-être remplace le malaise des périodes précédentes ; la température s'abaisse rapidement; le pouls est ample et il revient à son chiffre normal ou même tombe au-dessous.
Les sueurs qui caractérisent ce stade sont souvent si abondantes qu'il est nécessaire de changer à plusieurs reprises la chemise et les draps du malade.
La durée du stade de sueurs est variable comme celle des autres stades.
L'accès de fièvre intermittente ne répond pas toujours, tant s'en faut, à ce type classique.
Le frisson manque souvent au début des accès, surtout dans les pays chauds et pendant la saison chaude ; c'est là un fait important au point de vue du diagnostic. Pour beaucoup de malades le frisson est le phénomène le plus important de l'accès qui, par suite, passe' facilement inaperçu quand le frisson fait défaut.
En Algérie j'étais obligé souvent de faire coucher des malades lont la température axillaire était de 39 à 40**, mais qui, n'ayant pas eu de frisson, prétendaient ne pas avoir la fièvre.
Le stade de sueurs peut aussi faire défaut presque complètement.
Il n'y a donc pas de rapport constant entre la durée des trois stades de l'accès et un ou deux de ces stades peuvent manquer, le stade de chaleur étant seul constant.
On n'ohsorve jamais les types inverses décrits par quelques auteurs dans lesquels le stade de sueurs précéderait le stade de chaleur par exemple.
L'accès de fièvre peut être irrégulier par suite de sa longue durée ou parla gravité des accidents qui le compliquent; dans ce dernier cas il rentre dans le cadre des accès pernicieux qui seront étudiés à part.
I>. Élude thermométrique de V accès, — Cette étu(te a été très bien faite par Gavarret*, MichaëP, Wunderlich' et Lorain*.
On sait, depuis les recherches publiées dès 1839 par Gavarret, que l'ascension thermique (température des parties centrales) commence un peu avant l'apparition du frisson et qu'elle se continue pendant toute la durée de celui-ci, bien que les malades éprouvent une sensation très vive de refroidissement et de frisson.
Le frisson s'explique quelquefois par un abaissement réel de la température des parties périphériques, mais le plus souvent la température de ces parties s'élève comme celle des parties centrales.
Lorain fait remarquer que l'élévation brusque de la température chez le fébricitant a pour effet la désadaptation de son corps d'avec le milieu extérieur qui paraît froid, et il pense que le frisson peut s'expliquer ainsi.
H est certain que le frisson est beaucoup plus rare dans les pays chauds et dans la saison chaude que dans les pays froids et dans la saison froide; la désadaptation invoquée par Lorain peut contribuer à augmenter l'intensité du frisson, elle ne suffit certainement pas à l'expliquer.
Le frisson fébrile est essentiellement un phénomène nerveux
l. Gavarret, Rech. sur la température dans la fièvre intermittente, Journal l'Expérience, 1839.
1 MiCBACL, Archiv. f, physioL Heilk., 1856, t. XV, p. 39. 3. WrxDERLicH, De la température dans les maladies. Trad. fr., 4872, p. i2i. (. LoRAn, Études de médecine clinique, t. Il, p. 5.
•qui se rattache sans doute à Firritation spinale (V. Ch. viii, Pathogénie) ; on s'explique ainsi qu'il présente, suivant les individus, de^ si grandes difïérences au point de vue de sa durée et de son inteo-^ site.
Le tracé reproduit dans la figure 8 donne les températures dui rectum, de la bouche, de Faisselle et de la main pendant un accès de fièvre intermittente. On voit par ce tracé que la température de \ Faisselle subit des variations analogues à celles de la température | du rectum, à quelques dixièmes de degré au-dessous, on peut
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Fig. 8. — Un accès de tièvrc intermitteute. Courbos des températures du roctom, de la bouche, de l'aisselle et do la main (d'après I^rain). ••••••••...••...••• Température du rectum.
Température de la bouche.
Température do raissellc.
«««««««««««««<)i«« Température do la main.
donc étudier la thermométrie des fièvres palustres en se bornant à prendre la température axillaire. Les tracés thermo métriques que je donne dans cet ouvrage ont été établis avec les températures axillaires.
Dans les fièvres intermittentes il est nécessaire de prendre souvent la température des malades; si Ton se contentait de faire deux observations par jour, comme dans les fièvres continues, un accès survenu dans l'intervalle des observations pourrait passer inaperçu. Pour établir le tracé thermométrique des accès de fièvre intermittente on prendra la température au moins toutes les heures.
Le fastigiuni thermométrique s'observe ' d'ordinaire vers le rilieu de la période de chaleur; la température atteint le plus souenl40 à41\
On a observé des températures de 42® et de 43**, Hirtz a noté uns un cas le chiffre exceptionnel de 44*^ C. M. le professeur Ch. Richet a communiqué en 1894 à la Société e biolog^ie un fait d'hyperthermie extraordinaire observé par le fofesseur Caparelli de Catane*; chez une femme atteinte de fièvre Dtermittente la température se serait élevée à deux reprises
On sait que chez les animaux placés dans des étuves ou exposés m plein soleil, la mort arrive invariablement quand la tempéraure centrale atteint 45 ou 46'', le fait signalé par le D»- Caparelli »tdonc très remarquable, s'il n'y a pas eu de cause d'erreur; il »l vrai de dire que dans les accès de fièvre intermittente les très iaules températures sont mieux supportées que dans d'autres fevres parce que le fastigium est de courte durée.
A la fin de la défervescence, la température s'abaisse souvent lu-dessous de la normale, à 36°, voire même à 35®.
E. Durée des accès. — La durée des accès de fièvre intermit-
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Fig. 9.
Fig. 10.
fente est assez variable; on peut, je crois, établir trois types d'accès :
Accès courts qui durent de 4 à 8 h. ;
Accès moyens qui durent de 8 à 12 h. :
*• Soc. de biologie, 49 mai 1894.
Accès prolongés qui durent de 12 à 24 h. et même jusqut
36 et 40 h. i
Les figures 9, 10, 11 indiquent la marche de la tennpéralure
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Fig. 11.
dans trois accès de fièvre, les premiers de courte durée (7 h.), le troisième de longue durée (15 h.).
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Fig. 1-2.
Fig. 13.
Fig. 14.
Fip. 1-2. — Accès de fièvre ayant duré 36 h. Lo sulfate de qaiuine a été donné à 1» dose
de 1 gr. 60 pou«iant doux jours, puis à la dose de 0 gr. 60. Fip. 13. — Fièvre intermittento avec accès subintrants. Les accès observés les troisicmc *
quatrième jours so sont confondus en un seul. Fig. 14. — Fièvre intermittente avec accès subintrants.
Pour établir ces tracés la température a été prise d'heure eu heure.
Les accès de longue durée présentent, comme les accès moyens qui sont de beaucoup les plus fréquents, les trois stades de frisson
e chaleur et de sueurs ; c'est surtout le stade de chaleur qui est rolongé.
Le tracé 12 est celui d'un acc^s de fièvre interinittento qui s'est rolongé pendant 36 h.
Ces longs accès de fièvre, qui sont à peine signalés par la lupart des auteurs, présentent cependant un grand intérêt, B expliquent les accès snbintrants, et ils permettent de comrendre pourquoi certaines fièvres intermittentes semblent tout
coup devenir continues pour reprendre ensuite le type interlittent.
Les tracés 13 et 14 se rapportent à des malades atteints de fièvre iitermit tente quotidienne bien caractérisée, chez lesquels des ccès ont anticipé les uns sur les autres de telle sorte que, dans intervalle des paroxysmes, la température, au lieu de s'abaisser lU chiffre normal ou au-dessous, comme c'est la règle, est restée ébrile.
F. Pouls. Souffles cardiaques inorganiques. Souffles vasculaires. - Dans les accès réguliers le pouls s'accélère en même temps |ue la température monte, mais la fréquence du pouls n'est pas loujours en rapport avec l'élévation de la température.
A la fin des accès le pouls se ralentit souvent, en même temps jue la température tombe au-dessous de la normale, parfois on ne trouve plus à ce moment que 18 à 52 pulsations par minute.
Lorain a étudié à l'aide du sphygmographe les variations du pouls pendant les accès.
• On juge très bien du stade par les tracés du pouls, dit Lorain (op. cit., p. 15); il est petit et tremblé dans le stade du frisson, plus ample sans exagération dans le stade de chaleur, encore plus ample dans le stade de sueur. »
On observe souvent des souffles anémiques à la base du cœur et <lans les vaisseaux du cou, je n'ai pas à insister sur les caractères de ces souffles.
M. le D' Rauzier a constaté, chez des malades atteints de fièvre intermittente, l'existence d'un souffle cardiaque coïncidant avec le premier bruit et ayant son maximum au voisinage de la pointe; te souffle ne se prolongeait pas dans les vaisseaux du cou et il s accompagnait quelquefois d'un dédoublement du deuxième bruit i la base '.
^.Rauhbh, De certaines localisations cardiaques de l'impaludisme aigu, Revive de ^decine, 1890.
D'après Rauzier il s'agirait d'une insuffisance mitrale fonctionnelle.
Ascoli a cité un cas qui se rapproche des faits observés par Rauzier.
J'ai souvent cherché en vain le souffle décrit par Rauzier, je crois pouvoir dire, tout au moins, qu'il se rencontre rarement.
G. ErujHîons. Herpès, Urticaire. — On observe fréquemment de i l'herpès à la suite des accès de fièvre intermittente; en général, l'éruption, très limitée, siège à la face : lèvres, joues, ailes du neï, quelquefois aux oreilles ou sur les muqueuses.
Chez un malade atteint de fièvre intermittente j'ai observé «ne éruption d'herpès qui occupait les lèvres, les ailes du nez et toute la muqueuse de la voûte palatine ; la muqueuse était douloureuse, rouge, et sur ce fond rouge on distinguait les vésicules d'herpès sous forme de petites taches blanches, légèrement saillantes, bien séparées les unes des autres.
Après l'herpès, l'éruption la plus commune dans la fièvre intermittente est, sans contredit, l'urticaire*.
Chez certains malades, chaque accès s'accompagne d'une éruption ortiée plus ou moins abondante qui disparaît avec l'accès; Zeissl a observé une série de 14 accès de fièvre tierce accompagnés de papules ortiées grosses comme des œufs de pigeon '.
Plusieurs malades chez lesquels j'ai noté l'urticaire, m'ont dit qu'avant d'avoir les fièvres et même avant de venir en Algérie, ils avaient eu une ou plusieurs poussées d'urticaire, il existait donc dans ces cas une prédisposition qui, du reste, n'est pas nécessaire. L'urticaire palustre peut se présenter sans accès fébriles (V. Formes larvées), mais le fait est très rare.
J'ai noté fréquemment l'existence de taches ombrées; dans tous ces cas, il y avait des pediculi pubis; la relation de cause à effet qui a été signalée par MM. Moursou et Duguet entre ces parasites et les taches ombrées, est aujourd'hui hors de doute'.
Je n'ai jamais rencontré de taches rosées chez les malades atteints de fièvre palustre.
1. Kaposi, Traité des malad. de la peau. Trad. de Doyon et Besnier, 1. 1, p. *<'• — Vbrneuil etMERKLBir, Des manifestations cutanées du paludisme. Ann, dedemuUol' et de syphiligr., 4883. — Guklliot, Lardibr, Observ. d*urticaire paludique, w^»" Rec, 1883. — Andréa Ghristiani, De l'urticaire malarique. Th., Pise, 1887.
2. Zeissl, Viert. f. Dermat.^ 1879, cité par H. Leroux, Art. Urticaire du Uicimenyclop, des se, méd,