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Sp.-J. Kanellis, Revue de médecine, 10 octobre

288 FOnVES CLINIQUES

Le grand rd)e que joue le paludisme dans l'étiologie de k bilieuse hémoglobînurique ressort de tous ces foits. S'ensuil-I! qu'il faille considérer l'accès bilieux hénioglobinurique comme relevant directement de l'infection palustre, au même litre iiue l'accès comateux par exemple? Je ne le pense pas. Avec A, Plek, Quenncc, Firket, Clarac, Kermorgant et beaucoup d'autres obse^ valeurs, j'estime que si le paludisme prépare l'accès bilieux hémoglobinurïque, d'autres causes interviennent souvent pour le produire. Parmi ces causes occasionnelles il faut citer : racliondu froid, celle de la quinine et le surmenage.

En Grèce, c'est pendant les mots de novembre et de décembre que le plus grand nombre des cas de bilieuse hémoglobinurique est signalé. Sur loO cas réunis par Cardamalis, 21 seulement oalélé observés pendant la saison chaude, les 129 autres se rapportent aux mois les plus froids.

D'après Drjepondt', les deux tiers au moins des accès de bilieuse hémoglobinurique observés au Congo ont pour cauH occasionnelle un brusque refroidissement du corps. Il a fallu abandonner, à cause de la fréquence des cas d'hémoglubinurie, cerlwu postes qui avaient été installés sur des hauteurs de 300 à 100 mëlrei, balayées par les vents.

En Guinée, les accès hémoglobinuriques sont rares quaad ilo'T a pas de tornades produisant de brusques abaissements de température.

A Madagascar, c'est à la fin de l'hivernage, alors que les premiers froids se font sentir et que les Européens sont profondément anémiés et impaludés, que les cas de bilieuse hémoglobinurique se multiplient'.

La bilieuse hémoglobinurique est commune chez les palustres des régions tropicales qui sont envoyés dans des sanatoria situés à une altitude élevée ou qui rentrent en Europe pendant la saison froide.

Les grandes fatigues, le surmenage ont été cités par un grand nombre d'observateurs parmi les causes occasionnelles de la bilieuse hémoglobinurique.

D'après Cardamatis, l'arthritisme serait une des causes prédisposantes les plus importantes; 12 fois sur 30, les malades

BILIEUSE HÉM06L0BINURIQUE 289

|>&r lui pour des accès bilieux hémoglobinuriques étaient arthritiques.

L'influence des prédispositions diathésiques individuelles est attestée par ce fait que la bilieuse hémoglobinurique se reproduit souvent cbez les mêmes sujets.

La quinine mérite enfin de figurer parmi les causes de la bilieuse liémoglobinurique; j'aurai l'occasion de revenir sur cette question en étudiant les accidents que peuvent produire les sels de quinine ; OA verra que, cbez des sujets prédisposés, des doses très faibles de quinine produisent rhémoglobinurie.

Ob s'explique que la quini/^ soit moins efficace dans le traitement de la bilieuse bémogibbinurique que dans celui des autres formes du paludisme et que ses indications ou contre-indications soient difficiles à formuler (V. Ch. XI), puisque Tétiologie des accidents est ici complexe et que, cbez certains sujets, la quinine elle-même peut provoquer Thémoglobinurie.

4** Causes de rhémocytolyse dans l'accès bilieux hémoglobinuriques — Le sérum des malades atteints de bilieuse bémoglobinurique ou d'autres formes du paludisme n'a pas de pouvoir autolytique ni isoly tique sur les hématies; l'extrait aqueux du san^^ palustre est assez fréquemment autolytique mais l'hémolysine de cet extrait n'est pas spécifique ; l'extrait aqueux du sang de malades non palustres peut présenter les mêmes propriétés (De Blasi). Vincent et Dopter n'ont pas pu mettre en évidence, dans le sérum des paludéens atteints d'hémoglobinurie, le manque d'anti-^sensibilatrice qui, d'après Widal et Uostaine, caractérise le sérum des sujets atteints d'hémoglobinurie paroxystique a frigoi^.

Les hématies des paludéens sont évidemment de mauvaise qualité, ce qui doit faciliter l'hémocytolyse; d'autre part, la bilieuse hémoglobinurique s'accompagne ordinairement, comme son nom l'indique, de rétention biliaire; or, la bile a un pouvoir hémolytique bien marqué et l'ictère prédispose aux hémorragies.

1. \. Celu, 0. Casaorandi, A. Carducci, Atti d. Sor, p. gli st. délia malaria, 1903, t. IV» p. 59. — Stephens et Christophers, Reports to the malaria Committee, /?. Soc, IXHKiua, 0 jiiiUet 10M. — Tboussaimt, Preue médicale, 22 mai 1901. — Humans tan Mtmn Bbrob, NederL lyéMchr, voor geneesk., 2 avril 1904. — A. Nis8L<!, Blutpurasîlcn und Erythrocylolyse, Àrck. f. Hyg., 1905. — F. Widal et P. Rostaine, Soc. de Biologie, 18, 25 février. 4 nuirs i«05 et 2i février 1900. - H. Vincent et C. Dopter, Soc. de Biologie, 17 fé\Tier 1906. — !)■ Blaw, Atti délia Sor. p. gli st. délia malaria, 1906, t. vit, p. 125. — 0. Casagrandi, même BecueiL, mémo volume, p. 115.

I^tchan, Traité do Paludisme, *2* édition. ^9

Stephens et Christophers ont émis l'hypotlièse quel cil tuant les parasites, metlaît en liberté des toxines en quanlilé suffisante pour déterminer riiémoglobiiiurie.

III. FiÈVBES LAHVhES. — Il arrive que le paluilisnic, au lieu de m manifester par ses formes cliniques ordinaires, prend le masque (larva) d'une autre maladie; ces manifestations insidieuses ont reçu le nom de fièvres larvées'.

Cerfaina accès pernicieux, comme les accès gastralgique. cliolérique, mériteraient de ligurer dans ce chapitre, car dans ces cas le paludisme se présente sous l'aspect d'une autre maladie, mais il est d'usage de décrire ces formes graves sous le nom d'accès pernicieux et cet usage, critiquable au point de vue théorique, is* raison d'être au point de vue pratique; il importe en effet d'allirer l'attention du médecin sur les formes graves et anormales in paludisme qui nécessitent un traitement énergique, une intervention immédiate.

Les fièvres larvées ne sont pas communes, je dirais m^me, si je m'en tenais k ma pratique, qu'elles sont extrêmement rares, l'endant cinq années de séjour en Algérie, malgré tout te désir que j'avais de complélev ma colleclion d'observations, en y joignanl quelques exemples de lièvres larvées, je n'ai pas pu en recueillir un seul cas.

Je me console du peu de succès que j'ai eu dans cette recherche, en voyant que des observateurs tels que Maillot et Dufroulau d'ooI pas été plus heureux que moi.

Maillot, dans son Traité des fièvres intermillenles, ne donne p»» une seule observation de fièvre larvée, et il en est réduit à décrire les différentes localisations de ces prétendues fièvres d'aiirÈs Bonnet'.

On ne saurait considérer, dit Maillot, comme des fièvres saormales ou larvées celles des affections décrites sous ce titre qui i* s'accompagnent pas d'un mouvement fébrile. • Cependant, ajou**" t-il, on pourrait peut-être faire une exception pour ces névrslgî** périodiques qui s'accompagnent d'une réaction circonscrite dan» '*

1 . Consulter k to sujet, oiilru les ouvrages gùnf raui sur le poIudUinv : Lirrmt. -^^ l^STÉES (FitTRES) du Diction, de iniii. en 30 vol. — A. Tartemmh, TraiU diu. "^ flÈTrea larïÉea, i' édil., Paris. iSSï. — T.-A. Zasbamanb, Conihb. h l'éWdw ^^ la malaria larvée du Caucose, Joum. de méd. milit. ruue, mors 1805. — A. Loio**^ Dm formes larvées du In malaria, Wralck, I8CNJ, a' 23.

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