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COMPLICATIONS ET MALADIES INTERCURRENTES

Sommaire. — I. Complications. — Périsplénite. — Hypersplénie. — Ectopie, ruptures et abcès de la rate. — Hépatites. — Complications du côté des organes génito-urinaires. Néphrites. Orchite. — Complications du côté des voies digestives. — Complications du côté des voies respiratoires et circulatoires. Pneumonie. Endocardite. Dilatation du cœur. Aortite. — Complications du côté du système nerveux. Névralgies, névrites et polynévrites. Paralysies d*origine médullaire ou cérébrale. Aphasie. Hystérie. Neurasthénie. Psychoses. Asphyxie locale et gangrène symétrique des extrémités. Troubles oculaires et auditifs. — Gangrènes. — Hémorragies. — Complications du côté de l'appareil locomoteur. II. Maladies intercurrentes. Rapports du paludisme avec la dysenterie, la ûèvre typhoïde, la fièvre récurrente, la variole, la tuberculose, le scorbut, le diabète. — Du paludisme au point de vue chirurgical. — Paludisme et grossesse.

Le paludisme est une des maladies les plus répandues à la surface du globe; sans parler des populations qui habitent des contrées palusCres, beaucoup àfi malades qui ont contracté la fièvre dans des localités où ils n^ont séjourné que peu de temps, restent sujets, pendant de longues années, aux accidents du paludisme.

Cette fréquence du paludisme et la longue durée de la maladie expliquent qu*on ait attribué aux fièvres palustres un très grand nombre de complications ; certains auteurs sont tombés à cet égard dans une évidente exagération.

Il ne suffit pas que le paludisme figure dans les antécédents d'un nialade pour que toutes les affections survenues par la suite soient qualifiées de palustres.

Toutes les maladies peuvent venir se grefïer sur le paludisme, d'autant plus que Tétat d'anémie et d'affaiblissement qu'il détermine, crée une véritable prédisposition pour un grand nombre d'entre elles, comme la pneumonie et la dysenterie.

FOUMKS CLINIQUBS

Je m'efforcerai, dans ce chapitre, de Iracer les lîmiles du p disme jilus rigoureusement qu'on ne l'a fait jusqu'ici et de bini Jélerminer la part qui lui revient, comme cause eflicieule "O comme cause adjuvante, dans les cotnplications qui lui soûl ni général attrihuécs.

Après avoir passé en revue les complications, j't-tudierai les rapports du paludisme avec quelques-unes des maladies qui i')' associent le plus souvent : dysenterie, lièvre typhoïde, etc.

A. Complications ut ciWé de l* haie. — a. PiirispU'nîle. ~ Les douleurs provoquées par la périspléiiîle sont parfois assci vîtes ei assez persistantes pour constituer une complicalioo.

L'inflammation de la capsule peut du reste se propager sio parties voisines et occasionner des péritonites partiellfs, voire même la péritonite aiguë.

b. Hy/Krspléme, raie mobile. — Che» les cachectiques palustrr^ la tumeur splénlque, par son volume et par son poids, par ta compression ou par les tiraillements qu'elle exerce sur les viseur^ voisins, est souvent une cause de gène continuelle et de douleur»'

La rate hypertrophiée peut refouler le cœur et le comprimor'.

Les malades dont la rate hypertrophiée est mobile, Hottantc'. éprouvent des douleurs plus ou moins vives, surtout pendant 11 marche et la course; ils accusent une sensation de pesanteur dan^ l'abdomen, sensation qui s'exaspère sous l'intluence des mouvements musculaires et qui finalement les condamne à l'inaclioD.

Les tiraillements ou la pression sur les or;i;anes voisins produisent des accidents variés : vomissements, symptômes d'o sïon intestinale, poussées de péritonite.

L'ectopic de la rate s'observe presque exclusivement cbl femme, elle est favorisée par le poiils de la rate qui dépasse souvent un ki!of!:ramme et par le relilcliement des parois alHloniinales consécutif à la grossesse-

t. A. MarcI, Anh. ofn. ie méd., 1856. t. I, p, 210. — Catrin, Sot. mAL det Mp., njnnviM fsao.

2. li, ConnKNMN, Tb. Paris. ISTQ. — Soulu, Des déplacemcnls dp lo ralr, CM^rtt Hf Blo'a poar l'amiieenifnl da adenea, sep\. 1S84. — TkRHitR, Itn.-. dra hip., ISM, n* 14 — E. LiRrniiHo. De t'ertopi« rie la rali^. Th. Paris. IHOi. — D*krnm4.t. WplaccmeuU de la nie aveu loreion ilu pédicuk. Th. l'arb. (301. — ViOxiliu. Va:. mM. lie Nanfn, IHW. — ÛLGiATi. Tli. Paris, IBM. -- DooLiom, Gaii. rnt4. di Farw,

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Le diagnostic est en général facile; en palpant Tabdomen, on ent une tumeur allongée, ovoïde, plus ou moins mobile. La conusion avec le rein mobile est difficile; le rein mobile est moins olumineux que ne Test en général la rate palustre, d'autre part, uand la rate est déplacée, on ne trouve plus la matité splénique lormale. Il arrive assez souvent que l'extrémité inférieure de la ate s'engage dans le petit bassin, la confusion est possible alors vec une tumeur de l'ovaire ou de l'utérus, on recherchera si la natité splénique normale existe.

c. Torsion du pédicule de la rate flottante. - - La rate déplacée a me grande tendance à se renverser, le diaphragme refoulant en ivant et en bas l'extrémité supérieure du viscère, qui est encore naintenu vers sa partie moyenne par le pédicule, d'où résultent les accidents graves.

Les malades éprouvent une douleur vive dans l'abdomen et on constate bientôt les signes de la péritonite aiguë.

Le diagnostic de la torsion du pédicule de la rate, très difficile |uand on ne voit les malades qu'après l'invasion des accidents de )éritonite, est facile quand on sait qu'ils ont une rate flottante.

Les accidents cèdent parfois spontanément, sous l'influence du lécubitus dorsal; le plus souvent, une intervention chirurgicale îst nécessaire.

Quand je m'occuperai du traitement de l'hypersplénie (Ch. XI) e reviendrai sur cette question.

d. Rupture de la rate, — La rupture de la rate est un accident rès grave, heureusement assez rare*. E. Collin qui, à lui seul, en . réuni 8 observations, est certainement tombé sur une de ces éries exceptionnelles que tous les cliniciens connaissent bien et [ni se rencontrent même pour les accidents chirurgicaux.

La rate se rompt rarement dans les formes aiguës du paludisme, nalgré la distension très forte de la capsule et la transformation e la pulpe splénique en une véritable bouillie.

i. Maillot, Traité des fièvres intermit., Obs. XXII. — E. Collin, Des ruptures de I raie, Rec. mém, de méd. milit , 1835. — Quoo, Marseille méd., nov. 1875. — ;.-E. Faunce. British med, journ., 1886. — Dusault, Th. Montpellier, 1887. — John lowiE, Lancet, 1892, p. 3603. — Viwcent, Revue de chirurgie, juin 1893. — RrandncTTEB, Th. Paris, 1892-1893, — 0. Hengoeler, Trois cas de rupture de In rate chez es malariques, Corresp. Blatt f. Schweizer Aerzte, 15 déc. 1896. — Bouciiouiev, upture de la rate par suite de contusion chez un soldat impaludé, mort rapide, [^noUskf 1896, p. 1349. — BeiarsT, Cinq cas de rupture de la rate chez des paludéens, cad. de médecine, 29 «Kyrentea 1901. — tiuN, Ann. d*hyg. el de méd. colon., 1902, t. V, . 092. — ViviB, même Rêc., 1903, t. VI, p. 503.

On trouve cependant, dans le Traité des fiëvres iolermiltentH de Maillot, un cas de rupture de la rate au cours d'un accès pernicieux.

Les ruptures se produisent d'ordinaire chez d'anciens fébrieitants dont la rate est volumineuse, adhérente aux parties voisines, notamment au diaphrag:me, ot recouverte sur certains points ih plaques épaisses de périsplénite, tandis que sur d'autres, la capsule a conservé une épaisseur à peu près normale. Si une raie ainsi emprisonnée dans une enveloppe peu extensible et de résistance inégale, se tuméite sous l'tnQuence d'une rechute de fièvre, une déchirure peut se produire.

Dans tous les faits cités par E. Collin, il s'agissait iraDciens fébricitants, porteurs de rates volumineuses,

Dans le cas de Quod, le malade étail cachectique et sa raie. fortement hypertrophiée, adhérait au diaphragme. Do même dans les cas publiés par Faunce. Presque toujours une cause déterminante est nécessaire : violences extérieures, chutes, tiraillements opérés par le diaphraEime qui adhère à la rate, etc.

Dans certains pays palustres, cette Fragilité de la raie est connue du vulgaire; Bellien {de Kharkov] rapporte que, dans les rixes, lu Caucase, les adversaires cherchent à se frapper dans l'hypoconilre gauche, au niveau de la rate et que, dans 5 p. 100 des autopsier judiciaires, on trouve des ruptures, on pourrait dire des fractures de la rate'.

Les ruptures siègent le plus souvent h l'extrémité supérieure de la raie ou sur sa face externe. Elles donnent lieu à des hémorragies inlra-péritonéales plus ou moins abondantes; quand la mort n'est pas la conséquence de l'hémorragie interne, elle survient d'ordinaire au milieu des accidents de la péritonite aiguë.

Vigla, qui a étudié les ruptures de la rate dans la liHre typhoïde, pense que le sang épanché dans le péritoine peut ae résorber, comme se résorbe le sang dans l'hématocèle périutérine'.

E. Collin estime, au contraire, et les faits semblent lui donner raison, que l'hémorragie inlra-péritonéale consécutive aux ruptures de la rate entraîne presque toujours la péritonite. Il faut

I. DiLurit. cité pnr Dhaui.t. Heout de chirurgie. IXDS l't par Cir. Pivniin, rjitnir/t« de la apl^n oméga lie patudique, MédKÎiu moderne, 23 octobre 1901. ■2. Viola, Arch. gén. dt mM., IS53.

dire que, dans les cas observés par lui, il y avait des déchirures profondes de la rate et que le sang épanché dans le péritoine était mélangé à de la boue splénique ou même contenait des débris plus ou moins volumineux de la rate^

La laparotomie avec splénectomie a donné quelques succès dans des cas de rupture de la rate.

Dans un cas de E. Gollin, Tépanchement sanguin s'était fait jour à travers le diaphragme altéré et avait envahi la plèvre gauche, des adhérences entourant la tête de la rate avaient empêché le sang de s'épancher dans le péritoine.

Des épanchements sanguins enkystés par des adhérences de la rate avec le diaphragme et les organes voisins, peuvent suppurer et simuler des abcès de la rate (E. Collin).

e. Abcès de la raie. — Les abcès de la rate sont rares chez les palustres ^ Mallet en a rapporté 2 observations et E. Collin 3.

Dans un cas de Mallet, Tabcès s'ouvrit à Textérieur, et le malade guérit.

Chez un des malades de E. Collin, Tabcès, qui occupait presque toute la rate, s'ouvrit à travers le diaphragme dans la plèvre gauche. J'ai vu le même accident se produire, mais, dans ce cas, l'abcès de la rate était consécutif à une fièvre typhoïde.

Doué, Villemin et Boutfeu ont publié chacun une observation d'abcès de la rate; dans les trois cas il s'agissait d'anciens palustres.

Fassina, dans sa thèse, a réuni 9 observations dont 2 nouvelles.

J'ai observé un cas d'abcès de la rate chez un malade qui avait eu plusieurs atteintes de fièvre intermittente, et qui mourut à Bône, le 18 octobre 1878, d'une pneumonie chronique avec dilatation des bronches.

La rate était volumineuse, et présentait la teinte brunâtre caractéristique du paludisme; à la face interne il existait une large plaque fibreuse de périsplénite, l'incision de cette plaque donna issue à un liquide puriforme qui s'échappa avec force, et mit à jour me poche arrondie, de la grosseur d'une pomme de moyen volume; les parois de la poche étaient tomenteuses, recouvertes de pus.

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