‹ Traité du paludismeChapitre 145 sur 291 · BoNRiT, Trailé des Bërres iaterinlt., Paris, 183S · texte numérisé non relu

BoNRiT, Trailé des Bërres iaterinlt., Paris, 183S

FIÈVRES LARVÉES 291

partie malade; car elles sont en petit ce que les fièvres intermittentes sont en grand. » {Op. cit., p. 46.)

Dutroulau critique l'expression de fièvre intermittente larvée, qui doit être abandonnée, suivant lui *.

« La forme latente des pyrexies paludéennes, écrit E. Collin, n'est pas aussi commune qu'on le pense généralement; du moins elle se montre fort rarement en Afrique. Le seul symptôme positif sous lequel ces fièvres aiment parfois à se masquer est la céphalalgie rémittente ou continue et, si j'en juge par ce que nous observons en ce pays, les auteurs me semblent avoir chargé outre mesure leur tableau des fièvres larvées. Faut-il en conclure que cette forme latente et capricieuse ne sait plus se produire là où régnent souverainement les types manifestes et fortement prononcés, ou bien ne serait-ce pas une raison de croire que bon nombre de fièvres larvées existent moins dans la nature que dans l'imagination des nosographes? » {Rec, iném, de méd. milit., 2* série, t. IV, p. 121.)

Les fièvres larvées semblent plus communes dans les pays tempérés que dans les pays chauds; elles ont été signalées comme fréquentes par les médecins du Caucase; elles paraissent aussi plus communes chez l'enfant que chez l'adulte.

D'après Lozinsky, les formes larvées du paludisme s'observent surtout chez les sujets débilités par une maladie antérieure, tandis que les individus sains et robustes ont des formes franches.

La localisation se fait souvent sur les organes ou les tissus qui ont déjà souffert; on trouve là une application de la théorie des loci minoris resistentiœ^ ou, autrement dit, des points faibles.

D'après Zakhariane, le nombre des parasites est beaucoup moindre dans les fièvres larvées que dans les autres formes du paludisme et l'hypersplénie est peu prononcée.

Triantaphyllidès- admet que, chez les sujets qui ont été touchés par le paludisme, l'infection laisse à sa suite une diathèse ou prédisposition morbide indépendante de toute altération organique appréciable S diathèse qui reste latente ou qui, sous l'influence de Causes occasionnelles, se traduit par des troubles variés dont le point de départ paraît être dans le système nerveux et principalernent dans le grand sympathique. Les troubles morbides dépendant

1. Dutroulau, Traité des malad. des Européens dans les pays chauds, voir ri<3lamnient p. 212.

2. Triantaphtllidès, De la diathèse palud. au Caucase, Grèce médicale, 1898-1899.

aȕ FORMES CLIMOL'ES

de la diathëse palustre se produiraient chez des sujets n*ayant plus d'hématozoaires. La théorie est ingénieuse, mais bien hy|Hithitique. 11 est vraisemldahle que le paludisme agit souvent comme cause prédisposanle, en alTaiblissant l'organisme, en diminitaDlsi résistance aux autres agents inorbigènes.

A. Néi'rnigîes. Céphalalgie. — La nôvralfçie intermittente est 11 forme, Je ne dirai pas la plus commune, mais la moins rare des lièvres larvées.

Strack, Arloing, Nepple, Bonnet de Bordeaux, Duboué, Lasrelette, Béni-Barde, ont cité des faits de névralRie intermitlcnle d'origine probablement ]^)alustre'.

Tantôt la névralgie intermittente s'accompagne d'un moun-itieiil fébrile, tanliM elle est apyrélifjue.

Les névralgies de la cinquième paire, surtout celles des branches sus ou sous-orbitaires, sont les plus fréquentes ; viennent ensuili^ celles du nerf occipital, des nerfs intercostaux et du sciatique*.

La névralgie sus-orhitaire palustre s'accompagne d'une injef' tion plus ou moins forte de la conjonctive, de photopbobie, de larmoiement et c'est probablement à cette névralgie quU faut allribuer les cas d'ophtalmie intermittente signalés par quelques auteurs.

Les personnes chez lesquelles le paludisme se manifeste pir une névralgie intermittente ont souvent des prédispositions *|ui expliquent celte localisation.

L'action adjuvante du froid, qui n'est pas douteuse, permet de comprendre pourquoi la névralgie palustre a été observée plu« souvent dans les pays tempérés que dans les payscbauds.

Il ne suffit pas qu'une névralgie ail le caractère intermittent, ni même qu'elle disparaisse après l'administration de la quinlnp. pour ([u'on soit autorisé à dire qu'il s'agit d'une fièvre larvée.

Des névralgies, des névrites traumatiques même, peuvent donner lieu, en debors de toute influence palustre, â des douleurs iolî^H mittentes qui cèdent â l'emploi de la quinine. ^^|

1. $T8ACH, OIjs. iiii'd. (le Tebribus intermit., HSS, p. 107 cl suiv. — Ahlodn. Fièvre» Inrïées, Juara. yi"!!. de mèd. dt Sédiltol, ISIB. — Xepple, Essai sur les Otnn ré4DitleDtes a inleriu . Pnris. 1X28, p. 127, — lIONsrr, Tnùtè des ll<>'vr<« inlemiL. IS33. — DtiBout. 1)1- l'iitipnludtsme, 1807, p. ISO. ~ Ligiiclrtte, I(« la scialiiiup. Tli. Paris. 1870. p. 232. — RtM-BARDS. Trnilê d'Iinlrotbârapip. IH7i. — MAKotn. Ni-vralf-'ic'-. p.'riadiiiiKs. Anb. gén. dt méd., tSS2. I. X\X. p. 257 et 103. — tUtxartu. Art, FlÉrn«i.uiES du hMoH. de mfd. et de rhir. pratiqua, 1877. — VtaxKru., I>u paludisme <;i.]iMitrre (111 |>oinl de vui- cliirurgii^al. Pnria, 1883, p. IB.

2. Wnn MlTCHEl-L. Dl- l.-sious des ucrts. Irnd. from:.. 1874, p. 231.

FIEVRES LARVÉES 293

Le type des accès a une grande importance au point de vue du diagnostic étiologique. La névralgie vulgaire, lorsqu'elle est intermittente, donne lieu à des paroxysmes quotidiens ou irréguliers; les types tierce et quarte réguliers se rencontrent très rarement en ilehors du paludisme.

Il sera important à TaveDir de compléter le diagnostic de névralgie palustre par l'examen histologique du sang et de constater la présence de l'hématozoaire du paludisme '.

Cronquist (de Malmoë) a observé, chez quinze enfants, une céphalalgie intermittente qui cédait à l'emploi de la quinine et chez bon nombre de ces malades il a pu constater l'existence dans le sang des hémamibes du paludisme ^

B. Zona. — Masson a observé, chez un malade atteint de paludisme et de sciatique, une éruption vésiculeuse sur le trajet du Tierf sciatique; dans un autre cas, il a vu une névralgie palustre tierce de la moitié droite de la face avec éruption de petits boulons'.

Moursou cite plusieurs faits semblables; dans un cas de névralgie sciatique, il existait à la jambe une éruption pemphigoïde avec sufTusion hémorragique à la base des bulles qui avaient le volume d'un pois*.

Girard a observé une névralgie intercostale palustre avec zona*.

D'après J. Winfield, le zona serait souvent d'origine palustre °.

C. Urticaire et autres éruptions cutanées. — L'urticaire, qui n'est pas rare chez les malades atteints de fièvre intermittente, pourrail, d*après quelques observateurs, se montrer comme seule manifestation du paludisme et avec une forme intermittente bien caractérisée.

Vôlcker a cité le cas d'un soldat en garnison dans un pays palustre qui fut atteint d'une urticaire intermittente à type tierce

1. LoBZA de Mexico D*a pas réussi, dans plusieurs cas de névralgie iutenuiUeiile» à. constater la présence des hématozoaires du paludisme (2** Congrès de médecine punaniérieain, Mexico, nov. 1896). Je n'ai pas encore eu, pour ma port, Puccasion d>xamiaer le sang pendant des accès de névralgie intermittente d^origine palustre oq réputés tels.

2. Cronquist, Gontrib. à Tétude de la malaria larvée chez les enfants, Arck, de rnéd. des enfants, novembre 1890. .

3. A. Masson, Fièvre intermit dans la vallée de Chambéry, cité par Verneuil, Op. cit., p. 47.

4. Moursou, Arch, deméd, nav., 1880, 3* série, t. XXXIII, p. 435.

Page 1