‹ Traité du paludismeChapitre 127 sur 291 · CONTINUES · texte numérisé non relu

CONTINUES

INTEIIM.

covmicKS

On voit que la presque totalité des continues a été observée pendant les mois de juillet, août, septembre et octobre, c'est-à-dire pendant les mois les plus chauds.

Aux Indes, la continue palustre devient la forme dominante.

Les principales causes de la continuité des fièvres palustres paraissent être : la chaleur extérieure, qui augmente la gravité de rinfection chez Thomme et qui active révolution de B, fnalariœ chez le moustique et la réaction vive que produit, surtout chez les individus vigoureux et sanguins, une première atteinte du paludisme.

La chaleur extérieure, lorsqu'elle atteint 45** à Tombre, ce qui n'est pas rare en Algérie pendant les mois de juin à octobre, exerce une influence manifeste sur tous les fébricitants. L'individu sain se défend avec peine contre ces hautes températures, à plus forte raison la lutte est-elle difficile pour le fébricitant qui produit luimôme une quantité exagérée de calorique. On a constaté, depuis longtemps, que la fièvre typhoïde était plus grave en Algérie qu'en France ; quand le sirocco souffle, tous les tracés thermométriques s'en ressentent, l'état de tous les fébricitants s'aggrave.

On a vu (p. 16S) que la chaleur extérieure avait une action manifeste sur la rapidité de l'évolution de H, malariœ dans le corps des Anophèles; il est très vraisemblable que la virulence du parasite augmente en raison do son activité évolutive.

Annesley, Griesinger et L. Colin ont insisté avec raison sur ce fait que les continues s'observent presque exclusivement comme

fièvres de première invasion, chez des individus nouvellement arrivés dans les localités palustres et jusqu'alors indemnes K

En Algérie, la continue n*atteint presque jamais les indigènes, ni les anciens fébricitants, elle peut cependant se produire chez des individus qui ont déjà eu une ou plusieurs atteintes de fièvre intermittente.

La rémittente, dit Just Navarre, est presque toujours la première manifestation du paludisme dans les pays chauds'.

Maget au Tonkin', Vincent et Burot à Madagascar ^ constatent que rinfeclion palustre débute le plus souvent par une fièvre rémittente qui dure plusieurs jours; les fièvres franchement intermittentes se produisent lors des rechutes.

Parmi les causes propres à favoriser la transformation d*une fièvre intermittente en fièvre continue, il faut citer encore : les fatigues, les excès alcooliques, Texposition en plein soleil, Tabsence de tout traitement.

B. Description, — Entre la fièvre intermittente quotidienne et la continue palustre, on trouve une série de formes intermédiaires qui permettent de suivre les différentes phases de transformation d'une quotidienne en continue.

€ Pour mon compte, écrit Dutroulau (op. cit., p. 219), je n'hésite pas à dire que tant qu'on verra dans les seules modifications de l'intermittence par la rémittence et la continuité, des caractères suffisants pour constituer des difTérenccs de nature et d'espèce, on n'aura pas de notion exacte de la pathologie générale des fièvres paludéennes dans les pays chauds. Il faut en tenir compte, comme influence du climat sur la gravité et sur les formes symptomatiques de ces fièvres, et comme indications importantes sur le choix des moyens de traitement; mais il faut toujours les rapporter au type intermittent et à la nature palustre dont ce type est le caractère. La dénomination de fièvre intermittente sous laquelle on a désigné de tout temps la fièvre paludéenne, prouve l'importance que Ton a toujours attachée à ce type, et si elle ne parait pas convenir aussi généralement que celle qui indique la cause et la nature, et paraît même impropre dans les

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