‹ Traité du paludismeChapitre 17 sur 291 · RÉPARTITION DE L'ENDÉMIE PALUSTRE A LA SURFACE DU GLOBE · texte numérisé non relu

RÉPARTITION DE L'ENDÉMIE PALUSTRE A LA SURFACE DU GLOBE

— I. Procéilés eraplfiyés pour appréner la fr^qnence dn patnnie dnns une loculité. Statistique. Index endémique. — K. Répartition l'endémie palustre en Europe, en Asie, en Afrique, en Amérique, en

Lo paludisme esl la plus répandue et la plus redoutable endémies; sous l'influence de cirt on stances exceptionnelles, à I& suite d'inondations, par exemple, les fièvres palustres peuvent prendre une extension inusitée dans certaines localités qui d'ordinaire en sont à peu prés indemnes, mais la règle générale est que le paludisme» des fuyera dont l'étenilue est d'ailleurs très variable; bien limitées et assez restreintes dans nos pays, les zones fébrigènes prennent, dans les régions interlropicales, une immense extension.

Comme pour les autres endémies, on peut établir pour le paludisme des cartes qui donnent la répartition de la maladie dans tel ou tel pays; on marque en noir les foyers les plus dangereux, en gris ceux dans lesquels le paludisme règne avec une moindre intensité, la couleur blanche étant réservée pour les zones salubres. Mais pour que ces cartes soient exactes, il faut les faire h une grande échelle car, dans une même région, on trouve souvent des localités salubres â côté de localités insalubres; la carte que je pourrais donner ici de la répartition du paludisme à la surface du globe serait nécessairement inexacte.

L'étude de lu géographie médicale du paludisme, en dehors de l'intérêt qu'elle présente par elle-même, fournit des renseigne-

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mentstrès intéressants sur les conditions qui favorisent Textcnsion du paludisme et sur celles qui y mettent obstacle K

I. Procédés employés pour apprécier la fréquence du paludisme DANS UNE localité. Statistiquë. Index ENDÉMIQUE. — C'cst à la statistique que la géographie médicale emprunte ses données principales; on recherche, pour chaque localité ou pour une région donnée, le nombre des cas de paludisme et celui des décès par cette cause pour 1000 habitants par exemple, ou bien quel est le chiffre des décès palustres sur iOO décès généraux.

Malheureusement, les statistiques sont souvent inexactes; beaucoup de palustres ne s*adressent pas au médecin et ne figurent pas sur les statistiques ; le même malade ayant des rechutes successives* de fièvre et faisant plusieurs entrées à Thôpital figure souvent pour plusieurs unités dans la statistique; enfin, la statistique d'une localité enregistre les cas de paludisme contractés dans d'autres localités, comme ceux qui ont été contractés dans celte localité elle même.

Les statistiques des armées, généralement bien faites, fournissent toutefois des renseignements d'un grand intérêt.

Nous verrons plus loin (Ch. III) que, dans les localités palustres, les jeunes enfants sont infectés dans une très forte proportion et que beaucoup d'entre eux ont des hématozoaires en permanence dans le sang, au moins pendant la saison insalubre. Un bon moyen d'apprécier le degré de salubrité d'une localité donnée consiste, par suite, à examiner le sang d'un certain nombre d'enfants âgés de 1 à 5 ans. Le pourcentage des cas dans lesquels les hématozoaires ont été trouvés donne ce que Stephens et Christophers ont appelé Vindex endémique.

Les jeunes enfants restent en général à demeure dans les localités où ils sont nés, tandis que les adultes voyagent et vont travailler au loin; en examinant les jeunes enfants, on évite donc la cause d'erreur signalée plus haut concernant l'origine des cas de paludisme.

i. Consulter, pour Pétudc de la géographie médicale du paludisme : Houdin, Trnilé de p»ugmpliie et de statistique méd., Paris, 1857. — A. Hirsch, llandhuch der liisl«>rist'h. giMïgraphisch. Patliol., Erlangcn, 1860, 1802, 1864, 2 vol. Nouv. édit. Slullgard, 1881-1882. — Hey, art. Géogr. méd. du IS'ouv. Dict. de nuhi. et de chir. pratiques, 1872.

— Lombard, Traité de Climatologie médicale, 1877-1879. — Mahé, art. GéooR. méd. du Diction, encyclop. des se, méd. — E. Valun, art. Marais du /)i>(. encycl, des se. nud.

— E. Heclus, Géographie universelle. — Davidson, Geograpliiral Tatliology, 1892. — A. Laveran, JanuSy 1807.

La détermination de Tindex endémique parTexamen bistologique du sang présente toutefois des inconvénients : il faut que Tobservateur soit exercé à la recherche de Thématozoaire du paludisme, qu^il soit convenablement outillé et qu'il dispose du temps nécessaire à Texamen d*un assez CTand nombre de préparations de sang. De plus, Tindex endémique varie beaucoup avec les saisons; il doit être pris pendant la saison insalubre et, si Ton veut avoir des chiffres comparables, pour diflërentes localités, il est indispensable de faire les examens du sang dans ces localités pendant la même saison.

In moyen plus simple de rechercher l'index endémique, consiste à examiner la rate des jeunes enfants et à noter le nombre des sujets chez lesquels il existe de Thypersplénie. La rate augmente toujours de volume chez les individus atteints de paludisme et, quand Tinfection devient chronique, Thypersplénie est permanente; la rate durcit et sa partie inférieure se décèle facilement à la palpalion. Ici encore il y a quelques causes iferreur; quand Tinfeclion est récente et «luehi rate est molle. ThNperspIénie est difficile à apprécier par la palpation, mais on peut avoir recours à la percussion; dans les infections récentes, Thypersplénie diminue pendant la saison saluhre, surt(»utchez les sujets traités par la quinine; aussi rindex endémique est-il plus facile à prendre chez les enfants indigènes, non traités, que chez les enfants européens généralement traités: cette dernière observation s'applique a fortiori au calcul de l'index endémique basé sur l'examen du sang.

On se rappellera que l'index endémique peut être difTérent dans des localités très voisines.

II. HkI'AUTITUIN de i/eNDÊMIK PALISTHE A U\ SUKFACE DU GLOBE.

{" Kluopi:. — Dans la Russie septentrionale (au-dessus du 60*" degré (le latitude^ dans le nord de la Suède et dans la Norvège, en Islande, le |)aludisme est inconnu; il apparaît sur le littoral de la Haltique, aux environs de Stockholm, dans les provinces russes de la Balliqur et, en Allemagne, aux embouchures de l'Elbe et du W'eser.

Los embouchures du Hhin, de la Meuse, de l'Escaut, sont bordées (h* marécaiirs fébriîjènes.

La Hollande, avec ses cotes plates et marécageuses, était autrefois un fies foyers endémiques les plus nMhmtables du paludisme en Europe.

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Au temps de Pringle, les fièvres palustres étaient très communes et très graves en Hollande; Tendémie n'était pas limitée aux côtes, elle s'étendait très loin dans l'intérieur des terres; les magnifiques travaux accomplis pour protéger les côtes contre l'envahissement de la mer, le drainage et la culture du sol ont réduit de beaucoup le champ de l'endémie palustre.

Les fièvres ne se rencontrent plus aujourd'hui que sur les côtes, à Amsterdam, à Rotterdam, dans les polders qui avoisinent les bouches de l'Escaut, dans l'Over-Yssel et dans l'île de Walcheren, célèbre par le désastre de l'armée anglaise en 1809.

L'endémie palustre a subi cependant, dans ces dernières années, une recrudescence dans le nord de la Hollande*.

Les fièvres palustres étaient communes autrefois à Londres, ainsi qu'en témoignent les écrits de Morton, de Willis et de Sydenham; un marais voisin de Londres fut desséché et sa disparition amena celle des fièvres.

Graves appelle l'attention de ses élèves sur les heureux effets du drainage des terres en Irlande, et il montre qu'en beaucoup d'endroits le drainage a mis fin à l'endémie palustre ^

Aujourd'hui, les fièvres palustres ont disparu presque complètement du cadre nosologique des Iles Britanniques.

En France, c'est sur le littoral ouest et sud que se trouvent la plupart des marais fébrigènes.

Les marais salants qui bordent la côte ouest, de la Seudre à l'estuaire de la Loire, sont devenus sur beaucoup de points insalubres. Lorsque ces marais sont bien entretenus, c'est-à-dire lorsque l'eau de mer seule y pénètre, ils ne sont pas fébrigènes, mais lorsqu'ils sont abandonnés, ils se transforment en marais gàts, c'est-à-dire gâtés pour la production du sel; l'eau douce s'y mélange à l'eau salée et ces marais mixtes sont très favorables au développement du paludisme.

La ville de Brouage, qui jouissait d'une grande prospérité au xvu*" siècle, alors que ses salines fournissaient une grande partie du sel qui se consommait en France, étaii absolument déchue et à l'état de ruine au commencement de ce siècle, par suite de l'abandon des marais salants. * Que l'on se figure, dit Mêlier, une plaine de plus de 8 000 hectares, très basse, très plate, presque horizontale

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