‹ Traité du paludismeChapitre 139 sur 291 · Daullé, Th. Paris · texte numérisé non relu

Daullé, Th. Paris

BILIEUSE HÉM06L0BINURIQUE 281

Les urines tachent le linge en rouge sale et précipitent par l'acide azotique.

L*examen spectroscopique qui a été fait, pour la première fois, par Corre et Venturini ne laisse aucun doute sur la présence de l'hémoglobine. « Deux bandes de réduction très nettes ont été constatées, écrit Corre, entre les lignes D et E de Frauenhofer, Tune plus large dans le vert, presque dans la limite du vert et du jaune; Tautre plus étroite dans le jaune, en se rapprochant de lorangé. Ces deux bandes se rapportent bien à Thémoglobine. » (Arch. de méd. nav., 1878.)

Tous les observateurs qui ont contrôlé ces faits sont arrivés aux mêmes résultats que Corre et Venturini.

A Texamen microscopique on ne trouve, dit Boisson, aucun globule rouge; le spectroscope montre les raies d'absorption de loxyhémoglobine et plus tard celles de la méthémoglobine et de Turobiline*.

Le spectre de Thémoglobine oxygénée (oxyhémoglobine) diffère notablement de celui de l'hémoglobine réduite; le premier est caractérisé par deux bandes noires séparées par un espace vert clair, le deuxième par une seule bande grisâtre, assez large, et moins bien délimitée que les bandes du spectre de Toxyhémoglobine.

Berthier a trouvé des hématies, en très petit nombre, dans Turine de quelques malades atteints de bilieuse hémoglobinurique; la présence de Toxyhémoglobine en grande quantité est constante, dit-il, et facile à constater à l'aide du spectroscope'.

Le sang recueilli pendant l'accès donne un sérum qui a la coloration normale, il n'y a donc pas hémoglobinémie (Berthier).

L'absence presque complète d'hématies dans les urines doit faire rejeter l'ancienne dénomination de fièvre bilieuse hémalurique.

La rapidité avec laquelle se produit la coloration ictérique a pu faire admettre par quelques auteurs qu'il s'agissait d'un ictère hématique; l'abondance des vomissements bilieux et la présence presque constante de la matière colorante biliaire dans les urines attestent l'hypersécrétion et la résorption de la bile. On peut donc conclure à un ictère d'origine biliaire; l'existence de l'ictcre hématique est d'ailleurs encore contestée.

1. BonsoN, Laflèyre palud. bilieuse hémoglobinurique, Revue de médecine, 1890, p. 363.

2. A. BiRTmiR, PatbogéQÎe et traitement de Thémoglobinurie paludéenne, Arch. de méd. expér., 1800, p. 628.

La destruction des hématies atteint des proportions énormes ; chez un malade de Boisson le cliifEre des hématies tomba en 24 h.

de 1 700000 à 670 000 par millimètre cube.

Les hématies sont altérées, elles forment en s*accolant les unes aux autres des amas irréguliers; Thématoscope révèle une grande pauvreté du sang en hémoglobine.

Dans les cas graves, Thémoglobine tombe de 12 à 14 p. 100 au-dessous de la normale; dans un cas cité par Ziemann, l'hémoglobine du sang a été réduite en 2 jours à 50 p. 100 *.

Quand la mort arrive pendant la crise d*hémoglobinurie, les reins présentent des altérations remarquables (V. Ch. IX, Anat. pathol.); ils sont infiltrés de sang. A plusieurs reprises, j*ai constaté qu*on trouvait des hématies en grand nombre dans les tubuli, d*oii Ton peut conclure que la destruction des hématies s'opère dans les reins ou dans la vessie.

3^ Nature, — La nature et la pathogénie de la bilieuse hémoglobinuriqueont été Tobjetde nombreuses discussions et aujourd'hui encore les Auteurs sont loin d'être d'accord sur ces questions.

Les opinions émises peuvent se ramener à trois.

i° La bilieuse hémoglobinurique n'a rien à voir avec le paludisme, elle est produite par un microbe spécial.

2° La bilieuse hémoglobinurique est produite par une intoxication quinique; le paludisme ne joue que le rôle de cause prédisposante.

3° Le paludisme a un rôle prépondérant dans l'étiologie de la bilieuse hémoglobinurique mais d'autres facteurs interviennent.

Yersin a signalé Texistence, dans les cylindres et dans les épithéliums urinaires de plusieurs malades atteints de bilieuse hémoglobinurique, d'un bacille qui se colore et qui se cultive facilement ^

D'après Bréaudat, il s'agit simplement de coli-bacilles *.

Dans les urines recueillies aseptiquement, pendant des accès de bilieuse hémoglobinurique, Berthier n'a trouvé aucun organisme cultivable par les procédés ordinaires.

L.-W. Sambon a rapproché la bilieuse hémoglobinurique de la Fièvre du Texas et il a supposé qu'elle était due, comme rhémo-

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